L'Union Paysanne 16 décembre 2020 a 10h00 | Par CHRISTELLE PICAUD

CAPR’INOV. Constellation de signes positifs pour la filière caprine

Économie, installation, attentes sociétales : la filière prépare sereinement son avenir.

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Capr’I TV autour de l’économie de la filière caprine.  Intervenants : Jacky Salingardes,président de l’Anicap, Mickaël Lamy représentant de la coopération laitière et Davy Hecht représentant des industriels laitiers à l’interprofession. Animatrice, Christelle Picaud.
Capr’I TV autour de l’économie de la filière caprine. Intervenants : Jacky Salingardes,président de l’Anicap, Mickaël Lamy représentant de la coopération laitière et Davy Hecht représentant des industriels laitiers à l’interprofession. Animatrice, Christelle Picaud. - © DR

Contrarié dans son organisation par les mesures sanitaires imposées par l’épidémie de Covid-19, le salon Capr’Inov s’est adapté. «Il était essentiel de maintenir un temps fort, confirme Samuel Hérault, le président de l’organisation. C’est une réussite à l’image de celle qui caractérise notre filière. Elle renforce la cohésion, l’envie, la confiance entre les partenaires. C’est de bon augure pour les années à venir».

Parmi les évènements au programme de cette édition 2020, les Capr’I TV ont planté le décor d’une filière résiliente, attractive et à l’écoute des attentes sociétales - à retrouver sur agri79.fr-.

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Jacky Salingardes, président de l’Anicap, ainsi que Mickaël Lamy représentant de la coopération laitière et Davy Hecht représentant des industriels laitiers à l’interprofession caprine ont présenté une économie à contresens de celle déplorée dans bien des filières agricoles.

La collecte de lait de chèvre augmente de 4% en France en 2020, le volume des importations baisse de 27% sur les huit premiers mois de l’année, les stocks de produits de report se maintiennent à un niveau bas (36,6 millions d’eql), les achats des ménages, malgré les perturbations liées à la Covid-19 restent dynamiques sur les huit premiers mois de l’année.

«Les acteurs de la filière savent combien le contexte qui est le leur est précieux», commente Mickaël Lamy. Tous se comportent en partenaires, «ils sont solidaires face aux évènements », confirme Jacky Salingardes, satisfait du comportement général au printemps. Le pic de lactation est arrivé en plein confinement. Les équipes étaient réduites dans les unités de transformation, les marchés déstabilisés. Où le repli aurait été possible, les opérateurs se sont ouverts : «ensemble ils ont géré pour qu’aucun litre de lait ne soit jeté», souligne fièrement le président de l’Anicap.

Un essai transformé qui doit ouvrir à de nouvelles réussites en 2021 «et notamment du point de vue de la dynamique valeur, dans une période qui sera probablement un pouvoir d’achat. Nous devons être ambitieux mais réalistes dans les négociations qui s’ouvrent avec nos partenaires de la distribution», trace Davy Hecht.

Le prix du litre de lait qui ne cesse d’augmenter est un élément stimulant pour les jeunes : «+ 20% en dix ans» annonce Jacky Salingardes, et «+ 3% sur les huit premiers mois de 2020». La production intéresse également par les nombreux éléments d’opportunités qu’elle offre. «50% des chefs d’exploitation ont plus de 50 ans», précise Eric Ferré, chargé de mission installation pour les chambres d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine. Dans le grand ouest, les producteurs peuvent s’appuyer sur des services techniques sécurisants.

Mais, Olivier Billaud et Nicolas Bonifait, respectivement producteurs à Mazières-en- Gâtine et Moutiers-sous-Argenton en Deux-Sèvres, en ont témoigné : il faut avancer sans préjugé. Pour s’installer, l’un et l’autre ont dû confronter leur idéal à la réalité de terrain. Aujourd’hui, ils s’épanouissent dans des projets respectueux de leurs valeurs. Cette adaptabilité des acteurs est une force pour cette filière qui sans concéder l’impossible sait se remettre en question. Le troisième Capr’I TV autour des attentes sociétales a témoigné de ce sens des responsabilités. Bienêtre animal, respect de l’environnement sont des sujets. En acceptant la concertation avec les ONG, l’Anicap compose pour que naissent des compromis. «Il s’agit de ne laisser personne de côté.

Les adaptations lorsqu’elles sont justifiées devront se faire dans le temps, au gré des installations ou des renouvellements de bâtiments ou matériels», exposait Franck Moreau représentant des producteurs à l’Anicap. Mickaël Lamy, président du Bureau régional interprofessionnel du lait de chèvre et la Région Nouvelle-Aquitaine représentée par sa directrice de l’agriculture, Charlotte Nommé, travaillent à l’élaboration d’une feuille de route suffisamment réaliste pour qu’elle soit commune. Les ambitions de Néoterra seront accompagnées d’un point de vue technique et financier.

Alors que le plan de relance vient d’être validé, des fonds sont mobilisés. La Région attend les dossiers.

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