L'Union Paysanne 13 septembre 2013 à 08h00 | Par P. DUMONT

Bellac (87) - Un Tech Ovin 2013 sur fond de réforme de la Pac

Un salon placé sous le signe de l’installation des jeunes avec une nouvelle session d’accueil d’actifs et qui a reconduit la formule 2011 : une journée de visite et deux jours de salon.

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Stéphane Le Foll a été accueilli par les présidents des JA Haute Vienne et Limousin sur le pôle Installation.
Stéphane Le Foll a été accueilli par les présidents des JA Haute Vienne et Limousin sur le pôle Installation. - © P. DUMONT

L’ombre de la réforme de la Pac a plané sur Tech Ovin. Les responsables nationaux ne s’y sont pas trompés et étaient présents sur le salon qui a reçu jeudi la visite du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll.

Pour cette huitième édition de Tech-Ovin, nombres de responsables nationaux s’étaient déplacés. Outre Serge Préveraud, président de la FNO, Guy Vasseur, président de l’APCA, François Thabuis, président de Jeunes Agriculteurs et Emmanuel Coste, président d’Interbev Ovins étaient présents. En pleine réforme de la PAC, il était nécessaire pour la profession ovine et plus largement agricole, de réaffirmer ses besoins. Stéphane Le Foll a parcouru les allées du salon, attentif aux interventions des uns et des autres. De sa visite, le Ministre a retenu «une impression de dynamisme, de vitalité, une capacité à se projeter qui est très encourageante » mais aussi le sentiment que «la filière ovine n’est pas assez mise en valeur». Une rencontre avec la profession agricole a par ailleurs eu lieu en fin de soirée.

L’installation était une fois encore le leitmotiv de Tech-Ovin cette année. Malgré un contexte favorable, l’installation peine à se relancer. Pourtant comme l’a rappelé Fabien Romanet, président de JA Limousin «Avec environ 700 personnes renseignées par an, les PII fonctionnent bien. Ce chiffre correspond à celui des cessations d’exploitation. Nous devons arriver à faire coïncider cessations et installations». Fabien Romanet a également profité de Tech-Ovin pour lancer un groupe de travail régional Ovin qui sera présidé par Jean-François Dubaud. Enfin, il a rappelé toute l’importance du partenariat entre JA et les chambres d’agriculture con-cernant l’installation, importance également soulignée par Guy Vasseur. Lors de la conférence de presse JA, François Thabuis a pour sa part insisté sur la place qui devra être faite dans la future PAC à l’aide à l’installation. Un message a priori entendu par Stéphane le Foll qui compte «rajouter quelque chose pour l’installation des jeunes» dans la PAC et se donne pour objectif de porter le nombre d’installations à 10 000 par an. Il a également annoncé que les résultats nationaux des Assises de l’Installation devraient être dévoilés d’ici une quinzaine de jours.

Nathalie Valleix nouveau préfet de Bellac et Rochechouart et Marie-Madeleine Viallot-Muller, vice-présidente de la région Centre ont inauguré Tech Ovin 2013.
Nathalie Valleix nouveau préfet de Bellac et Rochechouart et Marie-Madeleine Viallot-Muller, vice-présidente de la région Centre ont inauguré Tech Ovin 2013. - © P. Dumont

Une session d’accueil d’actifs de dimension nationale

Après le succès de la première session d’accueil d’actifs en 2011, les organisateurs de Tech-Ovins ont remis le couvert cette année. Et c’est une session nationale et soutenue financièrement par

l’Etat qui a eu lieu sur le salon. Les réseaux des chambres d’agriculture, des PII, de JA et de la FNO se sont mobilisés. Au final, une trentaine de candidats étaient présents, plus qu’en 2011. Venus de tous horizons et des quatre coins du territoire, ils ont découvert trente-cinq exploitations à reprendre. Les candidats ont eu deux jours pour peaufiner leur projet. Après la présentation du territoire limousin et de la politique d’accueil régionale, ils ont rencontré un jeune installé hors cadre familial qui a témoigné sur son parcours. Comme en 2011, ils ont pu échanger avec les cédants via un speed dating. Deux visites d’exploitations étaient également prévues. Le lendemain, une conférence «S’installer en production ovine : avec quel système ?» était au programme. «Cette conférence est une nouveauté, explique Hélène Richin, conseillère RDI à la Chambre d’agriculture 87. Nous avons voulu mettre l’accent sur la dimension économique.» Organisée avec la complicité du Réseau Ovin Limousin, celle-ci a permis aux jeunes d’avoir une idée plus précise des possibilités qui s’offrent à eux. Enfin, l’aspect financier du projet a été abordé lors d’un déjeuner-débat proposé par le Crédit Agricole Centre Ouest. Au final, le bilan est positif. «Six porteurs de projets veulent s’installer en Limousin et ont déjà repéré des exploitations qu’ils aimeraient reprendre, dont certaines étaient présentés lors de la session», indique le Pôle installation de la Chambre d’agriculture 87. Un bon signe pour l’installation ovine en Limousin.

Des jeunes agriculteurs sont venus témoigner sur le Pôle Installation, notamment devant les élèves des lycées agricoles.
Des jeunes agriculteurs sont venus témoigner sur le Pôle Installation, notamment devant les élèves des lycées agricoles. - © P. Dumont

Carton plein pour les circuits de visite

Pour découvrir l’élevage ovin, un salon, c’est bien mais une exploitation, c’est mieux ! C’est ce que se sont dit les 90 professionnels qui ont suivi les circuits de visite mis en place sur la Vienne et la Haute-Vienne. Pour ce huitième Tech-Ovin, un nouveau circuit sur la filière laine était venu s’ajouter aux quatre incontournables : Maîtrise du cycle de reproduction, Système de production, Sélection fourragère et autonomie et Pâturage tournant. Pour ceux déjà abordés en 2011, de nouveaux exemples étaient mis en avant. Ainsi, les participants au circuit Sélection fourragère ont pu visiter la station d’expérimentation du semencier Jouffray-Drillaud à Lusignan (86). Sur les soixante-dix hectares de la station, cinquante sont consacrés à la recherche sur tous types de fourragères. «Si l’on veut que nos éleveurs vivent aujourd’hui et soient encore là demain, il leur faut du bon fourrage. Notre objectif est de montrer combien un fourrage de qualité est important», indique Paul Rouvreau, expert agronome du semencier. Les visiteurs du circuit Pâturage ont pu retrouver certaines de ces fourragères en test sur la plateforme Fourrages annuels protéinés de l'exploitation du lycée agricole de Magnac-Laval. Menée en collaboration avec le Programme structurel Herbes et fourrages, l'objectif est de tester différents fourrages, étudier leurs rendements et leur valeur alimentaire. Les visiteurs ont aussi pu découvrir le pâturage cellulaire mis en place sur douze hectares de l’exploitation en 2011. Divisé en vingt-et-une cellules de cinquante-sept ares, le pâturage est planifié annuellement. La rotation très rapide favorise la production des prairies et donc le chargement à l’hectare pour davantage de kilos de viande produits à l’hectare.

L'innovation à l'honneur

 

Les inventeurs de tous poils ont été récompensés à Tech-Ovin 2013. Les concours Innovation pour les exposants et Berger Futé pour les éleveurs leur ont permis de mettre en avant leurs créations. Pour le premier concours, trois projets ont été distingués par un jury composé d'éleveurs, de partenaires et de membres de l'APOSNO. Parmi eux, l’Echomobile des Bergers du soleil a été sacrée innovation de l’année 2013. Développée par Sylvain Baheti, l'Echomobile est une remorque à échographie. Reliée au couloir de contention de l’éleveur, celle-ci associe une cage de contention spécifique aux échographies à un poste de travail pour l’opérateur. Grâce à cette innovation, l’opérateur peut bloquer la brebis en position debout et l’échographier tout en restant assis à son poste. La seule mission de l’éleveur est d’approvisionner la remorque en brebis. Après une interruption en 2011, le concours Berger Futé, sponsorisé par l’Alliance pastorale et le Crédit Agricole Centre Ouest, est revenu sur le devant de la scène. Dix-huit candidats issus du Limousin et des régions limitrophes ont soumis leurs astuces au jury. Là encore trois d’entre elles ont été primées. George Goodfellow, éleveur à Bellac a raflé le premier prix pour le système de pâturage tournant mixte bovin/ovin qu’il a mis en place sur son exploitation. Les principaux avantages mis en avant sont la complémentarité entre les deux espèces au niveau du pâturage et l’intérêt sanitaire du système qui permet de réduire la charge parasitaire. Autre point fort du système, la mise en place d’un îlot central fixe pour l’abreuvement.

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