L'Union Paysanne 21 mars 2014 à 08h00 | Par RZ

FDSEA- 68e congrès FDSEA - «Notre métier évolue vite, notre syndicalisme doit évoluer au même rythme»

Pour son 68e congrès annuel, les membres de la Fdsea Corrèze, se sont réunis le 12 mars 2014. Philippe Moinard, administrateur Fnsea, était l’invité d’honneur de ce congrès.

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Sénatrice et élus ont répondu présents à l’invitation de la FDSEA.
Sénatrice et élus ont répondu présents à l’invitation de la FDSEA. - © UP 19

Organisé comme chaque année dans les salons de l’immeuble consulaire, le 68ème congrès s’est ouvert par la lecture du rapport du commissaire aux comptes qui a donc lancée cette assemblée générale.

 

Un travail syndical quotidien

Le rapport d’activité de l’année écoulée, présenté sous la forme d’une vidéo, a rappelé les grands évènements de 2013. Il a surtout mis en exergue le travail syndical effectué au quotidien par les professionnels, sous la présidence de Daniel Couderc.

Invité reconnu, Thierry Boulleau, directeur de la Copamac-Sidam, a fait un point sur la réforme de la nouvelle Pac, rappelant que certaines inconnues demeuraient. «Des inconnues qui devraient, selon les dernières déclarations, être fixées à la fin mars, notamment en ce qui concerne les aides du premier pilier, et en particulier la mise en œuvre de la PMTVA», a-t-il déclaré.

 

M. Queille, le secrétaire général de la Fdsea a présenté la synthèse du rapport d’orientation 2014.
M. Queille, le secrétaire général de la Fdsea a présenté la synthèse du rapport d’orientation 2014. - © UP 19

Une journée basée sur l’échange

Le syndicat a également affiché son ambition de dynamiser son réseau et d’entreprendre un travail de réflexion sur son offre de services. Un point que le secrétaire général de la Fdsea, Michel Queille, a souligné dans son rapport moral. «Le développement de services est un outil essentiel pour la vie de notre syndicat. Ils doivent être judicieusement réfléchis et correspondre aux attentes des agriculteurs. Et ce quel que soit le domaine d’activité...» Des engagements qui doivent permettre au réseau syndical de conserver son unité et sa force au sein du département. «Notre métier d’agriculteur évolue vite, notre syndicalisme doit évoluer au même rythme» a-t-il conclu.

La journée a également été marquée par les interventions de nombreuses personnalités. Jé-rôme Pascarel, vice-président des JA, a alerté l’assistance sur le devoir d’installations et de renouvellement des générations. Une problématique prise très au sérieux par les deux syndicats qui, en collaboration avec la Chambre d’agriculture, ont entrepris une démarche de recensement des installations des exploitants de plus de 55 ans, afin de connaître «l’offre» des exploitations à transmettre.

Le président de la Chambre d’agriculture de la Corrèze, Tony Cornelissen, a quant à lui tenu à rappeler l’intérêt pour chaque structure de travailler conjointement. «La Chambre d’agriculture étudiera toutes les propositions de la Fdsea». Une collaboration et un travail en commun, soutenu par Jacques Descargues, Con-seiller Général. «Nous devons conserver notre économie agricole au niveau du département, et cela ne se fera que par un travail commun et construit».

La journée s’est achevée par une table ronde autour du thème «Construire une exploitation viable et transmissible». Les intervenants ont pu interagir sur ce sujet. Tous se sont accordés sur le fait que la pérennisation de l’économie agricole corrézienne passera par la construction d’exploitations solides et viables, les fermes d’avenir.

 

(Nous reviendrons sur le rapport d’orientation dans le prochain numéro du journal).

 

Interventions


Philippe Moinard : «Nos productions pour rester compétitives devront créer de la valeur ajoutée pour perdurer»


Administrateur à la Fnsea depuis deux années, président de la Fnsea Poitou-Charentes et agriculteur des Deux-Sèvres, Philippe Moinard est en  Gaec avec huit associés Son exploitation compte plus de quatre cent cinquante hectares avec des productions très diversifiées : semence de betteraves, de maïs et de seigle, un troupeau de cent vingt vaches laitières et un atelier de six mille poules pondeuses plein air avec un tiers de la production en vente directe. Le gaec épand également les eaux d’une usine d’embouteillage et fait de la dépollution de ces eaux-là, que de la matière organique. De plus, depuis un an et demi, le Gaec a mis en place une unité de méthanisation. «Il s’agit d’une entreprise sociétaire, grande où il faut s’entendre entre associés mais qui laisse aussi de la marge de manœuvre de par sa taille et sa diversification». Philippe Moinard a souligné «le dynamisme de la Fdsea Corrèze» et a salué «le projet porté conjointement par la Fdsea, les JA et la Chambre d’Agriculture pour construire des exploitations viables et transmissibles». Il a également tenu à rappeler que la pérennité de l’agriculture «passera par la production et sa capacité à créer de l’économie».

Daniel Couderc :  «Sans discussions professionnelles, beaucoup de situations risquent d’être conflictuelles»

Dans son discours, le président de la Fdsea Corrèze est revenu sur le rapport d’orientation et sur l’importance de la transmission.«Avec une population agricole active dont près de la moitié des chefs d’exploitation a plus de 50 ans, le maintien du potentiel économique de chacune des exploitations, des filières et des emplois induits sera problématique à court terme». Un enjeu crucial pour l’année à venir et qui se fera avec la collaboration de chaque organisme.Daniel Couderc a également rappelé le travail de lobbying mené toute l’année pour la mise en œuvre de la prochaine Pac. «Sachez que ce genre de réforme se prépare longtemps à l’avance. D’abord au niveau européen, avec les négociations budgétaires, ensuite au national. A chaque étape, les états, les régions, les productions font le lobbying nécessaire pour adapter au mieux la Pac à leur territoire. Les débats sont vifs et compliqués.» Mais le président de la Fdsea a tenu à alerter sur la teneur du second pilier et notamment sur le rôle des régions qui deviennent autorités de gestion. «Aujourd’hui la profession n'a pas été consultée ni associée aux discussions sur le rôle de notre région et sa mise en œuvre. Je souhaite que la Région prévoie des financements suffisants à une agriculture axée sur la création de valeurs ajoutées, de productions, d’emplois et de modernisation». Les élus Fdsea vont devoir être vigilants sur les décisions de la région.

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