L'Union Paysanne 22 novembre 2013 à 08h00 | Par RZ

Cheval - La taxe qui fait cabrer la filière équine

La TVA appliquée pour les centres équestres va passer de 7 à 19,6 % au 1er janvier 2014. Une décision qui provoque la colère des professionnels. Ils dénoncent une mesure irrationnelle qui menace leurs activités.

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TVA à 20 % : plusieurs milliers d’emplois menacés et près de deux mille centres équestres en danger.
TVA à 20 % : plusieurs milliers d’emplois menacés et près de deux mille centres équestres en danger. - © UP 19

Les centres équestres grondent. Ils ne comprennent pas la décision de la commission européenne. Il faut dire que personne ne s’attendait à une mise en œuvre aussi rapide. En effet, le gouvernement, sous l’impulsion de Bruxelles, a décidé d’imposer la TVA à 20 % dès le 1er janvier 2014.

Une décision qui surprend, surtout que personne ne s’attendait à un passage de 7 à 20 % immédiatement. «On se doutait que la TVA allait augmenter mais nous espérions que cela soit progressif ou plus modéré», affirme Jérôme Puyraimond, dirigeant du centre équestre de Naves. Il faut dire que le 1er janvier 2013, les centres d’équitation avaient déjà connu un répit.

 

Une sentence retardée

La filière équine compte trois grands pôles : les courses hippiques, l’élevage et l’équitation de compétition et de loisir. Début 2013, les courses et l’élevage ont subi une hausse de la TVA de 5,5 à 19,6 %, alors que l’équitation de loisir avait obtenu un sursis. De courte durée, finalement. L’État avait choisi l’indulgence l’an passé et avait modéré sa hausse à 7 % de TVA pour les centres équestres. Cette décision européenne est un véritable coup de massue pour l’ensemble des professionnels et amoureux du cheval.

Jérôme Puyraimond est désabusé face à cette annonce du gouvernement qui risque de condamner l’équitation de loisir. «Nous sommes désemparés. L’équitation française, c’est deux mille centres équestres et huit mille chevaux. On est le premier sport d’emploi en France, le premier sport féminin. Vous imaginez les conséquences que cette hausse de TVA va entraîner pour notre secteur et ses licenciés».

 

Une hausse des prix mais pas que…

La première conséquence de cette augmentation sera forcément les prix facturés aux pratiquants et utilisateurs. «Au 1er janvier, il va falloir composer avec une hausse de soixante centimes par heure. La pension d’un cheval est actuellement de deux cent trente euros. On va devoir la réévaluer à deux cent quatre-vingt-dix euros.» Car sur ce tarif, il faut également répercuter le prix des matières premières en constante hausse depuis plusieurs années.

La filière équine a du mal à comprendre cette décision. Surtout dans la mesure où la TVA avait été réduite à 5,5 % dans le but d’offrir aux classes moyennes l’accès à ce sport. «On a l’impression qu’on refait machine arrière. La France avait abaissé la TVA en 2004 pour pouvoir permettre à un plus grand nombre de familles l’accès à l’équitation. Or, avec cette taxation, on risque de retomber dans les travers d’antan où l’on cataloguait le cheval comme un sport élitiste. C’est dommage».

Toutefois, il semble trop tard pour empêcher cette hausse d’être effective au 1er janvier 2014. «Les conséquences se font déjà sentir. J’ai déjà des gens qui ont peur, qui souhaitent vendre leur cheval. Cette nouvelle taxe va finir de les décourager. Mais surtout entrainer la fermeture de nom-breux centres», conclut Jérôme Puyraimond, abattu par cette «équitaxe».

La filière équine, accablée, a multiplié les manifestations un peu partout en France au cours de ce week-end.

Marche arrière

En 2004, la TVA avait été réduite à 5,5% pour permettre l’accès à ce sport au plus grand nombre. Dix ans plus tard, changement de cap : «Afin d'éviter une nouvelle condamnation par la Cour de justice de l'Union européenne, le gouvernement a été contraint de mettre fin, au taux réduit de TVA pour les activités des centres équestres, taux qui passera de 7 % à 20 % » (communiqué du ministère de l'Agriculture du 25/10/2013).

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