L'Union Paysanne 26 octobre 2012 à 09h16 | Par C.Rolle

Coopération - «Aujourd’hui, c’est le meilleur système commercial existant»

Le groupe Capel a organisé une journée d’information dans le cadre de l’année internationale des coopératives.

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Les coopératives sont moteur d'emplois et de dynamisme économique.
Les coopératives sont moteur d'emplois et de dynamisme économique. - © Guillaume Demichel

L’organisation des Nations Unies a déclaré 2012, année internationale des coopératives. L’occasion de rappeler les principes fondateurs, la diversité et l’importance économiques des coopératives françaises. En collaboration avec Coop de France Limousin, le Conseil d’administration du groupe Capel a organisé une demi-journée de présentation des trois outils coopératifs Capel, Natea et Sofrelim à l’espace Derichebourg de Brive. «Depuis longtemps nous souhaitions communiquer sur les valeurs, le rôle et les missions de nos coopératives dans un monde où une économie ultralibérale nous démontre aujourd’hui ses limites», précise le chargé de mission du groupe Capel, Francis Teillard.

«Ce rendez-vous est le résultat d’une concertation de longue date entre le groupe Capel et Coop de France Limousin. C’est aussi l’occasion de montrer ce qu’est la coopération et d’ouvrir le débat sur les outils de proximité et sur le travail dans les filières pour organiser la production», ajoute le directeur de Coop de France Limousin, François Poirson. Le Limousin compte 52 coopératives et 350 CUMA. Le chiffre d’affaires sur la région est de l’ordre de 700 millions d’euros. Huit agriculteurs limousins sur dix sont adhérents d’une coopérative. Cela concerne, entre autres, 65 % des éleveurs de veaux sous la mère et 90% des producteurs de pommes. «Aujourd’hui, mutualiser les moyens de production, de transformation et de commercialisation représente plus que jamais une nécessité pour notre ferme Corrèze. Les coopératives sont des outils démocratiques attachées à nos territoires et à nos productions, elles sont moteur d’emplois et de dynamisme économique et font définitivement partie des acteurs sociaux de notre département», témoigne le président de la FDSEA, Tony Cornelissen.

 

Six enjeux majeurs

Capel, Natea, Sofrelim, trois entités qui véhiculent un seul et même message : valoriser les produits vendus dans les circuits longs, défendre et promouvoir les circuits de proximité auprès des adhérents afin de valoriser leurs productions. «La coopérative est un outil multiforme qui s’adapte en fonction des agriculteurs et de leurs organisations mais qui répond aux mêmes objectifs, à savoir mieux acheter et mieux vendre», commente l’animateur de la conférence, Pascal Goux, consultant en stratégie et gouvernance coopérative à Coop de France Rhône Alpes. Ce dernier a expliqué que l’outil coopératif et les hommes et les femmes qui le composent devront, dans les années à venir, répondre à six enjeux majeurs. «L’enjeu des relations entre la coopérative et ses associés, l’enjeu juridique, l’enjeu de la démocratie, l’enjeu de l’ancrage territorial, l’enjeu de la gouvernance et l’enjeu de la prise en compte des attentes de la société». Avant de conclure, «le système coopératif est un système efficace à réellement mettre en œuvre et à faire vivre au quotidien. Le danger qui pourrait menacer ce système serait la routine».

 

Le commerce de proximité n’est pas une planche de salut pour l’agriculture

Une efficacité non démentie par l’intervenant suivant, Olivier Dauvers, ex-rédacteur en chef de la revue Linéaires et expert en commerce et communication, «le système coopératif est actuellement le meilleur système commercial existant, notamment au travers des principales enseignes de la grande distribution». En préambule de sa démonstration, une question simple : «La consommation de proximité, rêve ou réalité ?». En effet, les outils coopératifs tendent à valoriser et mettre en avant les circuits de proximité, souvent délaissés au profit des circuits dits longs. « C’est une ambition louable et nécessaire sur nos territoires. Il faut le faire», en convient Olivier Dauvers qui évoque, néanmoins, une mise en garde d’importance en arrière plan.

«Si les proximités d’habitat et de flux restent des facteurs déterminants dans le comportement d’achat du consommateur, le prix n’en est pas point la constante immuable. Si vous oubliez le prix, le consommateur vous oublie». Au travers d’exemples et de chiffres concrets illustrant les stratégies commerciales et les comportements de consommation de ces trente dernières années, le conférencier a prouvé, en simplifiant, que « plus le prix est bas, plus on gagne d’argent». Une variable qui se retrouve dans les stratégies gagnantes de la grande distribution mais qui est plus difficilement applicable aux outils commerciaux de proximité qui n’enregistrent pas les mêmes quantités en termes de flux de consommateurs. «C’est pour cela que les commerces de proximité ne peuvent pas être une planche de salut pour l’agriculture qui se doit de composer aussi avec la grande distribution afin de retrou-ver de la compétitivité».

 

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