L'Union Paysanne 02 mars 2012 à 09h27 | Par J.C. Vacher

ASAFAC - Assemblée générale de l’ASAFAC : entre satisfaction et désillusion

L’assemblée générale a eu lieu le 17 février dernier à Tulle dans un contexte difficile renforcé par une sécheresse exceptionnelle.

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A la tribune : la tribune de gauche à droite : Michel Baffet, directeur de l’Asafac, Pierre Chevalier, président de la Chambre d’agriculture, Jean-Claude Vacher, président de l’Asafac, Jacques Descargues représentant le Conseil général et Jacky Leymat, vice-président de l’Asafac. Au premier plan, Charles Klein, chargé d’études à l’Asafac.
A la tribune : la tribune de gauche à droite : Michel Baffet, directeur de l’Asafac, Pierre Chevalier, président de la Chambre d’agriculture, Jean-Claude Vacher, président de l’Asafac, Jacques Descargues représentant le Conseil général et Jacky Leymat, vice-président de l’Asafac. Au premier plan, Charles Klein, chargé d’études à l’Asafac. - © Asafac

Sous la présidence de Jean-Claude Vacher, l’Association syndicale autorisée d’aménagements fonciers et forestiers agricoles de la Corrèze (Asafac) vient de tenir sa trente-quatrième assemblée générale à Tulle, en présence de Pierre Chevalier, président de la Chambre d’agriculture et Jacques Descargues représentant le Conseil général de la Corrèze.

Dans son intervention, le président a exposé le bilan des réalisations 2011 mises en œuvre dans un contexte difficile renforcé par une sécheresse exceptionnelle ; puis a abordé de façon très pessimiste les perspectives de travail pour l’année 2012, en liaison avec les restrictions annoncées des financements.

 

Parcelle remise en culture après travaux Asafac.
Parcelle remise en culture après travaux Asafac. - © Asafac

Bilan de l’exercice 2011

Durant l’année 2011, l’Asafac a coordonné la réalisation de 213 dossiers répartis sur 97 communes, dont 209 chantiers d’aménagements fonciers et hydrauliques et quatre chantiers de protection du verger pomicole par filets paragrêle.

L’investissement global HT a atteint 1.620.597 euros, contre 1 097 165 € en 2010, soit une augmentation de 48 %.

La mise en place et l’exécution de ces travaux ont nécessité la mobilisation de 591.892 euros de crédits de subvention et une participation globale des agriculteurs adhérents de 1 028 705 euros.

Sur l’exercice 2011, le concours financier du Conseil général de la Corrèze a représenté 95 % des aides mobilisées, auquel s’ajoute celui de l’Etat à hauteur de 5 %, au travers des dotations FranceAgriMer pour la protection du verger.

L’exercice 2011 est marqué par une très forte augmentation de 108 % des investissements «abreuvement» et de 346 % des investissements «irrigation » par rapport à 2010, qui témoigne d’une prise en compte, par l’ensemble des agriculteurs, de la gestion de la ressource en eau.

Ces chiffres attestent d’un bilan 2011 en nette reprise par rapport à l'année précédente, tant par le nombre de dossiers instruits, que par le volume global d’investissements réalisés sur près de 720 hectares de SAU.

 

Travaux de création de la ressource en eau pour l'irrigation.
Travaux de création de la ressource en eau pour l'irrigation. - © Asafac

Les perspectives 2012

Néanmoins, ces chiffres ne doivent pas masquer les difficultés qui se profilent à l'horizon, en raison des restrictions budgétaires annoncées par le Conseil général de la Corrèze sur son budget 2012.

Avec une diminution de l’enveloppe annuelle qui est passée de 620 000 € en 2009 à 360 000 € en 2010 par arrêt des crédits de drainage et d’assainissement, l’Asafac devra gérer en 2012 une pénurie de crédits d’investissement avec seulement 200 000 € disponibles pour conduire les nouveaux programmes.

Avec un potentiel d’investissement 2012 limité à 784 800 € HT (soit

- 51 % par rapport à 2011) et l’impossibilité de réaliser des travaux d’irrigation avant l’attribution des crédits 2012, l’Asafac devra faire preuve d’imagination et d’initiative pour permettre au plus grand nombre de bénéficier de ces aides.

Pour ce faire, le Syndicat devra modifier le règlement intérieur applicable sur les nouveaux programmes 2012, en fixant impérativement des plafonds par nature de travaux et en privilégiant les projets nécessaires à l’installation des JA.

 

Les travaux d’aménagement des sols seront les plus affectés

Ces travaux d’aménagement, conduits depuis la création de l’Asafac en 1977, ont permis de réaliser 3853 dossiers en optimisant près de 15 000 hectares de SAU répartis sur tout le département.


En 2011, les 255 904 € de subvention redistribués à 122 exploitants-adhérents de l’Asafac, dont 44 % pour le compte des Jeunes agriculteurs, ont permis le paiement de 580 000 € HT de travaux effectués par 22 entreprises adjudicataires.Le président de l’Asafac regrette la diminution drastique des crédits mobilisables (210 000 € en 2011, 40 000 € en 2012), qui aura des conséquences qui affecteront directement :- Les conditions d’installation de certains JA, dès lors que l’enveloppe disponible sera soldée,- Les 65 exploitants ayant d’ores et déjà déposé au 31/12/11 une demande de travaux, auxquels il conviendra d’ajouter entre 40 et 60 dossiers adressés et en cours de dépôt,- La vingtaine d’entreprises spécialisées qui verront leur activité réduite, avec des conséquences probables sur l’emploi de plusieurs salariés,- Le fonctionnement direct de l’Asafac pour l’équivalent de 0,80 ETP de technicien.Ces travaux d’aménagement permettent l’acquisition, la restauration et la restructuration de la SAU des exploitations. Ils sont indispensables pour les Jeunes agriculteurs car ils conditionnent dans la plupart des cas leur installation, aussi bien dans le cadre familial que hors cadre familial, en liaison avec les disponibilités foncières locales et les contraintes de production.Au vu des conséquences prévisibles de la diminution sans précédent des crédits (- 50 %), dont pourra disposer l’Asafac en 2012 pour le compte de ses adhérents-syndics ; les membres du Syndicat auraient souhaité que les élus et décideurs du Conseil général de la Corrèze prennent plus en considération l’importance de ces aides aux investissements.Face aux perspectives peu engageantes qui se profilent à l’horizon, il est regrettable que l’agriculture soit la variable d’ajuste-ment des contraintes budgétaires et environnementales. C’est une activité économique à part entière qui génère des emplois répartis sur tout le territoire, en permettant de conserver une vie rurale pour des personnes qui recherchent un cadre de vie agréa-ble. L’Asafac est un outil au service de cette agriculture et de l’ensemble des agriculteurs corréziens. Son affaiblissement sera le signe d’un déclin du dynamisme des exploitations.En guise de conclusion, le président Vacher invite les responsables agricoles et les décideurs politiques à réfléchir, sans délai, à de nouvelles orientations pour définir les objectifs assignés à l’activité agricole et les moyens de les atteindre.Le président reste préoccupé par l’avenir des femmes et des hommes qui vivent de l’agriculture au sein de nos territoires et par l’avenir de l’Asafac, dont l’activité pourrait cesser du jour au lendemain faute de moyens financiers dédiés à ces missions statutaires.

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