L'Union Paysanne 17 octobre 2014 à 08h00 | Par P. Dumont

Colloque - Comment réduire sa facture de carburant

En constante augmentation, les charges plombent les coûts de production des exploitations et grèvent le revenu des agriculteurs. Des solutions existent pour alléger la note. Elles ont fait l’objet d’un colloque des chambres d’agriculture du Limousin le 7 octobre dernier à Grand-Bourg (23).

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Après le colloque de la matinée, les participants ont participé aux trois ateliers de l’après-midi dont un sur l’éco-conduite.
Après le colloque de la matinée, les participants ont participé aux trois ateliers de l’après-midi dont un sur l’éco-conduite. - © P. Dumont

Exploitations plus étendues, machines plus puissantes, nombreux sont les facteurs qui favorisent la consommation de carburant. Dans le même temps, le prix du carburant flambe. Durant les dix dernières années, une hausse de plus de 140 % a été enregistrée. Pour trouver des pistes d’amélioration, les chambres d’agriculture du Limousin se mobilisent. Des journées éco-conduite et bancs d’essai moteurs sont organisées depuis 2013 dans le cadre du Programme Energie-Biomasse en agriculture soutenu par l’Ademe et le Conseil régional.


Parmi toutes les charges d’une exploitation, celles liées à la mécanisation, en particulier la consommation de carburant, se taillent la part du lion.

C’est aussi dans ce cadre qu’a été organisé un colloque «Economie de carburant» le 7 octobre à Grand-Bourg (Creuse). Des exploitants mais aussi beaucoup d’élèves de lycées agricoles sont venus écouter les intervenants des chambres mais aussi de Coop de France, du CER ou de John Deere.

Premier constat, la consommation de carburant a été multipliée par deux voire trois dans les dix dernières années, quelle que soit la production animale (sauf ovins). La mécanisation compte pour 40 à 50 % du coût total des charges et le poste carburant/ lubrifiant pèse pour 20 % dans les charges de mécanisation. Des marges de manœuvre existent cependant. Une étude menée sur de nombreuses exploitations classées par système montre des consommations de carburant qui, pour un même système, peuvent aller du simple au double et même au triple. Si des liens avec la SAU ou avec la mécanisation par hectare apparaissent évidents, ils n’expliquent pas tout. La structure de l’exploitation compte aussi beaucoup : main d’œuvre, parcellaire plus ou moins regroupé, organisation de la production, des récoltes, réglages et dimensionnement du matériel, pression des pneus,…

 

Jouer sur plusieurs facteurs pour baisser sa consommation

Outre les solutions techniques influant sur les facteurs déjà cités, des solutions organisationnelles peuvent être mises en place. Ainsi, l’adhésion à une Cuma permet d’économiser sur le carburant mais aussi l’amortissement du matériel. Idem pour l’organisation de chantiers collectifs. Enfin, réfléchir à ses pratiques agronomiques peut être fructueux (Cf. encadré). Du côté des constructeurs aussi, on s’interroge sur les économies de carburant comme l’a montré C. Barreau, instructeur technique de John Deere. Pour répondre aux normes environnementales sur les émissions de particules fines et d’oxydes d’azote (NOx), deux technologies sont em-ployées actuellement. La première, utilisée par John Deere, opte pour une température de combustion basse. Elle génère peu de NOx mais nécessite un filtre à particules. La seconde (Deutz notamment) opte pour une température de combustion haute brûlant les particules mais nécessitant l’injection d’ADBlue (Solution Aqueuse d'Urée à 32,5 %) pour éliminer la plus grande part des NOx. Des recherches sont aussi en cours sur de nouveaux carburants (tracteur multi-carburants, huile végétale,…) et des technologies hybrides.

Le semis sous couvert, une technique économe en carburant

Invité à témoigner durant le colloque, Hervé Grimaud du Gaec Sugères à Boussac-Bourg a présenté une solution originale pour limiter la consommation de carburant. Installé à la suite de ses parents sur une exploitation de 250 hectares avec 70 mères vaches et 100 mères truies. Il consacre 170 hectares aux céréales, oléagineux et protéagineux, 70 hectares à l’herbe, 36 aux prairies permanentes et 34 aux prairies temporaires (légumineuses). En 2000, Hervé Grimaud cesse de labourer. Pendant sept années il pratique deux déchaumages par an, un après la moisson et un avant les semis avec un déchaumeur à disques. En 2007, il introduit le couvert végétal avant les cultures principales. Depuis 2008, il sème directement sous couvert avec un semoir à disque. «Aujourd’hui, dit-il, la structure du sol est plus filtrante et la portance est meilleure. Les racines et les vers de terre travaillent pour nous ! Les parasites sont moins nombreux également. Attention cependant, cela ne se met pas en place en un an et il faut aussi être vigilant sur le désherbage». Les chiffres sont éloquents. Si l’on compare le semis direct sous couvert avec le système labour classique, le coût est quasiment divisé par trois.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Union paysanne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui