L'Union Paysanne 14 juin 2013 à 08h00 | Par VS-FDSEA 19

Congrès Adeco-Elvea - "Demain la viande sera chère"

Au lendemain de la soirée de gala du congrès, soirée «mémorable» comme l’a laissé entendre Jean-Pierre Duclos le président d’Elvea France, les exploits de la veille ont rapidement laissé place aux travaux de la table ronde.

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"Les filières et démarches de qualité : une réponse diversifiée aux attentes des consommateurs", tel était le thème de la table ronde.
"Les filières et démarches de qualité : une réponse diversifiée aux attentes des consommateurs", tel était le thème de la table ronde. - © VS-FDSEA 19

Lier l’utile à l’agréable

C’est avec un large sourire qu’à tour de rôle les participants ont évoqué la soirée de gala ; il semblerait que l’organisation du congrès ait laissé dans les mémoires des souvenirs impérissables de la Corrèze et de sa viande de qualité servie lors du repas.

Très rapidement après les discours d’introductions du président d’Elvea et du premier vice-président Gilbert Delmond, entrecoupés d’une intervention de Philippe Nauche, maire de la ville de Brive-la-Gaillarde, la Chambre d’agriculture de la Corrèze a exposé à l’assemblée une étude sur la situation de l’agriculture corrézienne, constat permettant ainsi pour les «non-corréziens» d’appréhender l’agriculture du département. 234 000 hectares de SAU dont 90 % en herbe pour 5200 exploitants voici pour l’approche générale. Par contre, Romain Faron, conseiller bovins allaitants de la Chambre, a fait lors de cette présentation un focus plus inquiétant sur les productions animales énonçant le phénomène de décapitalisation «soudaine» du cheptel souche et sa répercussion directe sur les naissances et par finalité sur les produits. Constat navrant car la demande augmente, Pierre Chevalier, président de la FNB, pré-visionnant «une augmentation de l’ordre de 15 % de la demande mondiale».

L’offre et la demande…

Le congrès s’est poursuivi sur un exposé de la Chambre d’agriculture de la Haute-Vienne sur les différents signes de qualité complété par une intervention captivante de Limousin Promotion, organisme de défense et de gestion, détenteur de trois cahiers des charges label rouge en viande bovine. De pas à pas, la table ronde se mettait en place. La présentation de SVA Jean-Rosé sur la démarche «le Bœuf de Nos Régions», un exemple possible de contractualisation issue d’une réflexion de près de trente ans entre professionnels et industriels permettait pour l’occasion, d’ouvrir les débats sur la politique de filière, et en l’occurrence l’établissement de contrats entre agriculteurs et indirectement grande distribution (SVA étant une structure adossée à Intermarché).

C’est Thierry Rapin, le directeur de la FNB qui a mené les débats. Ainsi, M. Cornen de la société SVA, M. Poyer, président de la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB),

M. Delmond, président de l’ADECO, M. Chevalier, président de la FNB, M. Cladière représentant de la Fédération des Commerçants et des Distributeurs (FCD) et directeur des boucheries du groupe Carrefour et M. Servantie, président du syndicat de la boucherie de Corrèze, ont pris part aux débats.

… mais à quel prix ?

Les professionnels de la «distribution» (GMS et Bouchers) se sont rejoints à demi-mots sur les attentes des consommateurs, Jean-Paul Servantie attestant qu’il était difficile pour un boucher de répondre aux attentes de ces derniers, «ils veulent manger la même chose et aux mêmes moments», Gérard Cladière (Carrefour) reconnaissant que la multitude de labels n’était pas une bonne chose mais pas seulement, «le consommateur est perdu devant les labels mais aussi devant la dénomination des morceaux», reconnaissant qu’il y a «une de-mande un peu plus forte sur le local» mais, qu’au final «il (ndlr : le consommateur) veut manger français, mais surtout de la qualité et il a une exigence en matière de prix. Le consommateur est très sensible aux prix et à leur élasticité».

Le prix, là est le réel problème, le représentant du Groupe Carrefour a laissé entendre que «dès lors qu’il y a une augmentation de prix, il y a une baisse de consommation».

Pour Pierre Chevalier, «il faut que nous annoncions tous ensemble que la viande doit être chère, il faut que nous communiquions car nous avons beaucoup à faire sur la qualité de la viande notamment avec un schéma de maturation». «Le consommateur peut avoir le droit de manger un bon morceau de viande» lâche M. Poyer, président de la FFCB. «Marges, prix, con-sommateurs» lance Gilbert Delmond «messieurs, vous avez ga-gné, il y a longtemps que nous vous avertissons sur les conditions de l’élevage mais où sont les marges des éleveurs aujourd’hui ?».

L’éternelle loi de l’offre et la demande reprendrait-elle ses droits ? Aujourd’hui, la demande augmente et ne cesse d’augmenter mais à quel prix ? Les pays tiers, émergents, tirent les cours vers le haut, mais est-ce bien là un marché qui correspond à nos productions ? Même sur notre territoire national le prix est le facteur limitant, le consommateur «de masse» n’admettant pas de payer plus cher un produit local. Pourtant, nous devons déterminer une véritable politique de filières afin de pouvoir inscrire les exploitations dans des démarches de production en adéquation avec les attentes du marché. La société SVA Jean-Rosé a mis trente ans à mettre en place un schéma qui semble être viable. Aujourd’hui, l’élevage en général et surtout l’élevage corrézien ne pourra pas attendre trente ans.

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