L'Union Paysanne 03 février 2021 a 11h00 | Par La rédaction

DÉVELOPPEMENT. « En Corrèze, la transition environnementale est effective. Passons à la transition économique et sociale ».

Alors que la région repense son programme de développement rural pour la période 2021-2023, elle a répondu à l'invitation de la profession corrézienne. L'objectif : que les spécificités et les enjeux de notre agriculture soient pris en compte.

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La délégation du Conseil régional sur le terrain à Bar, accompagnée des responsables professionnels corréziens.
La délégation du Conseil régional sur le terrain à Bar, accompagnée des responsables professionnels corréziens. - © DR

Une délégation du Conseil régional Nouvelle Aquitaine, composée de Jean- Pierre Raynaud, vice-président en charge de l'agriculture, Charlotte Nommé, directrice du service agricole et Thierry Coutant son adjoint, a été reçue en Corrèze à l'invitation de la Chambre d'agriculture.

L'exploitation du Gaec Soleil à Bar a servi de cadre à cette rencontre. Sabine et Frédéric y conduisent un troupeau de 100 vaches limousines avec production de broutards et de veaux sous la mère. « Cette exploitation, assez représentative de la ferme corrézienne moyenne, est contrainte de s'extensifier pour faire face aux aléas climatiques. Ce phénomène touche le département
tout entier et entraine un appauvrissement économique global. Si nous voulons enrayer la chute du nombre d'agriculteurs, nous devons proposer autre chose à nos jeunes que des systèmes lourds en capital, dégageant peu de valeur ajoutée et nécessitant une charge de travail élevée » explique Tony Cornelissen, président de la Chambre d'agriculture.

La spécialisation du département en système broutards extensif montre donc ses limites et la Corrèze ne cesse de perdre de la production et des actifs agricoles. Revenir à des systèmes allaitants porteurs de valeur ajoutée ; techniquement, économiquement et agronomiquement plus
performants ; potentiellement complétés par un atelier horssol ou une diversification végétale
sécurisés dans le cadre d'une filière organisée. Telle est l'ambition du plan de mutation porté par la Chambre d'agriculture qui fut présenté au Conseil régional.

La Haute Valeur Environnementale corrézienne
Les professionnels n'ont pas caché leur scepticisme face à la volonté générale de labeliser un maximum d'exploitations en HVE. Daniel Couderc craint « une paperasserie supplémentaire et un risque de limiter les capacités de développement des exploitations à l'avenir, le tout pour un retour financier zéro, sinon une simple condition d'accès au marché ou aux aides». Pour Tony Cornelissen, « la transition environnementale est déjà effective en Corrèze. Il faut trouver un système qui reconnaisse le fait que les nos agriculteurs ont déjà préservé leur environnement. Ce dont nous avons besoin, c'est plutôt une transition économique et sociale ». De la parole de la délégation, la Région ne conditionnera pas pour l'instant l'accès aux aides à la labélisation HVE mais comprend mal cette réticence.

Souhaitant anticiper cette tendance, la Chambre d'agriculture prépare une proposition d'accompagnement à la labélisation la plus simple possible qui permettra aux agriculteurs de bénéficier du crédit d'impôt de 2500 EUR.

Modernisation des exploitations
Un plan de modernisation ambitieux pour l'élevage devrait voir le jour d'ici la fin du 1er trimestre 2021. Le Conseil régional est favorable à englo- DR ber les fonds nationaux du plan de relance avec les fonds régionaux et européens afin de créer une porte d'entrée unique pour les éleveurs ayant un projet de modernisation ou d'amélioration de la biosécurité et du bien-être animal.
Les seuils d'investissement et les taux sont en cours de discussion et devraient être plus attractifs que pour les programmes précédents. Yannick Breuil, président des JA 19, n'a pas manqué de rappeler la nécessité d'une bonification
pour les JA, non acquise pour l'heure.

Des évolutions pourla DJA
La délégation du Conseil régional a, en outre, laissé entendre qu'elle réfléchissait à
une modification profonde du dispositif DJA. Outre l'aide à la trésorerie classique, la DJA pourrait prévoir dès le départ les aides à l'investissement planifiables sur les premières années. Selon le Conseil régional, cette évolution, encore à l'étude, permettrait de sécuriser les sources de financement pour les jeunes en ne les rendant pas tributaires des appels à projets, de simplifier le dispositif et de rendre éligibles les coûts de reprise d'une exploitation (matériel d'occasion, bâtiments, capital social...). A suivre.

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