L'Union Paysanne 23 février 2011 à 10h13 | Par SF

FDSEA - Des marchés qui s'améliorent partout, sauf en France ; pourquoi ?

Le bureau s’est réuni le 18 février dernier.

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La crise bovine reste sans solution immédiate si ce n'est un renforcement de la régulation offre/demande.
La crise bovine reste sans solution immédiate si ce n'est un renforcement de la régulation offre/demande. - © DR

C’est en exprimant le ressenti des éleveurs que le président de la FDSEA ouvre les travaux du bureau ce vendredi 18 février.

«Dans ce contexte de crise, les éleveurs expriment un écœurement flagrant même si, sur le fond, la situation leur donne raison. Mais se plaindre sans cesse ne fait pas pour autant avancer vers des solutions. Dans ce monde qui bouge à la vitesse de la lumière, les agriculteurs doivent se remettre en question, retrouver de la compétitivité par une dynamique de prix, de regroupement de l'offre, par de l'organisation économique.»

 

Renforcer Agripro

Les membres du bureau, sollicités lors des réunions communales et cantonales, ont validé le renforcement d'Agripro pour la recherche et la relance des achats dits groupés. Les problématiques engendrées par le nouveau gasoil impliquent des solutions à trouver en terme de renouvellement des cuves.

L'actuel déficit en paille incite les responsables de la FDSEA à étudier une forme de contractualisation avec les céréaliers pour éviter la spéculation, si ce n'est réguler les prix. A la demande de certains secteurs, des approvisionnements plus spécifiques et ciblés seront introduits et étudiés.

 

Urbanisme - Bâtir autour des bourgs

Suivant les débats pour le compte de la profession au plan national ou au travers du Scot de Brive et plus récemment le dossier phytosanitaire, les membres chargés de suivre ces travaux ont déploré le poids du mitage et ses contraintes pour l'agriculture, exemples récents à l'appui. Ils se sont montrés fermes sur la réhabilitation des friches industrielles au sein même des cités plutôt que de favoriser la dispersion de l'habitat à la périphérie. A l'occasion de ce débat, une opposition franche voire un reniement entre «anciens» agriculteurs et jeunes nouvellement installés ou désireux d'exploiter dans de meilleures conditions s'opère, "remettant en cause ou détruisant même leur précédent métier, leur origine, leur fonction... pour d'autres considérations, entre autres financières". Exemples à l'appui à l'instar d'autres régions françaises ou pays européens, il est formulé le souhait de revoir les superficies et limiter par conséquent les impacts des constructions.

 

Vaccination FCO : des tarifs dissuasifs

Rendue facultative sur le cheptel de souche, obligatoire à l'export vers l'Italie, les éleveurs dénoncent les prix exorbitants pratiqués par certains vétérinaires plus enclins à rechercher l'aubaine et le profit "de la poule aux œufs d'or" que le réel service sanitaire et la protection induite au bénéfice de l'économie agricole. Témoignages et factures à l'appui, les services rendus vont du simple au double (de 4 € à 8 €) d'un praticien à l'autre. Situation intolérable et ubuesque en pério-de de crise des revenus vécue par les éleveurs, d'où un quasi désintéressement sur le cheptel de souche, et que penser de la transposition de ces mêmes tarifs aux ovins ?

 

Conjoncture bovine : un mal profond, sans solution immédiate

Dans tous les esprits, l'actuelle crise bovine, outre le fait d'alimenter les débats, n'a pas de réelles solutions structurelles réglementaires immédiates. Le cons-

tat est simple, les marchés s'améliorent partout en Europe, sauf en France, si ce n'est sur les jeunes bovins ! Pourquoi ?

Les réponses ne peuvent porter sur un point mais un ensemble de points, de monopole des marchés, d'éparpillement de l'offre, de distorsions de concurrence, par manque de compétitivité de la filière, de volonté à l'export... Et peut-être de problèmes purement techniques au sein même de la profession. "Plus personne ne veut de vaches lourdes... la portion consommateur est trop chère". En outre, ne faut-il à terme revoir nos politiques génétiques qui handicapent nos filières? Quant à la politique du broutard, tout sur l'Italie, nous devenons dépendant de leur propre desideratum, induit par la politique communautaire, les marchés...

Gilbert Delmond est revenu sur la nouvelle réglementation imposée par les services des fraudes au regard de l'utilisation de la poudre de lait et les contraintes d'enregistrement induites, «en-core de la paperasse inutile qui ne rapporte rien».

En vu du prochain congrès, les membres du bureau se sont penchés sur le déroulement de la journée du 12 avril prochain qui accueillera Xavier Beulin, président de la FNSEA.

En soit un petit évènement que d'accueillir le premier président céréalier de la FNSEA qui entend conduire et construire des relations contractuelles entre céréaliers et éleveurs pour justement pallier la volatilité des prix des matières premières. Une situation qui, en termes de débouchés, devient préoccupante pour les deux parties.

Ainsi, les principaux points débattus au sein du bureau relatifs à l'ensemble de l'actualité agricole, auxquels il faut joindre le dossier chasse, toujours problématique dans plusieurs secteurs, la campagne de communication ignominieuse menée actuellement par France nature environnement, ont été présentés au Préfet de la Corrèze, qui a bien voulu accorder ce même jour une audience aux responsables syndicaux de la FDSEA.

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