L'Union Paysanne 21 juin 2013 à 00h00 | Par VS-FDSEA19

Congrès FNP - Le juste prix ?

Politique de montagne, compétitivité, choc de simplification, aides à l’export et aménagement du territoire, vaste programme sur lequel les participants au congrès de la FNP ont pu débattre vendredi dernier à Aurillac.

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Pierre Chezalviel président de la section porcine de la FDSEA 19 n'a pas manqué l’occasion de «glisser» deux mots au ministre sur les problématiques corréziennes.
Pierre Chezalviel président de la section porcine de la FDSEA 19 n'a pas manqué l’occasion de «glisser» deux mots au ministre sur les problématiques corréziennes. - © FDSEA19

Filière en crise cherche solutions

Le principe d’une table ronde permet de dire tout haut ce que l’on pense tout bas, et encore, quand il faut faire du politiquement correct le résultat escompté n’est pas toujours obtenu.

Pour les producteurs de porcs, ce n’est pas faute de se faire entendre : multiplication des blocages, descente dans les supermarchés, vérification de la provenance des viandes… Tous les curseurs économiques dénoncent une filière en crise. Malgré cela, la France continue de maintenir une pression réglementaire et administrative plus sévère que dans d’autres pays producteurs de porcs tels que l’Allemagne ou le Danemark. Originaire de l’ouest - et cela doit sans doute peser - Stéphane Le Foll laisse tout de même entrapercevoir une lueur d’espoir sur la question des ICPE. Pour lui, il s’agirait de passer à un régime d’enregistrement pour les élevages porcins de 450 à 2000 porcs, évitant ainsi un nombre important d’enquêtes publiques lors d’un agrandissement ou d’une installation.

Choc de simplification et harmonisation européenne

Le choc de simplification annoncé par le président Hollande serait-il applicable à l’agriculture ? Le directeur général délégué de Tradival, Jean Philip, en appelle, lors de la table ronde de la FNP, à un véritable choc de simplification notamment sur la partie industrielle, soulevant de «gros problèmes de main d’œuvre» dans les abattoirs et les ateliers de transformation : «depuis 2010 nous n’hésitons pas à faire appel à de la main d’œuvre étrangère».

À cela s’ajoute la surenchère administrative pénalisant l’exportation de viande française, alors que les pays compétitifs sur l’export introduisent leur viande de porc chez les industriels français, ce qui impacte les cours de la VPF. Ce schéma pousse la filière «France» à communiquer sur l’origine de la viande, mais en période de crise, le consommateur regarde-t-il le prix ou la provenance ?

 

Atomisation de l’offre et politique de filière

«Est-ce que la profession doit détenir les outils de transformation ?» C’est ainsi que Pierre Bihan-Poudec, président de la Sica Saint-Pol de Léon, premier groupement français de producteurs de légumes, est entré en matière dans la table ronde. Drôle de bonne idée que d’avoir invité à cette table ronde un représentant d’une autre filière. La présence de M. Bihan-Poudec - celui-ci n’ayant d’ailleurs pas fait l’unanimité lors de toutes ses interventions - a permis de soulever des interrogations et d’apporter des réflexions qui s’imposent dans le contexte actuel ; la concentration de l’offre et la stratégie commerciale en sont les plus pertinentes. Il a affirmé sa position sur le fait que «pour nous, producteurs, la plus-value doit se faire lors de la première vente».

Les premières échéances européennes approchent

Unanime quant aux compétences des producteurs français et à la nécessité d’un véritable «choc de simplification», le dialogue doit perdurer entre grands groupes et producteurs. Les intentions gouvernementales (rapport de mission du 15 avril 2013) relatives à la filière porcine française ne doivent rester sans suite. La future Pac et la détermination de la France au sujet de la capacité de couplage sera déterminante pour l’avenir de la production porcine en zone de montagne. Se voulant rassurant, le ministre s’engage à défendre l’agriculture de montagne. Face à la Commission européenne qui de-mande l’intégration de 50 % de matières premières dans l’alimentation animale pour obtenir l’appellation montagne, Stéphane Le Foll devra faire preuve de détermination. Les premiers résultats détermineront si oui ou non la France pèse dans les négociations européennes.

Redonner confiance, rassurer, apaiser, tel semble être le mot d’ordre de l’exécutif. Se fixer un objectif de production à 25 millions de porcs au travers d’exploitations modernes et performantes, dans l’idée cela fait rêver tout le monde. Mais le vide qui erre autour de la question d’un prix rémunérateur laisse perplexe.

 

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