L'Union Paysanne 21 juillet 2021 a 10h00 | Par La rédaction

Edito. « Ayons le courage de dire que certaines exigences commerciales et réglementaires ne sont pas compatibles avec la production »

Christophe Dos Santos, responsable arboriculture à la FDSEA 19

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- © dr

Dès les premiers signes de l’infestation de pucerons cendrés sur les vergers, les FDSEA de Corrèze et de Dordogne notamment ont alerté les pouvoirs publics. Si le ministère déclare avoir pris la mesure de la situation, il n’a apporté aucune solution immédiate et efficace à ce jour. Malgré les efforts des arboriculteurs corréziens, le plan de lutte à partir de produits alternatifs se solde par un triple échec :

• Sur le plan technico-économique d’abord, la lutte alternative s’est avérée largement inefficace. Certains vergers ont été complétement anéantis tandis que les surcouts de traitement dépassent la somme de 1000 € / ha, auxquels il faut ajouter, dans certains cas, au moins 1500 € de surcoût de main d’oeuvre pour l’éclaircissage. Et tout cela pour tenter de sauver quelques fruits restants.

• Sur le plan de l’image ensuite. Circuler sans cesse, de jour comme de nuit, avec le pulvérisateur, n’a fait que renforcer la méfiance de nos concitoyens et voisins. Nous avons pu expliquer de quoi il relevait à ceux qui sont venus à notre rencontre. Mais les autres ?

• Sur le plan écologique enfin. Ces opérations ont réclamé quantités d’eau et de gasoil qui rendent le bilan environnemental plus que douteux.

Nous devons avoir le courage de dire que certaines exigences commerciales et réglementaires ne sont tout simplement pas compatibles avec la production.

Le problème ne se milite pas au verger corrézien. Aujourd’hui, c’est toute l’arboriculture française qui est menacée si nous ne changeons pas radicalement d’approche, au niveau des pouvoirs publics mais aussi au sein de la filière.

Nous restons attachés à l’esprit du contrat de solutions portée par la FNSEA. Réduire l’utilisation et l’impact des produits phytosanitaires : Oui ; si nous avons une solution alternative concrète, efficace et économiquement viable. Les restrictions franco-françaises qui nous sont imposées constituent une impasse. A force de mieux-disant écologique, la France qui veut devenir championne du bio finira par être championne de l’importation.

Nos pensées doivent être dirigées vers nos jeunes qui ont fait le choix courageux de l’arboriculture. Pas de récolte l’an dernier du fait de l’alternance, pas de récolte cette année du fait des pucerons…et pour l’an prochain, le plan pollinisateur qui nous réserve sans doute bien des mauvaises surprises.

Afin de redonner des perspectives à la filière, nous demandons au gouvernement de travailler en intelligence avec la profession pour que de nouvelles homologations soient possibles dès l’an prochain, dans l’attente de solutions alternatives réellement efficaces et viables.

En Corrèze comme ailleurs, la survie de nombreuses exploitations familiales est en sursis.

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