L'Union Paysanne 25 novembre 2011 à 10h12 | Par P. Dumont

Charte des bonnes pratiques d’élevage - Améliorer ses pratiques et surtout le faire savoir

C’est à Limoges les 15 et 16 novembre derniers que les Rencontres nationales de la Charte des bonnes pratiques d’élevage, organisées par la FRSESA Limousin, ont eu lieu. Près de 90 techniciens et éleveurs de toute la France étaient présents.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Outre, les discussions autour de la Charte, les partcipants ont beaucoup réfléchi à la communication à mettre en place.
Outre, les discussions autour de la Charte, les partcipants ont beaucoup réfléchi à la communication à mettre en place. - © P. Dumont

Avec 5000 éleveurs engagés, la Charte des bonnes pratiques d’élevage rassemble en Limousin près de 60 % des producteurs de lait et de viande bovine soit environ 90 % des animaux. En France, le nombre d’éleveurs engagés s’élève à 110 000. 88 % du lait produit et 75 % des bovins élevés dans notre pays le sont dans un élevage «charté». Pourtant, la Charte semble encore peu con-nue du grand public. A l’occasion de la sortie de sa quatrième version, les responsables nationaux et régionaux de la Charte, réunis à Limoges, ont évoqué les évolutions apportées. Ils se sont également interrogés sur la valorisation de la charte ainsi que sur les moyens à mettre en œuvre pour la dynamiser et mieux communiquer.

 

Sur le fond…

Des volets santé du troupeau et protection de l’environnement renforcés, une plus grande prise en compte de la sécurité des personnes sur l’exploitation, la Charte 2012 entend répondre aux exigences actuelles de la société. Dans le détail, il est question de respect de l’environnement (biodiversité, cours d’eau, surfaces en herbe, …), d’économies d’énergies, de prévention des risques sanitaires et des risques pour les personnes. On retrouve dans cette nouvelle version des éléments liés à la conditionnalité des aides et à l’évolution des réglementations nationales et européennes. Pour autant, selon les co-présidents de la Charte au niveau national, Bernard Ma-labirade (FNB) et Manuel Gavelle (FNPL), l’objectif est surtout de voir plus loin. «Pour cette version 2012, nous avons mené nos réflexions en dehors de celles de la Pac, expliquent-ils. Nous avons testé les nouvelles mesures sur une cinquantaine d’exploitations pour évaluer leur facilité d’application. Nous avons même échangé avec des associations de consommateurs et de protection de l’environnement avec, d’ailleurs, un accueil plutôt positif de leur part.»

 

Les co-présidents limousins, Didier Bayer pour le lait et Bertrand Marquis pour la viande ont accueilli la réunion annuelle de la Charte en Limousin.
Les co-présidents limousins, Didier Bayer pour le lait et Bertrand Marquis pour la viande ont accueilli la réunion annuelle de la Charte en Limousin. - © P. Dumont

Sur la forme…

La rénovation de la Charte ne touche pas uniquement son contenu. Conscients des appels du pied des consommateurs en quête d’informations, les responsables de la Charte veulent également développer la communication. Premières mesures prises : un nouveau logo symbolisant à la fois l’éleveur et l’animal et un site internet grand public : www.charte-elevage.fr «Jusqu’ici, nous avons peu communiqué. Notre but était d’abord d’agir et uniquement après de le faire savoir,» commente Bernard Malabirade. «La charte était avant tout un outil de modernisation de l’exploitation», rajoutent Bertrand Marquis et Didier Bayer, co-présidents limousins de la Charte. «Communiquer aujourd’hui, c’est à la fois répondre aux questions des consommateurs mais aussi reconnaître et valoriser le travail des éleveurs, reprend Bernard Ma-labirade. Il faut que la Charte soit perçue comme la norme ISO 9001 de l’élevage français.» Si des éleveurs peuvent parfois s’interroger sur leur intérêt à adhérer à la Charte, il apparaît que la démarche fait de plus en plus d’émules. Elle commence ainsi à intéresser les GMS qui cherchent à rassurer leurs clients sur la sécurité alimentaire. Entre autres exemples, certaines marques, telles qu’Elle & Vire, apposent le logo Charte sur leurs produits. Enfin, la Société Vitréenne d’Abattage (SVA Jean Rozé) octroie aux éleveurs chartés 3 cts de plus par kilo de viande.

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Union paysanne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui