L'Union Paysanne 15 décembre 2010 à 10h11 | Par VM

Chambre d’agriculture - L’accord «Bigard-FNB» qui met tout le monde en désaccord !

Vendredi 10 décembre s’est tenue la session de la Chambre d’agriculture.

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Des revenus en hausse, une agriculture productive et responsable devant les consommateurs, des consommateurs avertis, des conditions d’exercice du métier moins contraignantes : ce sont les souhaits pour 2011 exprimés lors de la session.
Des revenus en hausse, une agriculture productive et responsable devant les consommateurs, des consommateurs avertis, des conditions d’exercice du métier moins contraignantes : ce sont les souhaits pour 2011 exprimés lors de la session. - © DR

Installation d’un nouveau membre

Dans le collège 4, au titre des anciens exploitants, François Le Morvan, de la commune d’Aix, ayant démissionné le 24 octobre dernier, a été remplacé par le premier suppléant de la liste Maurice Bourliataud, de la commune de Meilhards. François Le Morvan a été remercié par la Chambre d’agriculture pour ses nombreuses années de dévouement envers celle-ci.

Election d’un nouveau membre du bureau

Suite à la démission de Sébastien Lagrafeuil, un nouveau membre a été élu. Les candidats en lice étaient Léo Mertens et Joël Turc. Sur les 31 votants, il y a eu 22 voix pour Joël Turc contre cinq voix pour Léo Mertens, et quatre blancs. C’est donc Joël Turc, producteur de vaches laitières sur la commune de Latronche, qui est élu.

Intervention de Pierre Chevalier, président de la Chambre d’agriculture

Dans un contexte mondial en mutation, avec la montée en puissance des pays émergents, la relance agricole française s’annonce difficile avec pour outil la LMA (Loi de modernisation de l’agriculture) et la Pac.

Pac 2013

Les points principaux sont la sécurité alimentaire, une production durable et diversifiée, le dynamisme du monde rural. Toujours construit sur deux piliers, la répartition du budget entre les États reste encore à définir. Le paiement direct se fera sans doute de la façon suivante une base fixe, des aides complémentaires (exemple : MAE) et des aides couplées au choix de chaque pays (PMTVA). Attention au verdissement des aides, entre autres à l’ICHN qui passerait dans le premier pilier, et à la fragilité des soutiens vis-à-vis de la volatilité des cours. Le budget global n’est pas défini mais il y a un risque de forte baisse.

LMA (Loi de modernisation de l’Agriculture)

L’un des axes de cette loi est la compétitivité, mais le budget alloué est-il suffisant ? La con-tractualisation est un sujet en pleine discussion, il faut rééquilibrer les rapports de force. Mais le texte est souvent bien différent du comportement de cha-que organisme.

La négociation avec Bigard

Des remerciements ont été adressés aux éleveurs mobilisés, ainsi qu’un bon rétablissement à Tony Cornelissen, accidenté lors du blocage. Cette négociation doit permettre un assainissement du marché, une transparence avec les machines à classer. Un médiateur a été nommé pour le bon fonctionnement de cet accord, et pour les contraintes franco-françaises une délibération spéciale a été accordée.

La conjoncture actuelle est décourageante, tout est déréglé, le prix de la viande baisse et le prix des céréales est toujours fluctuant. L’offre et la demande ne jouent plus leur rôle !

Constat en Corrèze : 44 % des éleveurs bovins ont plus de 50 ans, le dynamisme des installations est en baisse, les investissements sont en baisse, les trésoreries sont en difficulté. 975 exploitants n’ont pas payé leurs cotisations MSA.

Bilan du plan Le Maire

217 Dacs Agri ont été réalisés avec une enveloppe de 875 millions d’euros, et 430 dossiers sont prévus pour la deuxième enveloppe annoncée en septembre.

La production laitière

Le constat est alarmant, il y eu des reprises exceptionnelles de quotas cette année. Un plan de relance en Corrèze devient urgent.

Dégât de gibiers

C’est un dossier complexe, où les discussions sont tendues. L’objectif est de baisser les densités en-dessous du seuil de nuisibilité.

L’agriculture biologique

L’objectif est d’augmenter de 20 % la SAU en bio en dix ans, il faut aussi développer la valorisation économique par les filières.

Les Marchés de producteurs de pays se développent grâce à des partenariats avec les collectivités, et entre producteurs.

Communication

Un magazine «Agri cultures» va être diffusé trimestriellement, avec une page pour les salariés. Etaient aussi à l’ordre du jour, la rénovation du site Synagri, l’utilisation des SMS et le nouveau logo de la Chambre d’agriculture.

