L'Union Paysanne 01 septembre 2010 à 10h22 | Par JA 19

Conférence débat - Revaloriser la viande est une priorité

Vendredi 27 août dernier, à la halle Brassens à Brive, les Jeunes agriculteurs ont organisé leur conférence débat pour clôturer leur campagne de communication.

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La table des officiels.
La table des officiels. - © DR

Mathieu Jimenez, président des JA de la Corrèze, et Guillaume Joie, secrétaire général et responsable du groupe viande, ont accueilli les nom-breux participants et ont remercié les intervenants.
Nous ne pouvons que nous satisfaire de la qualité des interventions avec la présence de Joël Magne, secrétaire général d'Afdi (Agriculture Française Développement International) qui a levé le voile sur l'importance de la souveraineté alimentaire en donnant sa définition : «produire sa nourriture de base en replaçant les paysans au cœur de la société en alliant économie, vie sociale et culture». Il a retracé aussi l'évolution de l'agriculture depuis l'après-guerre.
Xavier Nicolle, animateur Interbolim, est intervenu sur la situation des élevages français par rapport aux gaz à effet de serre et à la consommation en eau, sujets sur lesquels les médias nous mettent à mal. Il a pu apporter des chiffres concrets pour démentir tout ce que l'on peut entendre.
Martine Pellaé, docteur nutritionniste à l'Hôpital Bichat à Paris a répondu à deux fausses idées reçues en avançant des arguments scientifiques qui sont : "la viande il paraît :
- qu'on peut s'en passer,
- que c'est trop gras".
Son intervention a permis de lever un paquet de préjugés sur la viande rouge. En effet, cette dernière contribue à notre équilibre alimentaire à tout âge de la vie. La supprimer entraînerait des troubles sur la santé.
Thierry Boulleau, ingénieur Copamac Sidam, est intervenu sur l'aspect économique de l'agriculture pour le territoire du Massif central. Le développement durable repose sur trois pieds. Il n'est durable que si les trois pieds sont équilibrés.
Les trois pieds sont :
- le pied économique avec la production agricole mais aussi les industries agro alimentaires,
- le pied social avec une montagne habitée (100 000 emplois dans les exploitations, 200 000 emplois avec les emplois directs et un nombre incalculable d'emplois induits dans les zones rurales fragiles),
- le pied environnemental avec une agriculture basée sur l'herbe et des élevages extensifs. Par son activité de production l'agriculture fournit à la société un certain nombre de biens publics dont chacun peut bénéficier sans que ces biens publics ne soient rémunérés par le marché.
Après un débat avec la salle, animé par Nicolas Mousnier, membre du bureau JA national et responsable du groupe viande, tous les participants ont pu se diriger sous le chapiteau restauration JA pour participer à l'apéro beef.
Nous remercions la participation de tous les élus, mais aussi de l'administration où chacun a pu s'exprimer sur l'un des quatre sujets.
Nous tenons aussi à remercier nos partenaires qui nous ont soutenu pour l'organisation de cette conférence et qui sont la Chambre d'agriculture, la CGA, le GDS et le Crédit agricole.
Les Jeunes agriculteurs sont fiers d'avoir organisé cette conférence pour la première fois en Corrèze. Ils continueront à défendre l'agriculture, à la promouvoir auprès des consommateurs et des citoyens tout au long de leur mandat.

 

 

De gauche à droite : Nicolas Mousnier, Guillaume Joie, Martine Pellaé, Xavier Nicolle, Thierry Boulleau et Mathieu Jimenez.
De gauche à droite : Nicolas Mousnier, Guillaume Joie, Martine Pellaé, Xavier Nicolle, Thierry Boulleau et Mathieu Jimenez. - © DR

Guillaume Joie, secrétaire général des JA 19 et responsable du groupe viande

Guillaume Joie intervenait en introduction de la conférence débat pour en présenter l'objectif.
«Très heureux de vous accueillir nombreux à cette conférence débat sur le sujet passionnant « du territoire à l'assiette, il n'y a qu'un pas !».
Cette soirée, pour moi, est très symbolique et ceci pour trois raisons. Tout d'abord elle marque le premier anniversaire du groupe viande des Jeunes agriculteurs de la Corrèze et c'est ce même groupe qui est à l'origine de cette action. Ensuite, elle apporte un ultime point à notre campagne de communication menée tout l'été par nos adhérents. Et pour finir, cette soirée est la première conférence de ce type jamais organisée dans ce département en mettant sous les feux de la rampe les principaux enjeux de l'agriculture que sont l'alimentation, l'écologie et l'économie des territoires.
«Pas de pays sans paysan, nous disait Edgard Pisani. Bien que nous soyons de moins en moins nombreux, notre nation n'en est pas moins forte pour autant. Du rationnement à la sortie de la deuxième guerre mondiale à aujourd'hui où nous connaissons l'excès et le gaspillage, l'agriculture a subi de grands changements et a successivement connu restructuration, modernisation puis protectionnisme.
Notre agriculture est aujourd'hui capable d'assurer à 100 % nos besoins alimentaires en terme de quantité mais également en terme de qualité et j'insiste bien sur ce terme. Jamais un tel niveau d'exigence n'a été atteint en ce qui concerne la traçabilité, la sécurité alimentaire, ou encore le bien-être animal.
Cependant l'agriculture ne nourrit pas les peuples de la même manière partout dans le monde. Et c'est ce que nous avons pu voir à l'automne dernier au travers des différents reportages et débats télévisés organisés à l'occasion du sommet de Copenhague. Notre modèle agricole n'a rien à voir ni avec les feedlots sud-américains, ni avec les ateliers industriels de porcs ou de volailles asiatiques, ni non plus avec l'agriculture vivrière africaine.
C'est ce que nous voulons vous montrer ce soir. La société de demain nous demande de la nourrir de manière saine tout en respectant l'environnement, en maintenant l'équilibre de la biodiversité, avec un impact carbone limité, ainsi qu'en préservant un territoire ouvert et dynamique sur le plan économique, social et humain.
Toutefois, il faut bien garder à l'esprit que cette agriculture a un prix et il ne dépend que de la volonté de tous. C'est en portant attention à ce que chacun de nous consomme que nous pouvons défendre cette agriculture, en faisant de cet acte de consommation un acte citoyen. Ce dont l'agriculture française a besoin aujourd'hui, c'est que nous consommions les biens produits selon les exigences de nos citoyens. N'oublions pas qu'il en dépend le revenu de milliers d'exploitations. Ces exploitations sont garantes d'une alimentation saine, du respect de l'environnement et d'une cohésion entre l'économie, le territoire et le paysage.
Merci à toutes et à tous et, surtout, défendons notre agriculture !»

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