L'Union Paysanne 19 février 2010 à 10h39 | Par Henri DEMONTJEAN

Comité du Noyer et du Châtaignier - Une éclaircie dans la tourmente

La production de noix et de châtaigne est largement évoquée lors de l’assemblée générale du Comité interprofessionnel propre à ces deux fruits.

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De gauche à droite : Alain Soulier, Alain Chauffour, Jacky Leymat, Michel Courteix et Florence Chanut.
De gauche à droite : Alain Soulier, Alain Chauffour, Jacky Leymat, Michel Courteix et Florence Chanut. - © DR

Chaque année à pareille époque les producteurs de noix et de châtaignes mem-bres du Comité interprofessionnel du Noyer et du Châtaignier, se réunissent pour un bilan d'activité au niveau de ces deux productions en passe de retrouver un élan nouveau.

Branceilles
Cette année c'est la commune de Branceilles chère au président Jacky Leymat qui accueillait de nombreux producteurs de noix et quelques producteurs de châtaignes. En effet, cette commune particulièrement dynamique, connue pour son célèbre groupe de musique « l'Etincelle Branceillaise» et sa cave viticole, Branceilles est en train de trouver un nouveau fleuron avec la noix.

Le mot du maire
Ce sont ces éléments que soulignait Georges Leymat, le maire de la commune dans ses mots d'accueil. En effet, lui-même agriculteur, viticulteur et producteur de noix, Georges Leymat précisait que sa commune forte de 247 habitants, était orientée vers la polyculture élevage diversifiée, animée par le dynamisme des Jeunes agriculteurs et ses multiples associations.
Prenant la parole à la suite du maire, Jacky Leymat remerciait les nombreux producteurs de noix et de châtaignes mais aussi les différents responsables présents. Il poursuivait : «C'est un grand plaisir pour moi de vous accueillir à Branceilles pour l'assemblée générale de notre Comité. La culture du noyer a toujours été présente sur notre commune et son développement continue aujourd'hui avec une forte spécialisation des producteurs».
Dans le contexte très difficile de la plupart des productions, la noix tire mieux son épingle du jeu. Le bilan de la campagne peut être qualifié de satisfaisant tant en volume qu'en prix.

Bactériose et mouche du Brou
De fortes attaques de bactériose tout au long de la saison ont réduit le rendement par hectare qui s'annonçait exceptionnel. Un important travail de triage a été nécessaire pour livrer des lots marchands. Je tiens à souligner les gros efforts qui sont faits aujourd'hui chez la grande majorité des producteurs pour livrer des noix de qualité, ce qui contribue et facilite la défense du meilleur prix aux producteurs.
La perte de rendement dû à la chute de noix bactériosées ou nécrosées nous rappelle que cette maladie est toujours présente avec les conséquences économiques qui en découlent.
Les équipes de chercheurs de nos stations expérimentales de Creysse et de Châtte travaillent sans relâche sur le sujet afin de mieux connaître et comprendre cette maladie et trouver des remèdes qui porteront plus sur la conduite du verger que sur des applications de produits phytosanitaires.
Un nouveau prédateur pointe son nez sur notre bassin de production. Il s'agit de la mouche du brou. Présente depuis 2007 en Isère, nous connaissons mieux aujourd'hui son fonctionnement ainsi que les moyens de lutte.
Nous devons prendre très au sé-rieux cette menace, car les dégâts peu-vent être très importants (50 à 80 % de perte). Les Comités du noyer de nos trois départements Dordogne, Lot et Corrèze sont mobilisés sur le sujet. J'ai donc souhaité profiter de cette assemblée générale pour informer de façon la plus large possible les producteurs afin d'être prêt à intervenir sur nos vergers de façon la plus judicieuse et la plus efficace.

Produits nature
La noix comme la châtaigne sont porteurs d'une image forte de produit nature attaché à un terroir, bon pour la santé et convivial.
Malgré ceci, et forte de son AOC, la consommation de noix ne décolle pas en France. Pour exemple : les espagnols consomment en moyenne 2 kg/habitant/an alors que les français sont à 200 gr/habitant/an.
Chaque fois que nous faisons déguster nos noix aux vacanciers de passage, la réaction est unanime : «si nous trouvions cette qualité chez nous, nous en achèterions plus souvent...».
J'en déduis donc que les meilleures noix partent à l'export et que le marché intérieur avale le reste.
Grâce à notre AOC Périgord, il est impératif d'inverser la tendance en mettant en place une campagne de communication ambitieuse.
C'est dans cet esprit que le Syndicat AOC prépare activement deux journées consacrées à la noix le 21 et 22 août à Terrasson. Nous sommes tous invités à participer et à en parler autour de nous, afin que durant ces deux jours la noix sorte de sa coquille !...

Châtaigne
Pour ce qui concerne la châtaigne, Alain Chauffour va faire le point sur la saison écoulée qui a été difficile. Nous devons faire une analyse objective de la situation pour tenter de trouver des solutions d'avenir afin de ne pas casser la dynamique qui est engagée.

Plan de relance
Je dois remercier le Conseil général qui a décidé de participer au développement de nos deux productions noix et châtaignes à travers un plan d'aide à la relance des plantations pour une durée de trois ans.
Après une année de fonctionnement, force est de constater que les dossiers ne se bousculent pas à cause des règles d'éligibilités inadaptées, soit que l'investissement n'atteint pas le seuil minimum, soit pour raison de non possibilité de cumul avec l'aide France Agri Mer. Sur ces deux points, je demande à notre assemblée de revoir les règles sinon l'objectif recherché ne sera pas atteint.

