L'Union Paysanne 22 septembre 2010 à 09h48 | Par Sophie Giraud

Elevage - La balle est dans le camp des pouvoirs publics

Pour sortir de l’ornière dans laquelle ils sont plongés depuis quatre ans, les éleveurs de viande bovine réclame une hausse des prix de 60 centimes d’euros.

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Dans tout le Massif central, les éleveurs ont conduit des actions, ici dans un supermarché cantalien. Et ce n’est pas finit.
Dans tout le Massif central, les éleveurs ont conduit des actions, ici dans un supermarché cantalien. Et ce n’est pas finit. - © DR

«Rien de concret». Le constat est d'autant plus amer, que le champ des possibles existe pourtant, selon Patrick Bénézit, président de la section régionale bovine du Massif central. Selon lui, les récents propos du ministre de l'agriculture ont enfoncé un peu plus le gouvernement français dans l'inaction face à des éleveurs plus que dans le rouge.
«Nous accumulons quatre an-nées de revenus très bas, nous ne pouvons plus décemment se con-tenter de discours qui plus est, qui nous parle seulement d'audit !», estime Patrick Bénézit. Le temps n'est plus à la mise en place d'hypothétiques groupes de travail, pour les éleveurs, la sortie du tunnel passe avant tout par une hausse de 60 centimes d'euros du kilo de viande. «Ce que nous demandons au ministre c'est de mettre la pression auprès des abatteurs et des distributeurs pour parvenir à une hausse des prix. Hausse légitime au regard de l'état réel du marché, avec une demande qui se maintient voire qui augmente, et une production nationale qui baisse».

Débloquer le marché de l'export

Plutôt que d'envisager des audits, «le ministre serait plus inspiré de faire respecter la loi par les services des fraudes, en traquant la viande ne respectant pas les normes européennes dans les linéaires des magasins». Depuis quinze jours, des éleveurs se chargent en tout cas de «faire le boulot». Aux quatre coins du Massif central, ils se mobilisent pour alerter sur leur situation et exiger de l'Etat, une hausse du prix de la viande, une année blanche avec report en fin de tableau, mais aussi l'aboutissement des négociations sur le marché de l'export.
Depuis six mois, en effet, la Russie, les pays du Maghreb et le Liban sont demandeurs, mais faute d'une diplomatie commerciale efficace, le commerce avec ces marchés n'a pas abouti. «Il serait grand temps que cette situation évolue rapidement», conclu Patrick Bénézit, qui ne cache pas, que faute de résultats concrets, les actions risquent de se durcir.

 

 

Au fil des actions

Depuis le début du mois de septembre, à l'appel du mot d'ordre lancé par la FNB, les sections bovines se sont mobilisées dans les départements. Ainsi la section bovine de la FNSEA 03 a mené une opération de stickage dans les GMS, des éleveurs de la FDSEA se sont aussi rendus dans un supermarché. Dans le Puy-de-Dôme, les éleveurs ont communiqué auprès du grand public en remettant à la Banque alimentaire, 70 kg de viande bovine en «contrepartie» des 70 kg de viande brésilienne brûlées au printemps dernier, des opérations de stickage en GMS ont été également menées. La FDSEA de l'Aveyron a effectué des visites dans des magasins de Rodez et Millau. Dans le Cher, les éleveurs ont sorti de la viande d'importation de Métro pour la déposer devant la préfecture. Une centaine d'éleveurs de la FDSEA et des JA du Cantal ont stické lundi dernier des autocollants «2,90 € payé aux producteurs» et distribué des tracts FNB dans deux supermarchés d'Aurillac. Le département de l'Indre s'est mobilisé, mercredi dernier pour sticker de la viande d'importation. Des actions similaires ont été conduites en Limousin. Les éleveurs ont mené une action à la cotation «gros bovins», lundi dernier, à Limoges.

 

 

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