L'Union Paysanne 28 août 2015 à 08h00 | Par Véronique Batch, Richard Zizert

Faire appel à une préférence nationale

La restauration collective a fait l’objet d’une conférence-débat, à l’initiative de la Fdsea de la Corrèze. Le constat est parti de la présence d’une forte proportion de produits d’importation en restauration collective.

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Daniel Couderc a ouvert la séance et rappelé les priorités de la Fdsea.
Daniel Couderc a ouvert la séance et rappelé les priorités de la Fdsea. - © UP 19

Le président de la Fdsea Corrèze, dans son discours d’ouverture, a rappelé les enjeux du colloque. «Ce colloque est organisé dans la continuité de l’actualité économique agricole de ces derniers mois. Nous sommes au bout d’un système, dont les multiples normes pèsent sur la rentabilité».

Daniel Couderc a tenu à remercier tous les organisateurs du colloque : le Conseil départemental de la Corrèze, l’Association des Maires de la Corrèze et la Chambre d’Agriculture.

 

Deux plats français sur trois

Les revendications portent sur quatre principales problématiques, la nécessité d’un prix rémunérateur, quitte à contractualiser avec les transformateurs et les distributeurs, le besoin de saisir les opportunités à l’exportation, le besoin d’harmonisation des normes européennes, et enfin le besoin de privilégier le patriotisme national.

Daniel Couderc a ensuite abordé la restauration hors foyer, dont le poids se chiffre à 6 milliards de repas par an en France, dont 40 à 80 % de produits importés. Il a rappelé que la part des dépenses en nourriture par foyer est actuellement de 10 %, contre plus de 30 % dans les années 60/70.

«Dans la restauration collective, des conventions sont déjà mises en place pour un repas par semaine d’origine française, mais le but à atteindre est de deux plats sur trois. Il n’est pas question de réinventer des structures, il faut s’appuyer sur celles existantes, avec des actes et des engagements forts» constate-t-il.

Pascal Coste, président du Conseil départemental, est également intervenu pour annoncer qu’il comptait «envoyer le jour même un courrier à l’ensemble des directeurs de collèges, EPHAD, gestionnaires de restaurants collectifs… les informant qu’il y aurait un suivi mensuel des commandes au dispositif Agrilocal 19, avec publications des structures participantes afin de responsabiliser ceux qui «ne jouent pas le jeu»».

Dernière intervention de Bruno Delsol en tant que préfet de la Corrèze.
Dernière intervention de Bruno Delsol en tant que préfet de la Corrèze. - © UP 19

Trop de produits d’importation

Suite à ces deux discours, Richard Zizert, animateur à la Fdsea, a rappelé les enjeux du marché de la restauration collective et son potentiel. Car ce marché souffre encore de trop nombreux produits d’importations. En restauration collective, 75% de la viande bovine servie est étrangère, provenant essentiellement de l’Union européenne. C’est encore pire pour le poulet dont la viande serait importée à hauteur de 87% (Source Institut de L’Élevage). Enfin, selon une étude du comité interprofessionnel des fruits et légumes, près de 75% des représentants de restauration collective et collectivités n’accordent pas d’importance à l’origine géographique des fruits et légumes.

Tony Cornelissen, président de la Chambre d’agriculture, est intervenu pour dire que «la Chambre d’agriculture s’engage pour que parents et restauration hors foyer connaissent l’origine des produits. Nous nous engageons sur les circuits courts». Une centaine de communes est en cours de contractualisation entre collectivités et producteurs.

Puis Sophie Dessus, députée de la Corrèze, a signalé à l’assemblée présente qu’une nouvelle ordonnance relative aux marchés publics avait été votée le 23 juillet dernier en Conseil des ministres, portée par Emmanuel Macron. Rattachée à l’article 42, elle a pour but de réduire les textes de 40 % afin de simplifier l’accès aux marchés. Elle serait effective fin 2015. Sophie Dessus a également rappelé qu’elle était à la disposition de tous pour faire remonter les besoins dans la commission simplification dont elle fait partie à l’Assemblée nationale.

Lors du débat, Michel Queille, secrétaire général de la Fdsea, a souhaité rappelé qu’il ne fallait pas uniquement favoriser les circuits courts car «en Corrèze, il y a quatre mille huit cents agriculteurs, mais seuls huit cents pratiquent les circuits courts. Les autres sont dans des filières portées par l’agro-industrie, les coopératives qui sont là pour porter le territoire. Je demande juste à ce que l’attention soit portée sur des produits d’origine française. Il faut que tous les produits européens souffrent des mêmes conditions sociales que nous pour les faire produire. Car en France nos coûts de production sont beaucoup plus handicapants que chez nos voisins ».

Enfin, en clôture du colloque, Daniel Chasseing, sénateur et président de l’Association des maires de la Corrèze, a insisté sur l’urgence de procéder à une baisse des charges, afin que la filière gagne en compétitivité, face à la concurrence européenne et mondiale.

Les personnes présentes dans la salle ont pu intervenir à la fin du colloque.
Les personnes présentes dans la salle ont pu intervenir à la fin du colloque. - © UP 19

La dernière du préfet

Bruno Delsol, dont c’était la dernière intervention en public avant son départ de Corrèze, a dans son discours, appelé à «faire preuve de cohésion et de solidarité face à la crise agricole. La qualité de l’alimentation, sa diversité sont une question de santé publique. La restauration collective perd des clients, j’interpelle donc les gestionnaires pour qu’ils en prennent la mesure».

Il est également revenu sur la problématique de la restauration collective, à savoir que «le producteur a besoin d’avoir des perspectives pérennes pour pouvoir anticiper ses productions. Tandis que l’acheteur doit avoir des garanties d’approvisionnement».

Un buffet de produits locaux a ensuite été servi par Eat’Lim, démontrant une fois de plus la qualité des produits corréziens et le savoir-faire de nos producteurs.

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