Noix fraîches
A son tour, Alain Soulier président du Syndicat des Producteurs de Noix Fraîches faisait le bilan de la campagne écoulée et traçait quelques pistes pour l'avenir.
«La campagne 2009 a assez bien démarré grâce au beau temps qui a pratiquement duré pendant toute la période de récolte et ainsi nous avons pu échelonner les livraisons de noix fraîches. Les prix moyens pratiqués par Promonoix sont de 1.10 € pour les Marbot et 1.40 € à 1.50 € pour les Lara.
Pour la plupart des producteurs, nous pensions avoir une grosse récolte, mais au fur et à mesure des ramassages, nous nous sommes aperçu du volume important de déchets, dû essentiellement à des attaques de bactériose tardives et à des brûlures produites par des coups de chaleur.
Comme chaque année, le Syndicat participe à la foire primée de Brive.
Je tiens à signaler aussi l'essai de traitement par hélicoptère mené à bien à l'iniative d'Emmanuelle Delpech, animatrice technique de la société Eifel. Deux traitements ont été effectués avec une certaine efficacité dans l'ensemble.
Je pense que si nous avons besoin de faire des traitements pour la mouche du brou, l'hélicoptère pourrait être une solution pour agir au plus vite pour ceux qui ne sont pas ou peu équipés.
Tous les ans, le Syndicat essaie de faire son assemblée générale assez tôt pour démarrer la campagne dans les meilleures conditions et ainsi à cette occasion Florence nous donne le résultat de son étude maturité en fonction des secteurs, conforté par celle de la Station de Creysse.
Il serait souhaitable que l'ensemble des opérateurs vienne à l'assemblée générale et soit plus attentif à ces dates pour éviter de mettre la pression à certains producteurs, car l'avenir de cette production tient à peu de choses.»

Châtaignes
C'est Alain Chauffour, président de la section «Châtaignes» qui faisait le bilan d'activité de cette production.
Pour lui «2009 peut être considérée comme une bonne année tant en quantité qu'en qualité mais les cours ont chuté par rapport à la récolte 2008. Les cours se sont situés entre 2,80 € et 1 € avec une moyenne de 2 €. A noter une difficulté d'écoulement de la récolte car une forte proportion est encore en chambre froide actuellement.

Filière châtaigne Limousine
Une réflexion est en cours pour structurer une filière châtaignes Limousine. Essentiellement à partir des variétés Marigoule et Bouche de Bétizac, la production de châtaignes est souvent à l'actif des producteurs doubles actifs voire retraités. Après une réflexion autour de la coopérative Limdor, pour l'instant sans résultat, la recherche se poursuit avec la coopérative Ecolim à Vignols, voir les coopératives Capel et Périgourdine.
Parallèlement soulignons la volonté d'identifier le produit pour le promouvoir au travers de signes de qualité en cours d'élaboration.
Enfin, à la lumière de l'inventaire réalisé voici deux ans, la production corrézienne est en forte progression avec un potentiel de 1800 tonnes de fruits estimés à l'horizon 2017».

Activité technique Noix-Châtaignes
Florence Chanut, technicienne Noix-Châtaignes à la Chambre d'agriculture faisait ensuite un point d'activité. Outre sa mission d'accompagner les producteurs Noix-Châtaignes sur le plan technique, Florence Chanut contribue à l'élaboration du bulletin «technique Noix du Sud-Ouest». Elle réalise également la lettre du Châtaignier diffusée aux adhérents de la section Châtaigne du Comité. Elle apporte également son appui au fonctionnement du Syndicat des producteurs de noix fraîches.
Parmi les dossiers en cours, soulignons le plan de relance noix-châtaignes financé par le Conseil général, le fonctionnement du marché de Cana et la menace de la Mouche du Brou et ses conséquences pour les nuciculteurs.

La Mouche du Brou
Florence Chanut et Jean-Pierre Prunet faisaient ensuite un point de situation sur ce parasite et surtout sur les moyens de lutte au cas où sa progression viendrait à toucher notre région.

Conseil général
Intervenant en fin de réunion, Jacques Descargues responsable de la Commission Agricole du Conseil général revenait sur le plan de relance Noix-Châtaignes décidé par l'assemblée départementale.
S'agissant de l'équipement en matériel, il suggérait d'utiliser la voie des Cuma. Par ailleurs concernant les agriculteurs limitrophes de la Dordogne et du Lot, ils peuvent être bénéficiaires de l'aide si 80 % de leur SAU est en Corrèze et 20 % dans le Lot ou la Dordogne.

DDT
Représentant la Direction Départementale des Territoires (DDT), Michel Courteix précisait que «la noix constitue actuellement un atout dans la tourmente que traverse l'agriculture corrézienne».
Parallèlement selon lui «la noix est un produit particulier qui nécessite une promotion auprès des consommateurs».
Evoquant ensuite le fort potentiel de production de châtaignes que va générer le verger corrézien à moyen terme, Michel Courteix suggérait la nécessité d'un raisonnement indispensable de la mise en marché des volumes potentiellement disponibles. Parallèlement et en terminant, s'agissant d'une production attachée au terroir, «il est indispensable d'obtenir un signe de qualité identifiant un produit qui renaît de ses cendres.»
En somme noix et châtaignes, deux productions traditionnelles du département avec un avenir prometteur.

 

 

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