L'Union Paysanne 17 février 2012 à 10h56 | Par HD

Comité du Noyer et du Châtaignier - Noix - châtaignes : le mauvais effet de la sécheresse

Réunis à Sainte Fortunade dans un cadre interprofessionnel, les producteurs de noix et de châtaignes ont dressé un état des lieux de ces deux productions.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le cynips, un ravageur du châtaignier qui doit être combattu par tous les moyens.
Le cynips, un ravageur du châtaignier qui doit être combattu par tous les moyens. - © HD

Voici quelques jours se tenait à Sainte Fortunade, l’assemblée générale du Comité Interprofessionnel du Noyer et du Châtaignier du Bas Limousin. L’occasion de faire un point de situation sur deux productions corréziennes en plein développement.

 

Sainte Fortunade

Organisée chaque année dans un secteur différent du département, cette année c’est la commune de Sainte Fortunade qui recevait les producteurs des filières noix et châtaignes.

C’est tout d’abord Monsieur le Maire qui présentait succinctement sa commune et souhaitait la bienvenue aux participants.

Puis c’était au tour d’Alain Lachaud, producteur de noix et châtaignes dans cette commune de la banlieue Tulliste, cheville ouvrière de cette journée glaciale, d’accueillir ses collègues et de présenter sa commune. Selon Alain Lachaud, la commune de Sainte Fortunade est située dans un cadre agréable (parc entouré du château, de l’église et de l’orangerie), avec une vie sociale très active tout particulièrement les marchés des producteurs de pays. Pour Alain La-chaud, la commune est aussi accueillante de par sa situation périphérique à Tulle. Elle compte néanmoins une trentaine d’agriculteurs dont une douzaine de jeunes.

«Malgré un dénivelé de 400 mètres, la commune n’est pas trop accidentée et est propice à l’élevage allaitant dominant à Sainte Fortunade» précisait Alain Lachaud qui poursuivait «à côté des éleveurs allaitants, il existe un groupe de producteurs de noix et de châtaignes, situés sur un plateau de 350 mètres dominant la vallée de la Corrèze». En terminant notre hôte saluait «la démarche qualité noix au travers de l’AOC, désormais AOP tout en s’interrogeant sur les résultats concrets de cette avancée.»

 

Jacky Leymat : «Récolte 2011 : grandes différences quantitatives et qualitatives»

Remerciant de son côté M. le Maire pour son accueil ainsi qu’Alain Lachaud pour son implication dans l’organisation de la journée, le président Jacky Leymat soulignait «que la récolte 2011 se caractérisait par de grandes différences quantitatives et qualitatives tant en noix qu’en châtaignes. En effet, la sévère sécheresse du printemps et de l’automne a déprécié la récolte en vergers non irrigués notamment, posant du même coup le problème de la gestion de l’eau au niveau de ces productions. C’est ainsi que la création de retenues collinaires doit être encouragée en allégeant les procédures administratives et surtout en ne les remettant pas en cause.»

 

Marché

Evoquant ensuite le marché, Jacky Leymat saluait «la durable embellie pour la noix liée à l’amélioration de la qualité, aux efforts de communication, sans oublier le travail du syndicat AOC et le dynamisme des structures de mise en marché.»

Il poursuivait sur la «nécessité pour la France d’affirmer sa position de leader en développant les plantations, dans les régions propices comme la nôtre lesquelles assureront des valeurs pour prendre de nouveaux marchés.» Enfin la relance des plantations «doit passer par une aide du Conseil général complétant les aides nationales et européennes. Un programme de trois ans arrive à son terme. Il doit être reconduit.»

En conclusion, Jacky Leymat soulignait «l’importance de l’appui technique auprès des producteurs, sans oublier le soutien à la recherche.»

 

Producteurs, négociants et techniciens au coude à coude pour "positiver" les productions de noix et de châtaignes.
Producteurs, négociants et techniciens au coude à coude pour "positiver" les productions de noix et de châtaignes. - © HD

Noix fraîches

Evoquant l’activité noix fraîches, Alain Soulié, président du Syndicat, soulignait «le caractère très spécial de la campagne 2011 car vu la précocité et les températures très élevées au mois d’août, certains producteurs ont commencés à récolter les Lara dans la deuxième quinzaine d’août. Mais chaleur + période de vacances = peu de consommation.

Les prix pratiqués en Lara ont varié entre 1,40 et 1,55 €. Mais en raison de la faible demande, la plupart des producteurs ont eu du mal à vendre leur récolte de Lara en frais ; et de plus certains gros producteurs du Lot-et-Garonne ont alimenté nos opérateurs locaux. En ce qui concerne Marbot, cela a été pire à cause d’une faible demande au tout début du mois de septembre voire fin août à un euro départ. Donc de ce fait, peu de producteurs habitués ont pu faire des noix fraîches cette année.

Alors nous sommes vite passés à la noix sèche et heureusement que le beau temps a persisté pendant toute la récolte malgré des gros problèmes de casse au ramassage et au lavage en Marbot. Nous avons donc pu sécher à moindre coût et ainsi fournir les opérateurs très tôt malgré les gros volumes annoncés. Les prix campagne ont bien démarré avec une forte demande : Marbot autour de 2,20 à 2,30 euros et Franquette de 2,40 à 2,50 euros dans les bons lots.

