L'Union Paysanne 03 mai 2013 à 10h46 | Par VS-FDSEA 19

AG-FDSEA / Table ronde - L’instabilité structurelle est une caractéristique des marchés agricoles

La table ronde qui s’est tenue lors de l’assemblée générale de la FDSEA le 23 avril dernier avait pour thème «Quels partenariats les agriculteurs peuvent-ils établir avec la grande distribution ?»

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Depuis le milieu des années 2000, l’évolution des prix mondiaux des matières premières agricoles a été caractérisée par une forte volatilité. Cette dernière à des conséquences importantes, en particulier sur les coûts de l’alimentation animale.

 

Exposé des motifs

La variation des prix des matières premières agricoles a, au sein des filières de l’élevage, de fortes répercussions économiques, différentes selon les secteurs, le degré de transformation du produit et les circuits de distribution.

Dans une publication récente (mars 2012) de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), Nicolas Roux, chargé d’études au bureau de la veille économique et des prix, définit les marchés agricoles comme des «marchés spécifiques, caractérisés par une instabilité structurelle» dénonçant la financiarisation des marchés agricoles, la saisonnalité des productions, la vulnérabilité des rendements aux conditions climatiques ; conditions qui jouent aussi sur les tendances de consommation, l’étroitesse des marchés et le développement économique des pays émergents. L’utilisation des produits agricoles dans «l’énergie», biocarburants et méthanisation semble avoir également une incidence. Depuis plus de douze ans, les marchés agricoles sont fortement instables et empêchent d’établir une stratégie «fiable» de développement. C’est pour contrer cette instabilité que la FNSEA a engagé des travaux et ainsi conçu l’accord signé le 3 mai 2011.

 

Un outil syndical au service du revenu

L’accord du 3 mai 2011 est un accord d’engagement volontaire qui porte, en cas de variation excessive des prix des aliments des bovins, porcs et volailles, sur la réouverture des négociations sur les conditions de vente des produits issus des animaux précédemment cités. Il s’inscrit dans une approche plus large visant à mobiliser l’ensemble des opérateurs de l’amont : producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux, organismes stockeurs, fabricants d’aliments et éleveurs pour qu’ils s’engagent dans le cadre de leurs contrats sur de nouvelles clauses visant à réduire les effets néfastes de la volatilité des prix sur les filières d’élevage.

 

Mode d’emploi

Dans le cadre de cet accord, la réouverture des négociations interviendrait quand, simultanément, il serait constaté, d’une part, une forte variation des prix de l’alimentation animale et, d’autre part, une évolution excessive de la part du coût de l’alimentation dans le prix du produit au stade de la production. Ce constat se ferait par l’analyse d’indicateurs publiés par le ministère de l’Agriculture, mesurant l’impact économique de toutes les variations, l’indice Ipampa étant retenu pour les secteurs porcin et bovin et l’indice Itavi retenu pour le secteur de la volaille.

Dans le secteur bovin, pour déclencher l’accord du 3 mai 2011, il faut que l’indice Ipampa «aliments bovins à l’engrais» franchisse, pendant trois mois consécutifs, un palier de plus ou moins 10 % par rapport au même mois de l’année précédente et que simultanément le rapport des indices IPPAP/Ipampa (voir encadré) se situe à plus de 10 % au-delà ou en deçà de la référence de base 100 de 2005, année jugée «normale».

Quels partenariats les agriculteurs peuvent-ils établir avec la grande distribution ?

Comme nous pouvons le constater dans les deux graphiques ci-joints, d’après les règles d’application de l’accord du 3 mai, les deux conditions d’une variation excessive du prix de l’aliment sont réunies pour février 2013. Si nous appliquions l’accord, il devrait donc y avoir une répercussion du prix des matières premières sur le prix d’achat des animaux et donc une revalorisation du prix à la consommation. Mais qui en assumerai les conséquences ?

Tous les débats et travaux de la table ronde de l’après-midi de l’assemblé générale de la FDSEA ont tournés autour de cette question. Si l’inquiétude des français sur le pouvoir d’achat n’a jamais été aussi forte, il est certain que l’agriculture ne peut supporter à elle seule l’instabilité de marchés agricoles qui entraine la volatilité des prix des matières premières. Le «suréquipement commercial français» dénoncé par Jean-Jacques Dumas lors des débats rejoint le constat du directeur de GMS invité à l’occasion «s’il n’y a pas de loi qui impose les prix, la grande distribution n’augmentera jamais les siens», constat partagé par les élus de la FDSEA qui, dans une rencontre précédente (voir UP du 2 novembre 2012) avec des responsables de la grande-distribution, avaient conclu que sans loi rien ne serait mis en place.

Sans prise de positions «véritables», les élus départementaux et régionaux, notamment Bernard Roux représentant le conseiller régional Jean-Paul Denanot, s’est positionné sur un autre sujet, celui de l’approvisionnement des restaurants collectifs, délivrant l’information que la région était prête à soutenir et encourager les cantines scolaires qui s’approvisionneraient en produits locaux.

Une table ronde qui certes n’a pas apporté de «solutions miracles» et là n’était pas l’objectif, mais qui a permis d’engager des dialogues entre production et distribution, de soulever des interrogations sur la logique commer-

ciale de la grande distribution et d’entrainer une dynamique de réflexion quant aux débouchés commerciaux de la production agricole de notre territoire.

 

Ipampa, IPPAP : qu’est-ce que c’est ?

D’après la définition de l’Insee, l’Ipampa est l'indice des prix d'achat des moyens de production agricole qui permet de suivre l'évolution des prix des biens et des services utilisés par les agriculteurs pour leur exploitation agricole. Ces prix sont relevés auprès des vendeurs de produits nécessaires aux exploitations. Il trouve une définition variable suivant le secteur de production.

L’IPPAP est l’indice des prix des produits agricoles à la production qui mesure l'évolution des prix des produits vendus par les agriculteurs. Cet indice est élaboré à partir de l'observation des prix de marché.

Les deux indices trouvent une définition variable suivant le secteur de production.

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