L'Union Paysanne 24 février 2021 a 11h00 | Par Lucie Grolleau Frécon

ÉLEVAGE.Préparer sanitairement les broutards à la phase d’engraissement

Limiter l’utilisation d’antibiotiques, renforcer les performances dans les ateliers d’engraissement et sécuriser économiquement la préparation des broutards par les naisseurs, tels sont les objectifs visés par l’interprofession du bétail et des viandes à travers son cahier des charges sur la préparation sanitaire des broutards.

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La vaccination des broutards chez l’éleveur naisseur permet de prévenir les maladies respiratoires et limite l’utilisation d’antibiotiques dans les ateliers d’engraissement.
La vaccination des broutards chez l’éleveur naisseur permet de prévenir les maladies respiratoires et limite l’utilisation d’antibiotiques dans les ateliers d’engraissement. - © DR

Les jeunes bovins sont particulièrement sensibles aux troubles respiratoires en début d’engraissement, causés par le stress pouvant être provoqué lors du transport et la mise en contact avec des animaux d’autres élevages. Et les maladies respiratoires ont un impact non négligeable sur les performances des animaux en engraissement, et donc une répercussion économique. Ainsi, Interbev a mis en place et lancé ce début d’année un cahier des charges sur la préparation sanitaire des broutards pour les bovins mâles et femelles allaitants vendus en vif et destinés à l’engraissement. Cette démarche s’inscrit également dans le cadre des plans de filière élaborés suite aux Etats généraux de l’alimentation et dans le plan Ecoantibio 2 du gouvernement.

L’association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes, s’étant fixé comme objectif
de lutter contre l’antibiorésistance en limitant l’usage des antibiotiques en élevages, a travaillé sur le cahier des charges « préparation sanitaire des broutards » pour favoriser le développement de pratiques vaccinales. Pour Interbev, ce cahier des charges «offre aux opérateurs de la filière bovine qui choisissent de s’y engager un cadre interprofessionnel garantissant un niveau supérieur de préparation sanitaire des bovins destinés à l’engraissement et contribue ainsi à l’amélioration continue de la qualité des broutards français. Il s’agit bien d’une démarche « gagnant-gagnant » : ce nouveau cadre interprofessionnel garantit à l’engraisseur une préparation de qualité pour améliorer les performances en début d’engraissement naisseur par le paiement d’un coût de préparation pour les broutards commandés.

La vaccination des broutards chez l’éleveur naisseur, telle que définie par le cahier des charges interprofessionnel, permet de prévenir les maladies respiratoires (moins de 5% d’animaux observés malades suite à la vaccination) et limite l’utilisation d’antibiotiques dans les ateliers d’engraissement en garantissant une couverture vaccinale depuis la sortie de l’élevage naisseur et durant au moins quatre semaines en atelier d’engraissement,
correspondant à la ont tendance à se développer.

Pour Interbev, cette démarche sanitaire préventive engraissement et offre un gage de qualité pour le broutard français. Plus précisément, ce cahier des charges garantit la vaccination du broutard contre les trois principaux agents infectieux respiratoires rencontrés en engraissement : le Virus respiratoire syncytial bovin(VRSB) ; le virus Para influenza de type 3 (Pi3) ; la bactérie Mannheimia haemolytica.

Les maladies respiratoires ont un impact non négligeable sur
les performances des animaux en engraissement, et donc
une répercussion économique.
Les maladies respiratoires ont un impact non négligeable sur les performances des animaux en engraissement, et donc une répercussion économique. - © DR

Schémas de vaccination
Deux schémas de vaccination sont possibles :

- une vaccination précoce pour protéger l’animal dès son plus jeune âge, mais aussi en vue de sa vente : protocole de vaccination complet réalisé dès son jeune âge (avant 4 mois) ; rappel entre 1 mois et 15 jours avant la vente pour l’engraissement assurant une immunité induite pendant au moins quatre semaines en atelier d’engraissement ;

- une vaccination tardive pour protéger l’animal en vue de sa vente : protocole de vaccination complet terminé entre 1 mois et 15 jours avant le départ en engraissement pour assurer une immunité induite pendant quatre semaines.

Traçabilité assurée
Dans les faits, la démarche initiée par Interbev repose sur un « porteur de démarche », c’est-àdire une Organisation de producteurs (OP), une association d’OP, un négociant, un marché, en fait une structure qui organise la commercialisation des broutards en France ou à l’export. C’est au porteur de démarche de formaliser la commande de broutards préparés auprès du naisseur par un bon de commande.

Le cahier des charges vise à garantir la traçabilité jusqu’à l’engraisseur. Ainsi, il impose un cadre technique strict au naisseur, qui doit fournir au porteur de démarche auprès duquel il est engagé « les informations nécessaires à l’établissement d’une attestation de conformité comportant la liste des animaux vaccinés, indique Interbev. Cette attestation, signée par le porteur de démarche, accompagnera les bovins afin d’assurer leur traçabilité et justifier de leur bonne préparation. »

De son côté, « l’engraisseur doit s’engager sur une commande de bovins préparés auprès du porteur de démarche et sur le paiement du coût de préparation de la commande. » L’interprofession précise également que «pour garantir la bonne réalisation de la vaccination, le cahier des charges « préparation sanitaire des broutards » prévoit un contrôle interne (l’éleveur sera contrôlé tous les ans par le porteur de démarche) et un contrôle externe (le porteur
de démarche sera également contrôlé tous les ans par un organisme tiers).

Retour économique à l’éleveur
En plus de la traçabilité, ce cahier des charges a pour objectif un retour économique au naisseur. Le coût de préparation facturé au premier acheteur doit être présenté sur une ligne de facturation spécifique, dont la présence est contrôlée par l’organisme tiers. Interbev précise que « le coût de préparation doit comprendre le prix de deux injections vaccinales, le temps nécessaire aux opérations de vaccination (regroupement des animaux, contention, injections…), le temps consacré à la visite annuelle de contrôle interne, les coûts administratifs liés à l’établissement et au regroupement des éléments de traçabilité (tenue à jour du cahier sanitaire d’élevage, conservation des ordonnances et factures de vaccins, etc.) ». De plus, « lors de la détermination du coût de préparation, les parties pourront s’appuyer sur un indicateur
spécifique publié par Interbev et mis à jour chaque année ».

Pour plus d’informations : https:// www.interbev.fr/ressource/preparation- sanitaire-des-broutards/

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