L'Union Paysanne 02 mars 2012 à 09h42 | Par L'Union Paysanne

Cooplim - Quatre centimes d’euro par kilo qui font la différence

La 38e assemblée générale de Cooplim (Coopérative fruitière du Limousin) s ‘est tenue à Objat le 17 février dernier, l’occasion de faire le bilan de deux années contrastées.

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"Il nous faut plus de frigos" déclare le président de Cooplim Christian Favart.
"Il nous faut plus de frigos" déclare le président de Cooplim Christian Favart. - © FDSEA 19

Pour Christian Favart, président de Cooplim, l’année 2010 fut pour le moins calamiteuse «de travailler toute une saison au milieu de pommes russetées, la tête pleine de questions, avec beaucoup de découragement».

Sur les 51 500 tonnes de Golden entreposées à Cooplim, 7 000 tonnes sont orientées vers l'industrie, 15 000 sont vendues en catégorie 2, au final 22 000 tonnes (43 % du tonnage), soit près d'une pomme sur deux, déclassées. La perte sèche pour les adhérents est estimée à deux millions d’euros.

A contrario la récolte 2011 est pour le président «belle et de qualité». Quantité et qualité sont donc au rendez-vous. «Il semble donc acquis que les capacités de stockage sont désormais insuffisantes. Les locations de frigos hors Limousin plus le transport nous coûtent cher, 11 cts/kg contre 4 cts/kg à Cooplim. Même si les surfaces baissent, elles sont largement compensées par les gains de productivité».

Justement, ces productivité et compétitivité, Cooplim les retrou-ve grâce à la rénovation de son verger. Etude à l’appui, «les vergers les plus performants sont plantés à plus de 2500 arbres à l’hectare et dégagent un chiffre d’affaires par hectare supérieur de 2000 € (voire 3000 €) par rapport aux vergers de densité inférieure. Selon une étude réalisée par le technicien de la coopérative sur les cinq dernières récoltes, le rendement hectare n’influe pas significativement sur la qualité. Mais l’âge reste le facteur le plus déterminant en termes d’acidité et de baisse du taux en sucre. D’où une demande à l’Inao du relèvement du plafond des 58 tonnes par hectare, inscrit dans le cahier des charges de l’AOP.

Si le consommateur cherche à donner un sens à sa consommation, le prix reste le facteur déterminant dans son acte d’achat. Certains deviennent ainsi adeptes du bio, d’autres des signes de qualité (IGP, labels AOP). Ces démarches vont vers une agriculture plus responsable et durable, soit pour Perlim «écologiquement intensive». Mais le concept du «beau, bon, sain et durable» trouve ses limites au sein de la veille Europe. Le marché intérieur s’effrite tous les ans, avec des circuits courts qui désorganisent les marchés de début de saison» précise le président dans son rapport d'orientation.

C’est sur les distorsions de concurrence, notamment avec l’Allemagne qui, par une main d’œuvre bon marché issue des pays de l’Est ou des nouveaux États membres, légalise le dumping social, que Christian Favart a poursuivi. Le rapport du coût de la main-d’œuvre varie de un à deux. Ainsi, dans le même con-texte, une entreprise allemande redistribuerait deux millions d’euros à ses adhérents, soit quatre centimes d’euro par kilo qui font toute la différence en termes d’investissement, de compétitivité et de fonctionnement. D’où l’inlassable demande d’harmonisation des directives européennes et leur transcription en droit français à minima.

C’est sur le dossier plan de campagne qualifié de compliqué que le président Christian Favart termine ses propos. Il renouvelle devant le représentant de l’Etat la responsabilité du gouvernement français qui n’a pas notifié aux autorités communautaires le dispositif aujourd’hui incriminé. Un appel à remboursement estimé à 4 cts d’euros par kilo qui au regard du tonnage, implique un montant exorbitant que la coopérative ne peut honorer sans remettre en cause son existence, celle des producteurs, ainsi que les emplois induits au sein même de la filière pommicole départementale.

Une 38e assemblée générale placée sous le signe de la performance au verger.
Une 38e assemblée générale placée sous le signe de la performance au verger. - © FDSEA 19


- © FDSEA 19

Intervention de Tony Cornelissen, président de la FDSEA

 

Ce dernier est revenu dans ses propos sur l'attitude de certaines personnes qui préfèrent voir disparaître les pommiers du paysage corrézien et de fait importer des pommes le plus souvent de l’hémisphère sud, produites sans les mêmes contraintes de traitement.

A contrario, il a mis l’accent sur le poids économique de Cooplim en terme d'emplois (plus de 4000 équivalents temps pleins), de richesses apportées au territoire (plus de 50 millions d'euros) et a insisté sur le rôle et l'existence même de la coopérative dans notre environnement. Il a sur ce fait renouvelé son souhait de voir en France beaucoup plus de PME exportatrices comme Perlim destinées à soutenir notre économie qui dépasserait ainsi celle de l'Allemagne.

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