L'Union Paysanne 05 avril 2013 à 09h44 | Par Sophie Giraud-Chatenet

Congrès FNSEA - Le Massif central toujours offensif

Une délégation du Massif central a participé au congrès de la FNSEA organisé la semaine dernière à Troyes.

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La délégation du Massif central pose devant un tracteur dernière génération, preuve que performance et innovation, sont au cœur des enjeux agricoles.
La délégation du Massif central pose devant un tracteur dernière génération, preuve que performance et innovation, sont au cœur des enjeux agricoles. - © Pamac

Les responsables professionnels du Massif central ont pris acte de la volonté de la FNSEA de se mobiliser pour faire de l’élevage «une cause nationale». «L’heure est grave, et si rien n’est fait, on assistera purement et simplement à la disparition de l’élevage», a insisté dans son intervention, Patrick Escure, président de la FNSEA Auvergne, intervenant au nom de la région Massif central. Dès la première journée du congrès, lors du huit clos, l’équipe dirigeante de la FNSEA a lancé le principe de manifestations régionales le 12 avril dans tout le pays, suivies d’une grande journée parisienne le 23 juin. Objectif : convaincre la société que l’élevage doit être érigé en «cause nationale». Tant les débats sur la compétitivité que les demandes adressées par le président de la FNSEA, Xavier Beulin, au ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll se comprenaient surtout à la lumière des grandes difficultés de l’élevage. «Un problème de reconnaissance», selon Dominique Barrau, secrétaire général de la fédération.

Un problème de prix et de soutiens pour la FRSEA Massif central. «La loi de modernisation de l’économie doit être revue pour mettre fin à la dictature de la grande distribution et permettre aux éleveurs de vendre leurs produits à leur juste prix», a expliqué Patrick Escure.

Des responsables agricoles du Limousin et d’Auvergne ont participé au 65ème congrès de la FNSEA, à Troyes.
Des responsables agricoles du Limousin et d’Auvergne ont participé au 65ème congrès de la FNSEA, à Troyes. - © Pamac

Revalorisation indispensable des ICHN

Sur la PAC, il est revenu en détail sur les propositions du Massif central : «Nous plaidons en faveur d’un rééquilibrage des aides vers les productions où le revenu est le plus faible. La convergence nationale doit, selon nous, s’appliquer sur le paiement de base. Un paiement qui doit permettre de revaloriser les premiers hectares en ciblant les fourrages et les agriculteurs à titre principal en privilégiant l’actif et en freinant ainsi l’intérêt de l’agrandissement. La PAC doit jouer un rôle de levier», a insisté le président de la FNSEA Auvergne. Et de souhaiter que «les dispositifs d’aides couplées soient utilisés au maximum pour les productions les plus fragiles». Sur le paiement écologique, là-aussi le Massif central s’est montré très explicite : «Nous souhaitons que sa valeur soit uniforme au niveau national dès la première année. Encore une fois sur ce dossier, il est indispensable que la puissance publique face preuve de pragmatisme, en prenant en compte les prairies permanentes et les légumineuses dans les surfaces d’intérêt écologique. Aussi, il nous semble indispensable d’augmenter les possibilités de retournement de prairies permanentes pour gagner en autonomie fourragère. Les exploitations herbagères doivent, à notre sens, être exonérées de la mesure de rotation». Enfin, Patrick Escure a expliqué que la stratégie globale implique aussi une augmentation « conséquente et légitime du budget ICHN (indemnités compensatoires de handicaps naturels). Les ICHN représentent actuellement 5,5% du budget de la PAC. «Nous souhaiterions que ce budget soit triplé pour atteindre 1,5 milliards d’euros par an, de manière à prendre en compte tous les élevages».

- © UP 19

Intervention de Michel Queille, SG de la FDSEA 19, au congrès de la FNSEA

 

«Monsieur le ministre, dans vos propos vous utilisez des termes tel que confiance, cohérence, emploi, redressement, investissement et vous interpellez précisément les citoyens.

Les citoyens entrepreneurs que sont les agriculteurs ont besoin de confiance, de lisibilité dans l’avenir. Ils attendent notamment de la cohérence dans les actes du gouvernement, quand on parle d’emploi et de la politique liée.

On ne sacrifie pas pour des motifs seulement comptables un plan d’investissement qui crée des emplois locaux précisément non délocalisables et qui permet des gains de productivité. Ils participent et entrent dans le plan du redressement productif que l’Etat prône et a nécessairement besoin.

J’entends par plan d’investissement un réel plan qui bénéficie au monde de l’élevage dont nous avons tous besoin. Aujourd’hui le PMBE est abondé par l’Union européenne et les régions. Nous attendons que l’Etat face jouer la solidarité nationale. Que faites-vous ? Qu’attendez-vous ?

Région pauvre nous sommes, pauvre nous resterons si aucun signe ne vient abonder les caisses de ce plan. Alors, Monsieur le ministre, nous attendons avec impatience vos décisions.»

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