L'Union Paysanne 04 mars 2011 à 09h52 | Par Union Paysanne

Asafac - L’exercice 2010 se traduit par les plus faibles investissements réalisés sur 20 ans

L’assemblée générale a eu lieu le 18 février dernier à Tulle dans un contexte de crise durable.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
À la tribune, de gauche à droite : Michel Baffet, directeur de l'Asafac, Pierre Chevalier, président de la Chambre d'agriculture et Jean-Claude Vacher, président de l'Asafac.
À la tribune, de gauche à droite : Michel Baffet, directeur de l'Asafac, Pierre Chevalier, président de la Chambre d'agriculture et Jean-Claude Vacher, président de l'Asafac. - © DR

Sous la présidence de Jean-Claude Vacher, l’Association Syndicale Autorisée d’Aménagements Fonciers et Forestiers Agricoles de la Corrèze vient de tenir sa 33ème assemblée générale à Tulle, en présence de Pierre Chevalier, président de la Chambre d’agriculture de la Corrèze.

Dans son intervention le président a exposé le bilan des réalisations 2010 mises en œuvre dans un contexte de crise économique durable et de doutes générés par l’absence totale de lisibilité sur les exploitations.

 

Bilan de l’exercice 2010

Durant l’année 2010, qui restera dans les annales pour la discrétion des investissements réalisés sur les 20 dernières années, l’Asafac a coordonné 150 dossiers répartis sur 81 communes, dont 134 chantiers d’aménagements fonciers et hydrauliques et 16 chantiers de protection du verger pomicole par filets paragrêle.

L’investissement global HT s’élève à 1.097.165 euros. Il a nécessité la mobilisation de 378.197 euros de crédits de subvention et une participation globale des agriculteurs adhérents syndics de 718 968 euros.

Sur l’exercice 2010, le concours financier du Conseil général de la Corrèze a représenté 80 % des aides mobilisées, auquel s’ajoute celui de l’Etat à hauteur de 20 %, au travers des dotations Viniflhor pour la protection du verger.

Ces chiffres attestent d’un bilan 2010 très modeste, tant par le nombre de dossiers instruits, que par le volume global d’investissements réalisés, mais nous retiendrons que toutes les demandes exprimées par les adhérents-syndics en 2010, auront été satisfaites en temps et heure.

Malgré les difficultés l’Asafac reste un outil au service de l’agriculture d’aujourd’hui et de demain

Malgré les difficultés du moment qui affectent les initiatives en terme d’investissements (qui sont passés de deux millions d’euros en 2007 à 1,1 millions d’euros en 2010), il est nécessaire de tirer les leçons du retard pris ces quatre dernières années pour l’aménagement des exploitations et si possible envisager l’avenir avec optimisme.

En Corrèze, seule une agriculture dynamique, répartie sur tout le territoire, favorisera et maintiendra le développement économique, la structuration sociale et la préservation de l’environnement.

Les surfaces agricoles, la forêt, les bourgs et hameaux, les paysages, les cours d’eau, les zones humides et milieux remarquables… ne nous sont pas étrangers au monde agricole, comme certains pourraient le penser, car les agriculteurs en sont les premiers dépositaires pour y exercer leur métier et en tirer, dans la mesure du possible, le revenu de leur activité.

La Corrèze est connue et reconnue comme étant un territoire où l’environnement et l’eau sont de qualité, elle le doit à l’ensemble des agriculteurs, propriétaires exploitants, qui possèdent plus de 80 % du foncier agricole ou forestier et qui ne comptent ni leur temps, ni leur énergie, ni leurs investissements, pour préserver ces milieux et ces paysages qui font l’identité du département.

L’agriculture est une activité économique à part entière qui correspond à des emplois répartis sur tout le territoire, permettant ainsi de conserver une vie rurale et d’attirer des touristes, mais également des personnes qui recherchent un cadre de vie agréa-ble.

Traditionnellement espace à vocation purement agricole, la campagne est devenue depuis une dizaine d’années un lieu qui attire de nouveaux habitants. Le paysage change, les agglomérations s’étalent, les habitations se disséminent, amenant aussi une certaine revitalisation du monde rural.

Cependant la méconnaissance des activités et des obligations, d’une part des agriculteurs et d’autre part des «arrivants» parfois appelés les «néo ruraux», peut conduire à des incompréhensions, voire même à des conflits.