L’opération «Ecouter pour entreprendre ensemble»

L’objectif est de réaliser 1000 enquêtes sur les exploitations.

Energies renouvelables

L’opportunité l’année dernière, sur le photovoltaïque a permis entre autres à certains d’avoir un complément de retraite ou de revenu, mais cela a pris fin suite à l’annonce du Premier ministre.

Budget de la Chambre

Il y a une volonté commune de ne pas augmenter les prix. Malgré un contexte difficile, avec entre autres une baisse des aides, il n’y pas de hausse tarifaire. Pour 2011, les objectifs sont l’accroissement des formations, la mutualisation des programmes, le recours aux crédits européens.

Pour conclure, quelques points importants : le changement du logo de la Chambre, la certification de la formation et des services, la sensibilisation des cédants, le changement d’agent comptable.

Ce qu’il faut souhaiter pour 2011, ce sont des revenus en hausse, une agriculture productive et responsable devant les consommateurs, des consommateurs et mieux informés, des conditions d’exercice de notre métier moins contraignantes.

 

 

Débats avec les élus : malgré l’accord Bigard/FNB, la crise bovine est toujours là !

Pascal Coste a demandé à Pierre Chevalier de s’expliquer sur cet « accord ».

«Accord inacceptable» pour la Confédération paysanne, représentée par Philippe Revel, car il n’y a pas dans celui-ci de mesure concernant la transparence des marges, ni de dispositif d’aide ou de mise en place d’un prix minimum, ainsi qu’un système d’indexation des charges. «C’est un abandon des politiques envers le monde agricole. Aujourd’hui le prix de la viande bovine n’a pas bougé, il faut une remobilisation.»

Pascal Coste a fait remarquer qu’il y avait beaucoup de membres du bureau qui avaient démissionnés. Il a relevé que c’était la première fois lors d’une session chambre que la FDSEA et les JA ne se sont pas exprimés juste après l’intervention du président de la Chambre mais que c’est le directeur de la DDT qui l’a fait ! Pour ce qui est de la mobilisation à Charal : «c’était le combat de la dernière chance, et il y a eu un sabordage d’initiative politico-syndicale.»

Le Préfet a répondu : «Les organismes agricoles ne doivent pas tomber dans le piège de la division ; sur l’accord, les négociations ont été faites sous l’égide du ministre de l’Agriculture, sachant que toute décision prise est sous la surveillance de Bruxelles et que certains sont hostiles à la position de la France.»

Les JA, représentés par Mathieu Jimenez, se sont aussi exprimés sur cet accord, en formulant leur opposition sur celui-ci. «Cinq cts au lieu des 60 cts demandées : même 28 cts nous auraient suffit ! La base a été oubliée lors de cette négociation alors qu’elle s’est fortement mobilisée». Les JA prévoient déjà des actions pour ce début d’année 2011. «On en a marre des plans conjoncturels, on veut des prix !»

Le problème des communes ayant subi la tuberculose a été soulevé par Pascal Coste. «Sur les cantons de Beynat, Beaulieu et Meyssac, environ une centaine de cheptels ont fait les tests de tuberculine. Une caisse de solidarité pourrait-elle se mettre en place ?»

Maurice Demichel a répondu au titre du GDS, qu’un fond sera débloqué sur la mutualisation de l’ensemble du département.

Joël Soursac a fait remarquer que l’on constate toujours ce qui va mal et pas ce qui va bien, «la réponse à la crise serait peut-être l’agriculture bio et la vente directe, comme il y a quelques années avec la mise en place des labels de qualité».

Jacky Leymat est intervenu sur la loi sur l’eau, plus particulièrement sur l’irrigation qui est certes une spécificité locale mais obligatoire pour avoir des récoltes de qualité et s’assurer un revenu. Les zones humides po-sent toujours des problèmes de «définition», entre autres à cause d’un excès de zèle par certaines structures de contrôle (Onema).

En ce qui concerne la production laitière, Joël Turc est intervenu : «il y a eu une reprise de la collecte, les prix sont soutenus mais pas aussi élevés que ce que l’on espérait. Pour la première fois la laiterie Corrèze n’a pas absorbé tout son quota. Il y a un manque d’installations. Comment redynamiser notre section ?»

Sur le dossier «Dégâts des gibiers», le Préfet a fait remarquer que l’arrêté avait été modifié : «autorisation de chasser par temps de neige et les chasseurs ont un devoir moral envers le monde agricole.»

Pour conclure ce débat, Le Conseil général, représenté par Jacques Descargues, a réaffirmé son engagement sur la valorisation des circuits courts et des produits du terroir.

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