L'Union Paysanne 07 octobre 2021 a 10h00 | Par La rédaction

CONGRÈS.Revitaliser et partager la ruralité

La FNSEA a présenté son "Manifeste pour des ruralités vivantes". Ce document de 16 pages, cosigné par une vingtaine d’organisations sera l’une des pierres angulaires du syndicat en vue des prochaines échéances électorales : présidentielle et législatives.

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N’assisterions-nous pas à un nouvel appel de la terre, à une nouvelle attractivité des campagnes ? En effet, le confinement lié au coronavirus a provoqué un départ précipité de certaines grandes villes, comme Paris. « 430 000 Parisiens ont fui la capitale pendant le Covid», a expliqué le sociologue Jean Viard qui intervenait à la tribune du congrès de la FNSEA. Mais les tendances semblent plus lourdes. En effet, les campagnes ont gagné plus de cinq millions d’habitants entre 1968 et 2014 et les démographes estiment qu’elles gagneront «bientôt 100 000 habitants supplémentaires par an », a ajouté Henri Bies-Péré, 2e vice-président de la FNSEA.

Modus vivendi
Cependant l’arrivée des néoruraux suscite légitimement des questionnements et des inquiétudes autant sur le partage de cet espace que sur son mode de développement et de croissance futurs. « Car la ruralité n’est pas réservée qu’aux seuls agriculteurs » et le Covid a rebattu les cartes, « remettant en cause notre rapport à la nature » et créant «une véritable rupture culturelle qui ne fait que commencer », a affirmé Jean Viard. Pour lui, un nouvel usage du territoire est en train d’émerger ne serait-ce que parce que les agriculteurs ne représentent que 440 000 exploitations au milieu de 16 millions de maisons individuelles avec jardin. « C’est pourquoi, il faut trouver un « modus vivendi avec les néo-ruraux pour fédérer les habitants et développer des projets de territoires », a indiqué Henri Bies-Péré pour qui « il n’y aura pas de relance économique en France s’il n’y en a pas dans les zones rurales »

Des ruralités
Dans ce manifeste qui n’est pas sans rappeler la charte du monde rural signée il y a 30 ans après le Dimanche des Terres de France le 29 septembre 1991 (lire encadré), la FNSEA formule dix propositions d’urgence parmi lesquelles, « faciliter l’installation et la transmission en milieu rural pour atteindre 100000 entreprises durables reprises ou nouvellement implantées dans des communes très peu denses d’ici 2030 », « faire de nos exploitations agricoles et de nos entreprises rurales les moteurs de l’atteinte de la neutralité carbone dans nos territoires» ou encore «revitaliser 10 000 centres-bourgs d’ici 2050 » et « encourager les investissements durables ». Ces propositions permettront, selon la FNSEA, de relever quatre défis : celui de l’emploi ; celui du dialogue avec tous les acteurs locaux (élus, entreprises, associations…) ; le défi climatique et enfin le vivre ensemble. Si le cadre est fixé, les réponses ne seront pas « homogènes », a conclu Jean Viard qui souligne qu’il existe « des ruralités ».

IL Y A 30 ANS : LA CHARTE POUR LE MONDE RURAL
Peu avant la tenue de la grande manifestation du Dimanche des Terres de France qui a rassemblé plus de 200 000 manifestants à Paris le 29 septembre, la FNSEA et le CNJA (Jeunes agriculteurs) avaient signé, au Sénat, une charte pour le monde rural. L'UPA (artisans), l'UNAPL (Professions libérales), l'Association des maires de France, l'Assemblée des présidents des conseils généraux, la Fédération des associations familiales rurales notamment, avaient cosigné cette charte en 12 points qui entendait lutter contre la fatalité du déclin et qui entendait faire de l’agriculture et de la ruralité « un enjeu de civilisation ». Cette charte entendait, notamment, maintenir le tissu agricole et rural par le partenariat local et régional et la concertation avec les entreprises industrielles agro-alimentaires.

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