L’actualité récente en Corrèze, dans le domaine de l’application des produits phytosanitaires sur vergers, en est l’illustration.

L’Asafac, en sa qualité d’établissement public administratif, est un outil au service de cette agriculture et de l’ensemble des agriculteurs corréziens, pour préserver en les optimisant ces surfaces dédiées à l’agriculture d’aujourd’hui et de demain.

 

La sur-abondance des textes réglementaires en matière d’environnement ruine toute initiative

Dans le cadre d’une réflexion plus générale, le président Jean-Claude Vacher expose les sujets qui préoccupent le monde agricole, en liaison avec les conséquences directes qu’ils ont sur la politique d’aménagement des espaces, à savoir :

• La mise en œuvre des Schémas Directeurs d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) et la finalisation des Schémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) renforcent par les prescriptions réglementaires toutes les politiques liées à l’eau et sanctuarisent certains milieux relevant de la définition très controversée des «zones humides».

Sur ce sujet très complexe, il rappelle les actions concrètes, menées depuis 30 ans sur l’aménagement des points d’abreuvement aux champs des troupeaux, pour mettre en défens les berges et interdire l’accès des animaux aux cours d’eau. L’Asafac a été un précurseur de ces actions, il serait temps que ce travail soit reconnu.

Sur la sanctuarisation annoncée des «zones humides», il engage tous les acteurs de cette entreprise à réfléchir et à vérifier qu’elles ne sont pas déjà exploitées depuis des générations et qu’en l’état leur existence n’est pas réellement menacée, comme certains le laissent croire en manipulant des chiffres issus de statistiques nationales, sans aucune signification en Corrèze.

• Le classement des cours d’eau en liste 1 et 2 pour interdire sur les cours d’eau en liste 1 de construire tout nouvel ouvrage faisant obstacle à la continuité écologique et pour restaurer sur les cours d’eau en liste 2 cette continuité écologique (piscicole et transit sédimentaire) par effacement dans un délai de cinq ans des seuils et obstacles.

• Le Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE), qui résulte de la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement, avec pour objectif la création de Trame Verte et de Trame Bleue afin d’enrayer la perte de biodiversité en participant à la préservation, la gestion et la remise en bon état des milieux nécessaires à cette continuité écologique.

• L’évaluation des incidences Natura 2000, avec l’élaboration de diverses listes (deux nationales et deux locales) pour identifier les activités qui relèvent du régime des autorisations ou des déclarations en site Natura 2000 et hors site Natura 2000.

Sans en savoir plus aujourd’hui, car ces listes sont en cours d’élaboration en Corrèze, il engage tous les agriculteurs concernés par ces zones à rester prudents et à se renseigner avant d’entreprendre des travaux, sous peine de sanctions s’ils sont réalisés en dehors de cette réglementation.

• La politique régionale des «Zones humides» et des «Etangs» avec la définition des Zones Humides d’Intérêt Environnemental Particulier (ZHIEP) correspondant à des zones humides dont le maintien ou la restauration présente un intérêt particulier et les Zones Stratégiques pour la Gestion de l’Eau (ZSGE) qui devraient faire l’objet d’une délimitation particulière placée sous l’autorité des Préfets.

S’agissant des étangs, leur situation doit être régularisée et des travaux de mises aux normes pourront être imposés afin de rétablir les paramètres hydromorphologiques des cours d’eau et de recouvrer le bon état des masses d’eau en 2015.

 

L’Asafac s’implique pour accompagner les agriculteurs dans le respect des réglementations multiples

En guise de conclusion le président Vacher a émis l’hypothèse «Si j’osais et sans rejeter le souci légitime de préservation de l’environnement, je demanderais à tous les ‘penseurs, rédacteurs et législateurs’ des multiples règles et textes qui régissent la protection de l’environnement et qui s’imposent de fait à nos surfaces agricoles, de venir prendre notre place quelques jours sur nos exploitations, pour en apprécier, d’une part, l’opportunité et, d’autre part, prendre conscience de l’ampleur des contraintes administratives, techniques et financières que nous subissons… »

En attendant, il conclut : «Heureusement nous pouvons compter sur notre Association Syndicale Autorisée pour nous accompagner dans cette jungle réglementaire et nous éviter ainsi bien des tracas».

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Union paysanne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,