L'Union Paysanne 19 avril 2013 à 10h27 | Par SF

FDSEA - Assemblée générale mardi 23 avril avec Henri Brichart, 1er vice-président de la FNSEA

A quelques heures de sa venue au congrès de la FDSEA, salle des assemblées à Tulle, Henri Brichart nous répond sur les grandes lignes de l’action de la FNSEA sur la PAC, les accords du 3 mai, les attentes de la LMA, les relations de la profession avec la grande distribution.

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L’ancien président de la FNPL a eu fort à faire face à la grande distribution. Si la Pac peut être une réponse aux éleveurs, elle n’a sera que partielle. Pour la FNSEA les efforts de la profession doivent aussi portés sur les mécanismes de répercutions des hausses de charges, où les producteurs ne peuvent à eux seuls être la seule variable d’ajustement.

Au lendemain du congrès de la FNSEA, à la veille d’actions syndicales importantes initiées par la en faveur de l’élevage, considérée comme grande cause nationale, Henri Brichart nous livre, à quelques heures de sa venue au congrès de la FDSEA, les grandes lignes de l’action de la FNSEA sur la PAC, les accords du 3 Mai, les attentes au sein de la LMA, les relations de la profession avec la grande distribution…

 

Interview

UP : En tant qu’ancien président de la FNPL, maintenant 1er vice président de la FNSEA, vous avez ardemment côtoyé le monde de la grande distribution. La FNSEA relaie des FDSEA et des agriculteurs, engage face à la problématique des charges des négociations pour une revalorisation des prix agricoles sur ceux des matières premières. Pouvez-vous nous en dire plus ?

HB : Avec la volatilité des prix des matières premières le monde de l’élevage est particulièrement touché. Les agriculteurs savent gérer des hausses de 5 à 10 %. Mais face à des variations beaucoup plus importantes, les agriculteurs sont incapables à supporter seuls de tels augmentations. D’où l’idée de les faire partager avec l’ensemble des maillons de la filière, ce sont les accords du 3 Mai. Reste à en apprécier les critères sous la forme de clignotants. Puis vient le temps de la négociation sûrement le plus dur, sans garantie de résultat. En soit un principe nouveau dans les relations commerciales et la fixation des prix. Si ces schémas ont du succès dans le domaine avicole, car intégrés, les résultats sont beaucoup plus aléatoires quasi inexistants dans les productions, plus classiques, tels le porc, la viande bovine. Des paris sont lancés dans le domaine de l’engraissement des taurillons, car plus standardisés.

Nous travaillons à intégrer ces nouveaux principes dans la loi, telle la LME, qui a pour principe de gérer les relations entre distributeurs et fournisseurs, alors que la LMA régit les rapports entre producteurs et acheteurs (volume…). En soi, c’est la contractualisation qui doit s’appliquer tout au long de la filière.

 

UP : Notre assemblée générale aura à se pencher sur cette question, pouvez-vous nous dire concrètement comment les agriculteurs ou leurs organisations de mise en marché (OP commerciale et non commerciale) peuvent travailler ce dossier ?

HB : Derrière tout ça, c’est le débat sur l’organisation économique des producteurs.

Quelle capacité ont les producteurs à s’organiser, de quelle manière, en évitant de se faire concurrence ? Il est évident que les OP commerciales sont à priori plus structurées. C’est néanmoins plus compliqué pour les OP non commerciales aux capacités plus limitées.

 

UP : Vu de la FNSEA, où en sont les relations avec la grande distribution ?

HB : Nous essayons d’instaurer à l’image de l’Allemagne des relations commerciales différentes, conçues comme étant plus «normales» tout au long de la filière. Nous pourrions rajouter plus modernes. En France les relations sont tendues, je dirais conflictuelles est ce la culture, l’histoire ? Nous avons des rapports de forces qui sont compliqués. En Allemagne, il y a un schéma économique basé sur le dialogue social. C’est ce que nous voulons instaurer.

 

UP : Outre ce débat vous venez en Corrèze quelques jours après le congrès de la FNSEA où l’élevage a été au centre des débats avec des appels à mobilisation, où les décisions prises sur la PAC conditionneront profondément l’agriculture Française et Corrézienne. Nous pensons à la PMTVA, aux MAE dont la PHAE, aux ICHN…

 

HB : Le message de la FNSEA est que les solutions ne passeront pas toutes par la PAC. Les exploitants doivent continuer à aller chercher le revenu par le marché. La Pac doit justement permettre ce mouvement. Le volet de l’OCM doit y contribuer en maîtrisant, organisant les marchés. Nous soutenons en ce sens le parlement qui dans ses propositions. Certes, il met fin aux références historiques, instaure la convergence des aides qui favorise le transfert des soutiens vers les zones extensives. Mais ces orientations ne règlent pas pour autant toutes les problématiques des zones d’élevage. Il y a le re- couplage des soutiens et nous travaillons en ce sens.

Les compensations de handicaps font aussi partie du travail de la FNSEA. Nous cherchons des critères pour justement contrecarrer la volonté de Bruxelles et rattraper de fait les zones à priori exclues.

Reste la PHAE, que nous devons traiter différemment des MAE, et pousser pour qu’elle intègre le 1er pilier. Pilier qui doit permettre aux agriculteurs de progresser, d’organiser les filières. Il doit permettre d’orienter et d’obtenir du revenu, pas simplement ou uniquement fait d’aides. Nos priorités n’ont jamais cessé «permettre aux gens de produire et organiser les mises en marchés, instaurer des relations contractuelles dans la fixation des prix».

 

- © UP 19

Qui est Henri Brichart ?

 

Vosgien d’origine, après un passage par Rambouillet (BTS PA), Henri s’installe dans l’Aisne à Thiérache. En Gaec, 4 associés, ils exploitent 235 ha pour l’essentiel consacrés à la production laitière (quota de 830 000 L) et céréalière, complétés par 250 brebis et un troupeau de vaches allaitantes.

Producteur de lait il gravit tour à tour les échelons syndicaux de cette production pour présider en 2002 la FNPL, le CNIEL en 2004, le groupe lait du COPA en 2006 et devient 1er vice président de la FNSEA en 2011. Au fait des rapports et déconvenues avec la grande distribution, il a joué un rôle essentiel dans l’interprofession laitière pour combattre sinon atténuer les crises successives.

 

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