L'Union Paysanne 01 novembre 2013 à 08h00 | Par AA

Écotaxe - Le Gouvernement recule

Face à la mobilisation, le Gouvernement a suspendu l’application de l’écotaxe sur tout le territoire français.

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Le Premier ministre a annoncé la suspension de l’écotaxe sur tout le territoire. «Suspension mais pas suppression», a-t-il nuancé.
Le Premier ministre a annoncé la suspension de l’écotaxe sur tout le territoire. «Suspension mais pas suppression», a-t-il nuancé. - © La vendée agricole

Depuis quelques semaines déjà la tension est montée du côté des opposants à l’écotaxe. Jean-Marc Ayrault a annoncé sa suspension le 29 octobre. Les réactions ne se sont pas faites attendre. Au-delà des agriculteurs, l’écotaxe suscite beaucoup de rejet dans un climat national où la pression fiscale est désapprouvée par la population. Le Premier ministre a annoncé la suspension de l’écotaxe sur tout le territoire. «Suspension mais pas suppression», a-t-il nuancé. Pour mettre en œuvre cette taxe poids lourds, Jean- Marc Ayrault souhaite «un dialogue sincère aux niveaux national et régional». «Ce dialogue aura pour objectif d’améliorer les dispositions propres à la filière agricole et agroalimentaire», a-t- il explicité. Aucune précision n’a été apportée quant à la durée de la suspension de cette écotaxe mais le Premier ministre a spécifié que la taxe poids lourds doit «être corrigée» car elle reste «utile aux financements des infrastructures de transports, routières ou ferroviaires.»

 

«DIS-CU-TER»

«L’impératif, c’est de dis-cu-ter», a martelé Guillaume Garot, le ministre délégué à l’Agroalimentaire en écho aux propos du Premier ministre. Stéphane Le Foll, qui n’était pas prompt à répondre aux médias à la sortie de la réunion, a tout de même ajouté qu’ «un geste avait été fait». Dé-sormais, c’est à «chacun de prendre ses responsabilités». Pour lui, cette décision «doit permettre de débloquer la situation», mais celle-ci engendrera «un coût de 800 millions d’euros.». A propos de la situation économique, Jean-Marc Ayrault a tenu à rappeler que «l’écotaxe n’est pas la cause de l’agroalimentaire et de sa crise», car elle n’est pas encore entrée en vigueur. Le Premier ministre en appelle désormais à tous les responsables politiques, économiques et sociaux à venir discuter de l’écotaxe, du plan agroalimentaire et du pacte d’avenir. Les préfets de région et les ministres concernés seront mobilisés «dès demain». «La confrontation doit céder la place au dialogue, et je le dis dans l’intérêt de la Bretagne et du pays tout entier», a répondu Jean-Marc Ayrault.

De son côté, la FNSEA s’engage à participer au dialogue proposé par le Premier ministre mais «refuse et refusera toujours une application qui fragilise l’agriculture et l’agroalimentaire et pénalise les territoires ruraux ». Le syndicat majoritaire n’est pas «contre le principe mais contre l’application de l’écotaxe telle qu’elle était définie jusqu’à présent».

FDSEA et JA se sont entourés des «poids lourds» de l’agro-alimentaire corrézien pour porter leur revendications contre l'Ecotaxe. Ici à droite, Jean-Jacques Dumas représentait l'Union Régional des Fabricants d’'Aliments Composés Auvergne-Limousin.
FDSEA et JA se sont entourés des «poids lourds» de l’agro-alimentaire corrézien pour porter leur revendications contre l'Ecotaxe. Ici à droite, Jean-Jacques Dumas représentait l'Union Régional des Fabricants d’'Aliments Composés Auvergne-Limousin. - © Union Paysanne

C’est uni que la FDSEA, les JA et les acteurs de l’agroalimentaire corréziens, se sont présentés à la Préfecture mercredi dernier pour porter les revendications contre l’application de l’écotaxe. Si certaines structures présentes, demandent l’annulation pure et simple de cette taxe, la FDSEA a défendu un ajournement.

Sans rentrer dans les détails, les représentants des coopératives et des sociétés d’abattage accompagnant la FDSEA et les JA ont annoncé plus de 500 000 € de pertes cumulées. Depuis, l’OTRE, organisation professionnelle patronale représentant les TPE et PME du transport routier, a apporté son soutien à cette «alliance» initiée par la FDSEA et le gouvernement a levé cette taxe. «Nous regrouperons les informations données par chacun des participants pour s’en servir au moment venu» confie Michel Queille, le secrétaire général de la FDSEA en charge du dossier. De son côté la Préfecture pourra à son tour se servir de ces informations pour les «faire remonter», au préfet de région comme l’a demandé le Premier Ministre.

VS

 

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