L'Union Paysanne 07 février 2014 à 08h00 | Par VS

AG Perlim - Du cousu main pour les pommes Perlim

Perlim, une entreprise comme les autres ? Non. Une coopérative fruitière qui, lors de son assemblée générale à Objat mercredi 29 janvier, a démontré sa solidité.

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Le gel de 2012 laissera des traces mais la coopérative fait face et prépare l’avenir.
Le gel de 2012 laissera des traces mais la coopérative fait face et prépare l’avenir. - © FDSEA 19

Stratégie, veille commerciale, segments, marchés, clients, industries, image, international… autant de mots qui rentrent dans le champ lexical de l’entreprise et que la coopérative a su s'approprier.

 

Difficile d’oublier le passé

Il était impossible pour Christine Lachèze, directrice de la coopérative, et pour le président Christian Favart de ne pas revenir sur le douloureux épisode du printemps 2012 où, en une nuit, la production de pommes avait été amputée de près de 80 % du volume attendu. «Le bilan chiffré de cette récolte 2012 frôle l’impensable, 11670 tonnes cueillies, soit le cinquième d’une récolte normale» a annoncé Christian Favart lors de la présentation du rapport moral. Président et directrice ont salué la mobilisation de tous les acteurs du territoire face à cet événement et qui, par leurs actions, ont contribué à soutenir la filière.

Pour 2013 tout ou presque est rentré dans l’ordre, une année quasi-normale - 46 000 tonnes de pommes produites - remet la Golden sur les étals, avec un changement de destination pour cette récolte ; «le poids de la France a dépassé 48 % du chiffre d’affaires contre 30 à 33 % les années passées. À l’opposé, la part de l’Espagne a décru à 29 % contre 33,7 % en récolte 2011» explique Christine Lachèze. En 2014, nouvelle destination pour la Golden, la Chine, où la première expédition de deux containers est arrivée courant janvier.

Exclusivité

Ce n’est pas le genre de la maison que de rester les deux pieds dans le même sabot. Face à une concurrence étrangère agressive, que le président Favart a dé-noncé, «le plus choquant dans le contexte actuel, c’est d’entendre parler de distorsion de concurrence à propos d’une mesure nationale vieille de quinze ans, alors que notre activité subit de plein fouet le dumping social des autres pays membres dans l’indifférence générale».

Sans s’apitoyer sur son sort, l’équipe Perlim recherche et développe. «2013 aura été consacrée à la réflexion sur les orientations stratégiques pour assurer la compétitivité et l’avenir» comme l’a souligné la directrice.

Première étape de ces orientations stratégiques, le renouvellement des vergers avec l’arrachage des «vieilles parcelles», le maintien d’un taux de rénovation de 6 % et une nouvelle orientation variétale. Pour cela, la coopérative devrait se voir attribuer ce mois-ci l’exclusivité nationale sur une nouvelle variété, l’Evelina, une pomme rouge pollinisatrice de la Golden qui, d’après Nicolas Lambert, le directeur technique, est adaptée au terroir et nécessitera moins d’interventions. De plus, la gamme se développe et dix hectares de pommes bio, en variété Opal, prend doucement sa place sur les 1100 hectares de vergers. Des vergers qui, pour atteindre les objectifs de la coopérative, devront être équipés de systèmes d’irrigation. «Le manque de calibre des pommes issues de vergers non irrigués représente une perte de tonnage de 2 à 3000 tonnes pour notre coopérative et un manque à gagner très important pour les producteurs, d’autant que les gros fruits correspondent à la demande française et espagnole. C’est un enjeu crucial pour notre activité sous peine de voir s’accentuer les disparités régionales existantes dans les années à venir sous l’effet du changement climatique» explique le président Favart.

La «Haute Culture», nouveau slogan de la coopérative fait référence à une production cousue main et au luxe à la française. Perlim et ses producteurs ont aussi une «haute culture d’entreprise» qui permet de conquérir de nouveaux marchés, en s’adaptant aux demandes et exigences sociétales, preuve d’une structure solide, d’avenir, qui fait de cette coopérative fruitière un exemple et un moteur de l’économie corrézienne.

Congrès FNPF

Relocalisation des productions et colère au congrès des producteurs de fruits

Le congrès de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPFruits), qui s’est tenu les 30 et 31 janvier à Lyon, s’est déroulé sur thème de relocalisation des productions, mais aussi, à la fin, de colère face à la chute des productions fruitières françaises.

Un congrès de proposition pour relocaliser les productions, mais aussi de colère, à la clôture, le 31 janvier. Faute de compétitivité, la production phare du secteur fruitier, celle de pêches-nectarines, est passée de 400 000 tonnes annuelles il y a dix ans à moins de 200 000 tonnes.

Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, est venue appuyer les positions de la FNPFruits, sur le problème de la compétitivité et de l’emploi, «alors que les carnets de commande de l’agriculture sont pleins».

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