L'Union Paysanne 20 mai 2011 à 10h28 | Par SF

conférence de presse - Et si 2011 ressemblait à 1976...

A l’occasion de la venue de responsables professionnels de la filière bovine irlandaise, le président de la FNB et de la Chambre d’agriculture a organisé une conférence de presse pour leur présenter l’agriculture corrézienne et évoquer les conséquences de la sécheresse.

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Inquiétude sur les conséquences de la sécheresse, sur les cours du boeuf français et irlandais.
Inquiétude sur les conséquences de la sécheresse, sur les cours du boeuf français et irlandais. - © DR

Profitant d’une visite de responsables professionnels irlandais, sous la conduite de l’interprofession bovine limousine, de passage dans le bassin de Brive à la découverte de l’agriculture corrézienne et plus spécialement sa production phare, le veau sous la mère, sur l’exploitation de Gilbert Delmond à Allassac (président de la section bovine FDSEA), le président de la FNB et son homologue irlandais n’ont pas manqué d’évoquer les conséquences actuelles de la sécheresse sur le devenir des cours de la viande au sein de leurs pays respectifs.

Un déficit hydrique de près de 30 % en Irlande, de 60 % en Corrèze, l’on peut imaginer, même si les contextes climatiques sont différents, les conséquences qu’aura cette sécheresse européenne sur le devenir des exploitations de viande bovine en terme de cours, de maitrise des marchés et de revenus.

L’actuelle situation rejoint en tous points ce de 1976 constate Pierre Chevalier. Cette sécheresse hivernale, souligne l’hydrogéologue de la chambre d’agriculture Michel Baffet, a pour preuve ou témoin la non efficience des fumiers «qui ne se sont pas décomposés». D’où des sols très compactés qui, avec le manque d’eau, inhibent le développement des céréales (deux tailles au lieu des quatre ou cinq habituellement), compromettent aussi les semis de maïs. Une situation généralisée au plan européen qui entraine partout des déficits fourragers, d’où des problèmes qui surgissent sur la paille et les produits de substitution, sans omettre la problématique de l’abreuvement des animaux, point essentiel sous estimé.

Dans son rôle d’appui et de soutien technique auprès des agriculteurs, la Chambre d’agriculture prône des stratégies d’accompagnement, de remplacement, comme des informations techniques en matière de conduite d’élevage, entre autres le rationnement.

Si tous les espoirs de substitution se portent naturellement sur la paille, ce produit va se négocier sans jeu de mot à prix d’or. Rare, elle sera inévitablement chère. Rejoint en ça par les responsables syndicaux de la FDSEA et des JA du département qui ont demandé l’interdiction de broyage des pailles et la règlementation du marché, le président de la Chambre prône quant à lui la «réquisition».

Mais c’est sur les conséquences et l’avenir que les enjeux semblent tous aussi cruels que déterminants. «Si les laitiers semblent ne pas décapitaliser, les producteurs de viande sont plus enclins à mener une partie de leur cheptel à l’abattoir» déclare le président de la FNB. «Entre 10 % et 20 % de décapitalisation, c’est 140 000 tonnes de viande bovine supplémentaire sur les marchés». Inutile de dessiner le scénario prévient-il. Pour preuve les récents apports massifs au Cadran, tout comme les achats en ferme qui se multiplient plus que de raison, «mais que la raison ne connait pas». Et de plaider pour le maintien du potentiel, «une production qui nous manquera et dont nous aurons besoin demain…». D’où la clause de sauvegarde "à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles", et la demande aux autorités de Bruxelles de congeler ces milliers de carcasses pour éviter la dérégulation des marchés. Mais là ne retrouvons-nous pas le poids des industriels pour bénéficier des aubaines ?

Positions aussi défendues par son homologue responsable de la Fédération bovine irlandaise, qui confirme une situation identique dans son pays. «Les producteurs de viande en Irlande produisent aussi à perte. C’est la raison pour laquelle nous devons renforcer la coopération et les relations avec la France pour infléchir les positions de Bruxelles, notamment celles actuellement défendues dans les négociations du Mercosur». Et de revenir, si ce n’est d’insister sur le rôle de l’agriculture, qu’on soit en France ou en Irlande, dans l’aménagement et la dynamisation du milieu rural.

 

La FNB Irlandaise découvre les réalités bovines limousines.
La FNB Irlandaise découvre les réalités bovines limousines. - © DR

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