L'Union Paysanne 17 février 2012 à 11h08 | Par L'Union Paysanne

Congrès FNB - Bruno Le Maire solidaire des éleveurs

Au Congrès de la Fédération nationale bovine, Bruno Le Maire a annoncé le versement anticipé du solde des primes encore dues ainsi que son intention d’alléger les contraintes environnementales et les tracasseries administratives qui pèsent sur les éleveurs.

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Le franc parler d’un ancien, Joseph Daul, venu conforter les orientations de la FNB que Xavier Beulin (FNSEA) a fait siennes.
Le franc parler d’un ancien, Joseph Daul, venu conforter les orientations de la FNB que Xavier Beulin (FNSEA) a fait siennes. - © F.D’Alteroche

«J’ai une tendresse particulière pour le monde de l’élevage», «l’élevage bo-vin est un trésor national», «vous devez avoir plus de respect et plus de considération». La campagne électorale pour l’élection présidentielle est lancée.

A Strasbourg, où s’est déroulé le Congrès de la Fédération nationale bovine, les 8 et 9 février, Bruno Le Maire n’a pas ménagé les compliments pour séduire les éleveurs. Il n’est pas venu non plus les mains vides. Le solde de la part nationale de la prime à la vache allaitante de la campagne 2011, soit 63,5 millions d’euros a été versé, début février 2012, avec un mois d’avance sur le calendrier prévu. Par ailleurs, le solde de la part communautaire de la PMTVA, soit 200 millions d’euros sera exceptionnellement payé, le 15 mars, un mois plus tôt qu’habituellement. La relance de la production prônée par la FNB et la nécessité d’améliorer la compétitivité ? Le ministre de l’Agriculture y est bien entendu favorable. Et ce d’autant plus que de nouveaux marchés s’ouvrent à l’export et que la France est en mesure de tirer profit du retrait de l’Argentine et du Brésil sur les marchés internationaux.

 

Les préfets au parloir

Mais c’est sur sa volonté d’alléger les contraintes et normes qui pèsent sur les éleveurs que le ministre a été le plus offensif. «Nous devons respecter les règles européennes, je refuse qu’on impose des règles nationales plus sévères» a-t-il déclaré sous les applaudissements. Avant d’annoncer dans les jours qui viennent la convocation des préfets de région et des services déconcentrés à Paris, en présence de la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet pour faire passer le message. «Je serai à vos côtés pour défendre le bon sens et faire valoir vos vues» a-t-il insisté. Quelques instants auparavant, Pierre Chevalier, le président de la FNB s’était insurgé les excès de la réglementation et les contrôles tatillons. «Le Gouvernement a fait un Grenelle de l’environnement, Monsieur le ministre, il aurait fallu faire un Grenelle du bon sens ! Les ayatollahs de l’environnement et les intégristes de la réglementation nous conduisent, vous et nous, dans le mur, avec la perte complète de la compétitivité et la décroissance».

Forte présence des éleveurs du Massif central.
Forte présence des éleveurs du Massif central. - © F.D’Alteroche

Ouverture sur la Pac

Solidaire des éleveurs sur l’environnement, le ministre l’est aussi sur la réforme de la Pac. Ainsi a-t-il dénoncé l’excès de verdissement préconisé par Dacian Ciolos : les 7 % de jachère écologique et les 30 % d’aides vertes… La Commission de Bruxelles ne reviendra pas sur le verdissement de la Pac, ni sur l’allègement des règles environnementales et du bien-être animal. «C’est la contrepartie du maintien du budget» a assuré Klaus Dieter Borchardt, directeur à la Direction générale de l’Agriculture. Tout en se montrant ouvert à des aménagements sur le maintien des prairies permanentes. Pierre Chevalier a fait valoir à juste titre que le strict maintien des prairies permanentes allait à l’encontre de l’autonomie fourragère des exploitations. «L’herbe sanctuarisée n’est pas compatible avec les norias de camions pour transporter le fourrage et la paille nécessaire pour l’alimentation des animaux» s’est-il insurgé. Surtout en période de sécheresse. Bruxelles n’est pas hostile non plus au maintien du couplage de la prime à la vache allaitante et serait prêt à accepter un dépassement de l’enveloppe qui y est affectée au-delà des 10 % prévu pour soutenir et développer la production de viande bovine. De quoi satisfaire les éleveurs qui voient aujourd’hui l’horizon se dégager après quatre années de crise. Les marchés exports pour lesquels la FNB s’est battue avec la création du Groupement export, tirent actuellement les prix vers le haut.