Par ailleurs, l’année 2011 a vu une réorganisation au niveau de la Chambre d’agriculture et donc le départ de Florence Chanut vers d’autres missions au sein de l’institution. L’intérim a été assuré pour cette campagne par Christian Quinio avec l’aide de Florence. Au nom de tous les producteurs de noix fraîches je tiens à la remercier de tout cœur pour son dévouement, aussi bien pour l’animation du syndicat que pour les conseils apportés aux producteurs. Chère Florence j’espère que l’on ne se perdra pas de vue et je te souhaite bonne chance dans tes nouvelles missions.» Enfin Alain Soulié remerciait la Chambre d’Agriculture de la mise à disposition d’un technicien pour l’animation du Syndicat.

 

Châtaignes

En ce qui concerne l’activité «châtaignes», Alain Chauffour, président de la section débutait son propos en qualifiant 2011 «de petite année tant en quantité qu’en qualité, ce qui s’est traduit au niveau des cours». Côté filière, l’union interprofessionnelle Périgord-Limousin poursuit son dossier signes de qualité avec deux axes : Label Rouge et l’Identification Géographique Protégée (IPG) sous la mention «Périgord». Le produit phare étant le «marron», les variétés traditionnelles correspondant mieux aux produits finis.

Sur le plan technique Invenio intensifie plus que jamais sa mission au service des producteurs avec pour objectif d’optimiser la production, d’améliorer la qualité sanitaire des fruits et d’optimiser les vergers dans leur environnement. Mais la préoccupa-

tion majeure du moment «reste l’arrivée du nouveau ravageur qu’est le cynips et la mise au point de moyens de lutte et de limitation de sa progression.»

Techniquement, tout est mis en œuvre pour aller de l’avant notamment avec le développement de l’agroforesterie en zone d’élevage.

 

Technique

Sur le plan technique Florence Chanut en charge de l’appui aux producteurs jusqu’en 2011 et Christian Quinio son successeur depuis quelques mois, se répartissaient le rapport d’activité.

Niveau noix, notons tout d’abord l’appui à l’activité du syndicat des producteurs de noix fraîches, l’organisation de journées techniques avec démonstration de matériel, travail en coordination avec le groupe technique «Noix du Sud-Ouest» (réseau mouche du Brou, Echo du noyer,…), appui technique général auprès des producteurs.

Niveau châtaignes, Florence Chanut et Christian Quinio ont accompagné les nouveaux planteurs dans le cadre de France Agrimer, du Projet Global du Conseil régional, du plan de relance du Conseil général (noix et châtaignes). Par ailleurs, un appui a été apporté lors des réunions filières au niveau de la commission châtaigne du Comité, au niveau de la fête de la châtaigne à Beynat sans oublier la publication de la Lettre du châtaignier.

Enfin une attention toute particulière est portée actuellement sur l’évolution de ce nouveau fléau qu’est le cynips.

 

Cynips

Participant aux travaux, Philippe Ménard, responsable du pôle châtaigne d’Invenio basé à Douville en Dordogne, faisait un point précis sur ce nouveau ravageur. En l’état actuel des choses, les deux variétés phares sur le terrain ont une sensibilité diamétralement opposée, de très sensible pour Marigoule à très résistante pour Bouche de Bétizac.

Par ailleurs comme l’indiquait Philippe Ménard «ce fléau sera combattu sans produits chimiques selon quatre pistes en l’état actuel des choses : l’introduction d’un auxiliaire (Torymus), la sélection variétale pour les nouvelles plantations, le surgreffage pour les vergers existants, des techniques culturales nouvelles à tester.»

 

Avance technique

Appelé à conclure cette matinée de travail, Michel Courteix, chargé de mission Economie et territoire à la DDT, saluait les avancées techniques réalisée tant en noix qu’en châtaigne, ce qui doit logiquement se traduire par une reconnaissance au niveau des signes de qualité opérationnels en Noix, en chantier pour la Châtaigne.

Enfin, évoquant le cynips, nouveau fléau de la châtaigne, «tout doit être mis en œuvre pour enrayer sa progression» concluait Michel Courteix.

Produits compétitifs

 

Prenant la parole, Joël Soursac, président de la Chambre régionale d’agriculture du Limousin précisait que «les producteurs de noix ont fait beaucoup d’efforts tant qualitatifs que techniques. La noix est un produit compétitif qui ne le restera pas si on ne fait rien. Or la recherche variétale doit s’accélérer car les variétés actuelles sont de moins en moins adaptées, ce qui va constituer un frein important au niveau compétitivité.»

Par ailleurs «les signes de qualité AOC et AOP sont déterminant pour la mise en marché.»

Joël Soursac soulignait la bonne entente entre «les organisations de producteurs de la région Sud-Ouest mais aussi avec leurs homologues du sud-est. Ceci est essentiel pour préserver l’avenir et peser sur le marché mondial.»

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Union paysanne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui