L'Union Paysanne 22 avril 2011 à 10h23 | Par P. Dumont

Etude - L’alimentation du cheval, des pistes pour réduire les coûts

Le réseau équin Limousin a récemment dévoilé les résultats de deux années d’étude technico-économique de la filière. Il s’est également intéressé à la question des charges et en particulier à l’alimentation.

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A l’exposé des résultats de l’étude menée par le réseau équin Limousin, des écarts importants sont observés entre les différentes exploitations en termes de résultats économiques. Le volume des charges opérationnelles et leur maîtrise peuvent expliquer ces différences, au moins en partie. Partant de cette constatation, le réseau équin s’est penché sur les pratiques alimentaires des structures pour dégager des pistes d’amélioration possible. Le fonctionnement de la ferme équestre du Mialaret en Corrèze, exemple de système aux coûts d’alimentation maîtrisés, a été présenté. D’abord consacrée à la production bovins viande dans le milieu des années 70, la ferme s’est progressivement diversifiée. Au milieu des années 80, le propriétaire acquiert ses premiers chevaux (arabe barbe), créé un gîte, des chambres d’hôtes, construit un manège. En 2011, la ferme du Mialaret est une EARL, possède 40 chevaux, 8 poulinières, 4 étalons et 20 poulains de 0 à 3 ans soit 40 UGB (23 UGB chevaux de selle et 17 UGB poneys) sur 75ha. Outre l’élevage, la ferme propose des activités de séjours équestres, randonnée, enseignement (70 licenciés). Au niveau alimentaire, les chevaux consomment annuellement 10 t d’orge, 3 t de triticale (produites sur l’exploitation), 93 t de foin (dont 80t produites sur l’exploitation). L’orge est achetée à l’extérieur de même que le complément minéral vitaminé (1 t). Les coûts sont respectivement de 41 €/UGB pour les concentrés achetés et 114 €/UGB pour les fourrages achetés. Le rationnement est établi en fonction des animaux, séparés en lots. Les chevaux en boxes (étalons, poulains, débourrage) sont nourris matin (4,5 kg de foin), midi (4 litres de céréales, mi-orge, mi-triticale) et soir (4,5 kg de foin). Ceux à l’extérieur pâturent l’été et ont du foin à volonté l’hiver. Les chevaux de 3 à 5 ans reçoivent en outre un concentré en complément. La ferme du Mialaret pratique le pâturage tournant avec cinq parcelles de 10 ha à raison d’une semaine par parcelle. Le système s’avère économe et permet de limiter le recours à des achats extérieurs.

Le réseau équin Limousin a complété l’exemple présenté par des réflexions plus générales sur l’alimentation des chevaux. Herbivore monogastrique, le cheval peut s’adapter à des rations grossières (herbe, foin, ensilage à forte proportion de cellulose) ou à des rations concentrées (grains, aliments à forte proportion en amidon) à condition de respecter des phases de transition. Le choix de l’alimentation doit être fait en fonction de l’utilisation qui est faite de l’animal : loisir, compétition amateur, pro. L’alimentation doit couvrir les besoins d’entretien de l’animal et ses besoins de production (gestation, lactation,…). La constitution des rations est faite également selon les conditions d’utilisation, la valeur alimentaire et le prix des aliments. Plus les besoins seront faibles, plus la part de fourrage dans la ration pourra être importante. Fourrages, concentrés et céréales ne présentent pas les mêmes valeurs alimentaires en terme d’unités fourragères et de matière azotée digestibles cheval et doivent donc être choisis en toute connaissance de cause.

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