L'Union Paysanne 01 novembre 2013 à 08h00 | Par Propos recueillis par Richard Zizert

Entretien - La FDSEA entre satisfaction et vigilance

Suite à l’annonce du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, concernant la suspension temporaire de l’écotaxe, Michel Queille, secrétaire général de la Fdsea Corrèze réagit et livre son sentiment suite à cette décision.

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- © Union Paysanne

Jean-Marc Ayrault a annoncé ce mardi 29 octobre 2013 la suspension au niveau national de l’écotaxe qui devait entrer en vigueur en janvier 2014. Quelle est votre sentiment face à cette décision ?

Michel Queille : La décision qui a été prise, celle d’ajourner la mise en œuvre de l’écotaxe au 1er janvier 2014, est une décision à l’heure d’aujourd’hui satisfaisante. Il s’agissait de la position de la Fnsea, soutenue par l’ensemble des Fdsea dont la Corrèze faisait partie. Les médias ont peut-être focalisé leur attention sur la Bretagne, mais c’était une revendication nationale avant tout. Au final, c’est une mesure qui nous convient mais il faut rester vigilant.

 

En quoi l’ajournement temporaire de l’entrée en vigueur de cette taxe est-il primordial pour les secteurs agricoles et agroalimentaires ?

L’écotaxe représentait la goutte d’eau de trop pour notre profession, et surtout nos entreprises alimentaires. Ce sont les agriculteurs et ces entreprises qui en auraient payé les conséquences. Elle est un véritable handicap de productivité pour la France. Même si l’écotaxe est déjà en vigueur dans certains pays européens comme l’Allemagne, il ne faut pas oublier que ces pays ont déjà recours à de la main-d’œuvre étrangère à moindres coûts, ce qui leur confère un avantage supplémentaire.

Par conséquent, la mise en place de cette taxe aurait représenté une distorsion de concurrence vis-à-vis d’un pays comme la France où plus de 10 % de la population travaille dans les secteurs agricoles et agroalimentaires.

 

Selon vous, pourquoi le gouvernement fait-il aujourd’hui marche arrière en repoussant l’écotaxe à une date ultérieure ?

Selon l’Éétat, nos revendications étaient la conséquence d’un modèle de production inadapté. Cependant, c’est sur ce point qu’il se trompait, nous avons en France un modèle de production de qualité mais qui est handicapé par des cahiers des charges trop lourds. C’est à cause de cela que nous avons de réels problèmes de compétitivité. Nous devons désormais profiter de ce temps supplémentaire qui nous a été accordé pour faire valoir nos directives.

 

Quel est donc votre message et vos directives à présent ?

Restons attentifs et vigilants : l’écotaxe est suspendue temporairement seulement. Le combat continue. Le gouvernement doit prendre conscience du problème de compétitivité et de productivité de notre profession. Il faut qu’il le reconnaisse. Dans cette démarche, il est essentiel de faire exonérer de cette taxe tous les produits agricoles pour que ni les agriculteurs, ni les entreprises agroalimentaires n’en payent les pots cassés. On en a déjà demandé assez à notre profession, il est temps de dire «stop».

Quel est votre regard sur les débordements qui se sont déroulés en Bretagne ?

Nous sommes, avant tout, un syndicalisme de solutions et de revendications. Donc forcément, sur la forme, il est regrettable qu’une manifestation cède à la violence. Cependant, je peux comprendre l’exaspération de la profession. Nous devons défendre et bâtir un projet national commun et mettre en œuvre des actions stratégiques et raisonnées.

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