L'Union Paysanne 03 avril 2015 à 08h00 | Par EM

Des signaux positifs pour relancer la production

La FNO a choisi la Corrèze pour son assemblée régionale annuelle. Le marché, la Pac, le loup et le programme Inn’ovin faisaient partie des sujets à l’ordre du jour.

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Les acteurs régionaux de la FNO se sont retrouvés à Tulle.
Les acteurs régionaux de la FNO se sont retrouvés à Tulle. - © EM

Les acteurs régionaux et nationaux de la Fédération nationale ovine (FNO) s’étaient donné rendez-vous dernièrement à Tulle pour l’assemblée régionale. Le contexte général de la production est relativement bon, avec, du côté du marché, des exportations néo-zélandaises en baisse, une forte demande en Asie et des cours en hausse.

Sur le long terme, les prix continuent d’augmenter. En France, le cours de l’agneau est bien remonté en fin d’année, situant le prix moyen pondéré en 2014 à 6,35 E/kg de carcasse, soit une augmentation de 2 % par rapport à 2013 et 3% par rapport à 2012. Le tassement des disponibilités continue de tirer les cours à la hausse, malgré une consommation des ménages peu dynamique.

La production d’agneaux lourdement déficitaire

La faiblesse des disponibilités en viande ovine, des prix au détail élevés et des consommateurs âgés font décliner cette consommation sur le long terme : les achats d’agneau chutent de 5% par rapport à 2013. La France importe pour combler le déficit entre production et consommation ; avec 106 téc en 2013, c’est d’ailleurs un des plus gros importateurs européens de viande ovine. Or le manque de viande ovine est également ressenti sur les marchés européens et mondiaux. Au Royaume-Uni, principal fournisseur européen, la hausse des disponibilités et des volumes exportés sera limitée, conséquence de la force de la livre sterling, de la consommation en berne dans les pays européens mais aussi d’importations néo-zélandaises en baisse. Côté Nouvelle-Zélande, le repli des exportations a deux causes : la réorientation des exports vers l’Asie, fortement demanderesse (229 téc en 2014 contre 195 téc en 2013), et la baisse des abattages d’agneaux agréés pour l’export (cheptel en baisse, production qui se stabilise avec des naissances en légère progression mais il est prévu une rétention des agnelles de renouvellement plus élevée).

Concernant la Pac, les derniers arbitrages ont permis aux éleveurs de conserver l’enveloppe de cent vingt-cinq millions d’euros de paiements directs. L’aide de base devrait être d’environ dix-huit euros après prélèvement des majorations. Un complément de deux euros est prévu pour les cinq cents premières brebis. Des majorations de trois euros sont réservées pour la contractualisation et de six euros pour la productivité/qualité, c’est-à-dire pour une productivité minimale de 0,8 agneau vendu ou en démarche qualité. Patrick Soury, secrétaire général adjoint de la FNO, précise que «les démarches qualité sont locomotives en terme de prix».

Sur le sujet de l’identification, une solution transitoire a été obtenue jusqu’au 31 décembre 2016, date à laquelle tous les animaux du cheptel devront être identifiés électroniquement.

Le loup en Corrèze ?

Sur la prédation, si le loup n’est pas présent en Corrèze, guère s’en faut. Sa présence aurait été remarquée dans les environs de Clermont-Ferrand, et soupçonnée dans d’autres départements limitrophes au nôtre. Ce sont actuellement - et officiellement - une quarantaine de départements qui sont touchés. Près de dix mille brebis ont été prédatées pour l’année 2014 ; le coût des dégâts occasionnés aux éleveurs s’est élevé à quinze millions d’euros. Vu l’ampleur des conséquences, un des objectifs est de faire évoluer le statut du loup pour le déclasser de la convention de Berne et de la directive Habitat.

Enfin, le programme Reconquête Ovine est achevé. Un nouveau programme, appelé Inn’ovin, vient d’être mis en place. Patrick Soury explique que «la filière a besoin d’agneaux car on n’arrive pas à développer le marché de la viande ovine française par manque de marchandises». Inn’ovin est basé sur l’augmentation de la production d’agneaux pour créer du revenu et de meilleures conditions de travail.

Le programme est basé sur quatre axes : l’installation et le renouvellement des générations avec un constat : 80% des éleveurs doivent être renouvelés. La technicité ou la manière de produire plus d’agneaux en maîtrisant les coûts et les techniques innovantes. Le social/salariat : beaucoup d’interventions sont nécessaires mais les éleveurs font peu appel à de la main d’œuvre. Le travail en groupe (par exemple en groupement d’employeurs) est au cœur de la réflexion. L’élevage ovin peut être source d’emplois. Enfin sera développé un axe environnemental.

Le coup d’envoi de ce programme a été donné au Salon de l’agriculture par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, René Souchon pour l’Assemblée des régions de France, Guy Vasseur pour l’APCA et Franck Dieny, secrétaire général de la Fédération nationale ovine. Si l’initiative est nationale, le dispositif va être géré en région via des comités régionaux.

«Pagaille administrative et cacophonie», selon la FNO

Aides ovines, ICHN, admissibilité des surfaces, verdissement, la Fédération nationale ovine (FNO) dénonce une certaine «pagaille administrative» concernant ces questions. «Transmission tardive des informations, remise en cause de certains systèmes d’élevage, manque de communication entre services administratifs et auprès du monde agricole, absence de règles claires... la liste des réclamations est longue !», estime un communiqué de presse du 23 mars de la FNO. «De stupéfaction en désappointement, la mise en œuvre des modalités de la nouvelle Pac 2015-2020 met à mal les nerfs et le moral des moutonniers français !». Dans ce sens, la FNO demande «à l’administration de s’engager sur des dates de paiements des aides. La complexité administrative et les remises en cause perpétuelles, entourant la mise en place de cette nouvelle Pac mettant déjà à mal son application, des retards de paiements, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, rendraient la situation intenable pour l’ensemble des éleveurs ovins français. Enfin, nous demandons à l’administration un réel effort d’accompagnement des éleveurs dans leur déclaration 2015 et de la souplesse lors des contrôles», conclut le communiqué.

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