L'Union Paysanne 10 mars 2011 à 10h27 | Par SF, UP - MP, FDCUMA 19

FD Cuma - Rationaliser et organiser, un perpétuel défi

La fédération départementale des Cuma, qui regroupe trois agriculteurs sur quatre autour des 159 Cuma actives du département, a tenu son assemblée générale le 17 février dernier sous l’égide du président Francis Coste.

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La compétitivité en soutien au revenu.
La compétitivité en soutien au revenu. - © DR

Après une chute vertigineuse en 2007 et une remontée tout aussi fulgurante dans les années qui ont suivi, les investissements atteignent désormais plus de trois millions d’euros et tendent à se stabiliser voire légèrement progresser malgré une diminution de

14 % du nombre de matériels achetés. Ce qui indique que les 201 matériels (33 de moins qu’en 2009) acquis par 70 Cuma sont de plus en plus lourds, imposants donc chers (tracteurs, télescopiques, moissonneuses batteuses…).

Cet ensemble nécessite des appuis aussi divers que variés, destinés à accompagner les agriculteurs dans leurs tâches : comptabilité, élaboration des plans d’investissements, organisation et participation aux assemblées générales, mise en place de branches d’activités comme la constitution des groupes d’entraide et banque de travail, sans omettre l’appui à la réflexion que nécessite tout achat (aspects techniques, comparatifs, coûts de revient, etc.).

Journées de réflexion à thème, interventions dans les collèges et lycées (le vivier des futurs adhérents) permettent de compléter l’animation et le développement voulus par la Fédération départementale destinés à renforcer la compétitivité des exploitations.

 

Du matériel d'élagage de plus en plus usuel.
Du matériel d'élagage de plus en plus usuel. - © DR

Mécaniser à moindre coût

Pour le président Francis Coste, il s’agit bien «dans le contexte de difficultés économiques actuellement récurrentes, de gagner en compétitivité partout où les agriculteurs le peuvent. Il serait illusoire d’espérer que toutes les solutions viennent de l’extérieur». Devenues incontournables pour les jeunes qui s’installent, les Cuma, de par le dialogue, les échanges, le lien social ainsi créé, permettent de mutualiser les risques et de faire des économies. Dans un contexte de conjoncture économique qui est et restera fluctuante, il s’agit pour le président Coste d’adapter les coûts de production, de faire face au manque de main d’œuvre, de réaliser des économies et marges de progrès sur les charges de mécanisation qui représentent 40 % des charges d’une exploitation. «Etre efficace, c’est partager les outils les plus onéreux afin de les rentabiliser. La prestation de la Cuma doit devenir un service complet, performant, attractif et efficace qui passe par l’organisation et la rationalisation du travail». Et de relater l’étude faite dans le cadre de l’embauche d’un salarié au sein d’une Cuma : entretien courant moins onéreux, réparations de base plus rapides qu’une intervention du concessionnaire, habitude du matériel donc moins d’erreurs de manipulation, de perte de temps, meilleure efficacité des chantiers car ils reposent sur des volumes plus importants. Cet ensemble d’optimisation peut être complété par une mise à disposition maximum de 30 % du temps du salarié aux adhérents.

«Accompagner les évolutions structurelles et économiques permet de construire un projet, un avenir commun destiné à redevenir acteur». C’est par ces quelques mots que le président Francis Coste a conclu ses propos avant de laisser la parole à James Louvet, secrétaire de la Fédération nationale des Cuma.

 

Démonstration de matériel d’élagage

L’assemblée générale s’est poursuivie l’après-midi sur deux parcelles à proximité de l’immeuble consulaire de Tulle, avec plusieurs démonstrations de matériel.

Des matériels, amenés par plusieurs Cuma du département, étaient présentés.

La demie journée a débuté par la mise en œuvre d’un grappin coupeur présenté par la société Rabaud. Ce matériel était monté sur un télescopique (une adaptation pour chargeur est prévue). Son principe de fonctionnement est de coincer la branche ou l’arbre (diamètre maximum 30 cm) dans le grappin, puis un couteau actionné par un vérin vient sectionner le bois coincé. Cet outil peut pivoter jusqu’à 90° pour couper aussi bien des arbres sur pied que des branches horizontales à élaguer.

Ensuite ce bois coupé a été transformé en plaquettes par la déchiqueteuse traînée de la Cuma du canton de Seilhac. Achetée en 2009, elle accepte du bois jusqu’à 26 cm de diamètre. Ces plaquettes peuvent être utilisées pour du chauffage avec une chaudière adaptée mais aussi pour le paillage des stabulations.

Pour continuer, Ubald Chenou, président de la Cuma du canton de Seilhac, a présenté le fonctionnement du «groupe épareuse». Ce groupe a décidé d’acheter un tracteur dédié à l’épareuse, il n’y a plus besoin d’atteler à chaque fois. Cela a eu comme conséquence une augmentation importante du nombre d’heures réalisées, et donc une baisse du coût de revient de la machine conséquente. Une réflexion est en cours pour embaucher un salarié au niveau de la Cuma qui ferait une prestation complète de débroussaillage. Le conseil d’administration de la Cuma pense que cela permettrait d’effectuer encore davantage d’heures avec cette machine et de diminuer les frais d’entretien.

Pour finir cette après-midi, deux épareuses appartenant à la Cuma du canton de Seilhac et à la Cuma du bourg de Montgibaud étaient présentées avec deux têtes différentes. Une, équipée d’une tête de broyage à fléaux standards, et l’autre d’une tête la-mier constituée de deux scies circulaires de 80 cm de diamètre.

Une centaine d’agriculteurs était présente et a suivi avec intérêt les différentes démonstrations.

Nous remercions toutes les Cuma qui ont participé à cette après-midi, la Cuma du bourg de Montgibaud, la Cuma du canton de Seilhac et la Cuma Céréales et Récoltes, mais aussi toutes les personnes qui ont participé au bon déroulement de la journée.

 

Extraits de la motion

Satisfaction…

Du relèvement des seuils de commissariat aux comptes, qui permet à plusieurs Cuma corréziennes de ne plus êtes inquiétées, car elle se situent désormais en dessous des nouveaux seuils

… et revendications

Nous demandons :

- Que la spécificité de nos zones d’élevage «inconvertibles» soit reconnue et que l’ensemble du matériel nécessaire à notre activité puisse bénéficier des bonifications d’intérêts.

- Un nouveau redéploiement ou un abondement (1/3) de l’enveloppe, afin qu’elle soit en adéquation avec les besoins des Cuma et les cofinancements départementaux et régionaux.

- Aux Conseils général et régional la poursuite des soutiens aux Cuma et l’appui de notre demande de redéploiement des crédits européens en faisant reconnaître l’effort qu’ils consentent aux investissements collectifs.

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