L'Union Paysanne 12 février 2010 à 09h40 | Par S. F.

FDSEA Groupe veaux de boucherie - Des contrats et des niveaux de prestation à renégocier !

Les producteurs de veaux de boucherie de la section de la FDSEA se sont retrouvés pour débattre des aspects techniques et des incidences du découplage de la PAB veau.

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La PAB un acquis (DPU) pour les éleveurs hors prestations (de base + techniques).
La PAB un acquis (DPU) pour les éleveurs hors prestations (de base + techniques). - © DR

Réunis à Brive le vendredi 29 janvier sous l'égide de Jean-Paul Peyroux, les producteurs de veaux de boucherie du département ont débattu avec René Debon, président national des associations d'éleveurs à la FNB, des aspects techniques et incidences du découplage de la PAB veau, dans le cadre de l'application du bilan de santé de la Pac.
Depuis le 1er janvier 2010, la prime à l'abattage PAB veau n'est plus liée à la production. Ainsi, les veaux abattus ne toucheront plus la PAB. L'aide sera allouée sous la forme de DPU spéciaux.

 

 

Sur quelle base sera calculé le montant des DPU ?

Dans une brève présentation faite par le directeur adjoint de la FDSEA chargé des productions animales, les modalités du découplage annoncées dans le cadre du Bilan de Santé de la Pac s'appliquent selon une année de référence.
La période de référence est laissée au choix de l'exploitant, parmi les quatre années 2005, 2006, 2007 et 2008. Attention, la détermination de cette année de référence doit aussi tenir compte d'autres paramètres du découplage : PAB gros bovins, PMTVA, surfaces SCOP, prime à la brebis...
Des prélèvements seront opérés au moment du découplage, pour la réorientation de crédits. 12,5 % seront destinés à créer les nouveaux DPU «herbe». Le soutien spécifique aux productions fragiles (ovins, veaux sous la mère...) est financé par un autre prélèvement de 4,6 % de toutes les aides du premier pilier. Enfin, la modulation sera portée à 8 % en 2010 et jusqu'à 10 % en 2012.
Ainsi, les éleveurs de veaux de boucherie peuvent estimer que le retour de la PAB dans des DPU «spéciaux non cessibles» correspondra à 36 € par tête environ (la PAB s'élevait à 45 € environ en 2009, modulation dédui-
te).
Pour les éleveurs qui auraient démarré ou qui se seraient agrandis entre le 16 mai 2008 et le 31 octobre 2009, un programme de revalorisation devrait être mis en place pour récupérer 97 % de la référence.
Pour ceux qui ont démarré depuis ou qui envisagent de se lancer dans la production, il faudra veiller à l'établissement d'un contrat sur plusieurs années. La prestation devra prendre en compte le fait que l'éleveur ne bénéficiera d'aucune aide européenne.

 

 

Des contrats à renégocier 

Attention, il est important de bien prendre en compte la nouvelle donne avant de renégocier la prestation avec son intégrateur. Pour maintenir la même rentabilité que les années précédentes, il faudra au moins compenser la baisse de 9 € correspondant aux prélèvements détaillés plus haut.
En outre, il est établi que le coût de production moyen d'un veau de boucherie se situe autour de 45 € (en fin d'investissement). Ainsi, aucun contrat ne devrait être signé à moins de 81 € hors résultats techniques (palier qui correspond au montant DPU + coût de production). En dessous de ce montant, il n'y a pas d'incitation pour l'éleveur à maintenir son atelier. Il est argumenté et mis en évidence que pour un rentabilité normale de l'atelier la rémunération réelle (prestation de base + résultats techniques) doit avoisiner les 240 € par place (soit au mini 100 € par veau).
De manière générale, les responsables professionnels présents le 29 janvier ont appelé les éleveurs à la vigilance. Les échanges ont pu mettre en évidence certains abus : des niveaux de prestation très faibles et très hétérogènes d'un éleveur à l'autre, des veaux placés sans contrat et sans montant de prestation annoncé à l'avance...
Actuellement, la demande prend le pas sur l'offre sur ce marché. Il faut aussi être conscient que les intégrateurs vont faire face à des cessations d'activité. La tendance actuelle est donc à la recherche de places. Cette donnée met les éleveurs dans une position plus favorable avant toute nouvelle négociation. Il est rappelé que des «contrats types» ont été élaborés par la Fédération Nationale Bovine. Ils sont à la disposition des éleveurs désireux de formaliser les accords par les intégrateurs. «En soi une assurance pour chacun...».

 

 

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