L'Union Paysanne 22 juin 2012 à 10h46 | Par Guillaume Demichel

Contrats laitiers - Pérenniser la production locale et assurer les revenus

Les producteurs de lait signeront prochainement un contrat cadre avec la laiterie Duroux, basée à Rilhac-Xaintrie.

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La loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche de juillet 2010 promue par Bruno Le Maire, prédécesseur de Stéphane Le Foll, a rendu obligatoire la passation de contrats écrits entre producteurs et acheteurs, notamment dans le lait, une filière qui se trouvait à l'époque en situation de crise. Cette loi autorise les exploitants à se regrouper au sein d’organisations de producteurs afin de négocier des contrats avec l’aval de la filière. L'objectif principal étant d'assurer des revenus stables aux agriculteurs, surtout face à la perspective de la fin des quotas laitiers prévue en 2015.

La fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), branche spécialisée de la Fnsea, est, depuis le début, favorable à cette contractualisation et a beaucoup travaillé en ce sens. Pour Tony Cornelissen, président de la FDSEA de la Corrèze, «elle ne doit pas être présentée comme une solution miracle, car elle demande une discipline de la part des producteurs. En effet, la contractualisation, qui protège des baisses de prix, ne peux fonctionner qu’avec un apport total de la part des producteurs. C’est un changement d’habitude considérable pour les exploitants.»

 

Une garantie et une sécurité

Récemment, et à l'initiative de la FDSEA du Cantal, la laiterie fromagerie Duroux, créée en 1936 à Rilhac-Xaintrie, a signé un contrat cadre avec une association de producteurs cantaliens. La laiterie Duroux, qui collecte chaque année près de 14 millions de litres de lait auprès de 70 producteurs, signera prochainement un contrat similaire avec une organisation de producteurs corréziens. Une démarche née d’un fort consensus entre les deux parties conscientes de l’intérêt commun du processus. Parmi eux, Marie-Pierre Dabertrand, productrice de lait à Rilhac-Xaintrie. «Avant on vendait le lait à Duroux en fonction du prix du marché. Ce contrat, c'est surtout une garantie pour l'avenir. On ne sait pas ce qui arrivera après 2015 et nous ne connaissons pas non plus l'avenir de la laiterie Duroux, pour nous ce contrat est une vraie sécurité». Les termes du contrat ont été présentés à l'ensemble des exploitants concernés. Ces derniers ont jusqu'au 15 juillet pour communiquer leur décision à l'organisation de producteurs. «Nous avons créé une association des producteurs de lait Duroux. Il faut y adhérer pour pouvoir être contractualisé. Il n'y pas de raison de ne pas signer. Il n'y a pas de contraintes et nous travaillons tous ensemble. Ceux qui ne veulent pas disent qu'ils ont l'impression d'être ficelé mais la contractualisation, c'est surtout la garantie de pouvoir travailler dans les meilleures conditions».

 

Née d’un consensus entre producteurs et acheteur

Pour Jean-Pierre Brousse, président de la section laitière FDSEA – JA, ce contrat apporte enfin une réponse aux attentes des producteurs et de l’acheteur. «Pour la laiterie Duroux, c’est la garantie de pérenniser la production sur la zone. Pour les producteurs, c’est l’assurance de cinq années de revenus fixes. La contractualisation permet de clarifier ce qui se pratique sur nos élevages. Dans un premier temps, il s’agira de contrôler la gestion des prix et la manière de produire. Par la suite, cela permettra de mieux gérer le volume de production. Une bonne contractualisation est une contractualisation née d’un consensus afin de sécuriser l’offre pour les entreprises et définir une ligne de conduite pour les producteurs».

Un point de vue que partage également Christophe Garrelou, du GAEC Garrelou à Bassignac-le-Haut, futur signataire du contrat avec la laiterie Douroux. «Je ne suis installé que depuis quatre ans et il a déjà fallu surmonter une crise majeure en 2009. A l'époque, si nous avions pu négocier les prix comme cela sera possible avec ce contrat, nous aurions pu éviter les variations que nous avons connues. C'est une protection pour nous et la laiterie. Nous sommes sûr que le lait sera ramassé et que nous serons payé au prix fixé, quelles que soient les fluctuations du marché mondial».

 

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