Point de vue de la délégation corrézienne

Pac : «des ouvertures »… confirmation de la politique d’export ?

 

Réforme de la PAC et évolution des marchés ont été les deux axes centraux du dernier congrès de la FNB qui s’est déroulé en Alsace le 8 et 9 février dernier. Que retenir ?

Les marchés tant dévolus à l’export que sur l’hexagone ont fait l’objet de nombreux débats.

«Oui, je veux casser le monopole de certains industriels. Je garderai le cap et je reste déterminé à engager tous les moyens pour revaloriser les prix à la production… » Ces quelques mots du ministre de l’Agriculture résument à eux seuls la volonté gouvernementale à engager tous les moyens pour «tirer» les cours de la viande bovine vers le haut. Le Gie export, la politique engagée et les moyens mis à disposition vont dans ce sens, sans oublier le marché intérieur, pour lequel le ministre entend, comme la profession, enclencher une dynamique de production. L’objectif est clairement affiché, d’abord les prix. L’export une pompe «aspirante» qui doit enclencher une dynamique de production contractualisée.

 

La contractualisation

De prime abord plus facile dans le jeune bovin, l’atomisation de l’offre en vache de réforme avec de surcroît une kyrielle d’OP freine quelque peu le redressement des cours qui, pour le syndicalisme FNSEA/FDSEA, doit intégrer la volatilité des coûts de production : «accord du 3 mai 2011 que refuse d’appliquer la grande distribution». D’où pour le ministre un rapport de force et une organisation des producteurs plus solide. En soit réinventer une concentration des mises en marché.

 

La Pac

Le budget conditionnera évidemment les orientations techniques de la nouvelle Pac. Le verdissement est la condition sine qua non (compromis avec la direction environnement) pour maintenir au maximum le budget en l’état. Pour le directeur de la DGAgri à la commission, le belge KD Brochardt, «si nous avons des objectifs communs, les moyens diffèrent». Mais d’admettre que des ouvertures sont possibles dans deux domaines.

Sur les prairies permanentes, du fait de la sécheresse que beaucoup d’entre vous ont vécu avec difficulté, de manière à renforcer l’autonomie fourragère des exploitations, la question est à retravailler. Là rien n’est figé ni définitivement exclu, notamment l’introduction de trois cultures rotationnelles.

Sur la PMTVA, «je confirme que les États auront la possibilité de recoupler au-delà de 10 % du budget. Après, les arbitrages sectoriels sont du ressort des États membres.»

Avec toujours autant de verve et de détermination, Joseph Daul, ancien président de la FNB, régional de l’étape, européen convaincu, a dressé un long plaidoyer sur la politique européenne, le contexte et les distorsions de concurrence. «Nous devons tous revenir sur des bases saines et simples. Pour retrou-ver une discipline budgétaire, un État doit se gérer comme une entreprise». Mais l’essentiel du sujet, les distorsions de concurrence entre pays restent une des priorités sur lesquelles État et profession doivent porter leurs efforts. «Les harmonisations doivent se faire sur les uniques et seules règles européennes, pas plus». Et de proscrire le «toujours plus blanc» que la France prône à tout va, cédant aux sirènes de quelques lobbies, la plupart environnementalistes. Et de conclure ces propos sur la nécessaire et indispensable solidarité, la mise en commun de tous les moyens de production. Deux maîtres mots que lui ont inspiré dans sa carrière les syndicalistes Marcel Bruel et Raymond Lacombe.

SF

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