L'Union Paysanne 03 mai 2013 à 10h50 | Par SF

FDSEA - Ils ont dit : quelques paroles d’intervenants

Outre la table ronde (lire page ci-contre), nous revenons sur quelques interventions et prises de paroles qui ont eu lieu au cours de cette assemblée générale.

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Toutes les diversifications sont complémentaires aux productions traditionnelles.
Toutes les diversifications sont complémentaires aux productions traditionnelles. - © FDSEA 19

Guillaume Joie, président des JA

«Avec une installation pour trois départs, le renouvellement des générations n’est évidemment pas assuré. Si les JA restent fidèles à leurs fondamentaux, ils n’en attendent pas moins des prix plus rémunérateurs, plus de valeur ajoutée, des avancées sur la LME, et surtout une Pac plus juste, telle la revalorisation des premiers hectares et un soutien appuyé aux systèmes herbagers, avec enfin une reconnaissance pleine et entière des actifs.» Mais, pour le représentant des JA, la problématique globale du foncier, l’accès, le prix, la consommation d’espaces restent la préoccupation principales des jeunes pour accéder à l’installation.

 

Tony Cornelissen, président de la Chambre d’agriculture

Dans ses propos de nouveau président de la Chambre d’agriculture, Tony Cornelissen remercie tous ceux qui ont travaillé à l’opération paille qui a marqué le syndicalisme unitaire. Et de souligner, par la même occasion, le renouvellement des équipes, avec trois nouveaux présidents appelés à travailler ensemble pour les agriculteurs corréziens… ce qui n’était pas arrivé depuis bien longtemps. «Les élections passées, du travail nous attend. Travail que je souhaite mener de manière plus collégiale». Si la Chambre d’agriculture est un outil pour tous les agriculteurs, il n’entend pas pour autant mélanger les genres, tout en restant en phase d’écoute avec ceux qui l’on porté à la présidence. Sans approfondir à nouveau son programme, les intentions de sa mandature sont depuis longtemps connues : le renforcement de l’autonomie fourragère des exploitations, limiter les coûts et les charges d’exploitation tels le contrôle des pulvérisateurs… Mais c’est sûrement sur le conseil aux exploitants et les services à apporter qu’il s’est montré le plus loquace : des services de proximité performants, pointus, et sans concurrence. Ses réflexions portent notamment sur l’économie et la plus value dégagée sur les exploitations, à l’initiative des groupes de développement locaux qu’il entend instaurer. Voulant une dynamique complémentaire aux productions traditionnelles, «tous les créneaux de la diversification sont bons à prendre… de la production légumières à la production porcine en passant par l’agroalimentaire pour une agriculture et des agriculteurs plus riches».

Foncier, Pac, prix... aussi préoccupations des jeunes.
Foncier, Pac, prix... aussi préoccupations des jeunes. - © FDSEA 19

François Bretin, représentant le président du Conseil général

Si, pour le Conseil général, «l’agriculture n’est pas toute la ruralité, il ne peut y avoir de ruralité sans agriculture». Mais de souligner que les missions de territorialité sont à un retour au cœur du métier que sont l’action sociale, les routes et les collèges, la partie économique étant laissé aux profits des régions. «Ceci n’empêche pas pour l’heure de mettre l’accent, en 2013, sur un conventionnement avec votre organisme consulaire autour de nouveaux domaines, comme le soutien aux JA qui ont des projets innovants, telles les adaptations au climat… la valorisation du bio, les circuits courts.» et d’insister sur les atouts que possèdent les élevages corréziens. «Qualité sa-nitaire que nous devons protéger, qui est l’image du département ; aspects génétiques valorisés par l’ensemble de la filière».

 

Gérard Pérot, directeur départemental des Territoires (DDT)

Représentant Mme le Préfet, Gérard Pérot, nouveau directeur départemental des Territoires, revient sur les actions menées par l’Etat. Tout d’abord la sollicitation faite auprès des huit cents agriculteurs corréziens susceptibles de bénéficier des trois nouvelles aides mises en place pour les jeunes et récents investisseurs (aide laitière, troupeau allaitant, engraissement de jeunes bovins). La diversification, les aspects fonciers, le dossier chasse, tout comme les points environnementaux eau et nitrates font partie des dossiers sur lesquels l’administration est sensibilisée. Il attire l’attention sur «le grignotage des terres,qui est plus fort en Corrèze que la moyenne nationale». Et de prendre l’exemple de l’agglo de Tulle qui, dans les dix prochaines années, va perdre 10 000 hectares par simple abandon de surfaces cultivables. Fortement attaché à la recherche de solutions par compromis (et non par compromission), il souligne «qu’un bon compromis local vaut mieux qu’un arrêté national» et de citer l’exemple de la chasse, la directive nitrates/eau… Sans revenir ni approfondir le trilogue en cours en vue de l’élaboration de la Pac, il insiste sur la vigilance que revêt le dossier des prairies permanentes, tant du côté PHAE que des PT 5. «Tout ne peut être systématique, il faut envisager et étudier au cas par cas, leur retournement potentiel».

 

- © FDSEA 19

Vision de la FNSEA et de son premier vice-président, Henri Brichart

 

Suite à la table ronde qui avait pour thème les accords du 3 mai - «quel partenariat les agriculteurs peuvent-ils engager avec la grande distribution ?» - Henri Brichart est revenu sur les autres grands dossiers du moment que suit la FNSEA.

Sur le dossier environnemental : l’écotaxe, nouvelle taxe sur les poids lourds, reste en tout point un souci, qui induit des charges supplémentaires sur le produit final.

La Pac : «la FNSEA pense que la France s’en est plutôt bien sortie en obtenant des financements supplémentaires sur le second pilier. Compte tenu du cofinancement, reste à dégager des lignes sur ces actions. Là est le mal», semble-t-il indiquer «dans un contexte national de restriction budgétaire. Le dossier Pac est bien le dossier du moment qu’il faut arbitrer au plan communautaire, mais aussi au plan français», et de citer la convergence qui ne peut être que progressive. «Elle doit être supportable pour ceux qui cèdent et ceux qui en bénéficient.» Mais l’autre grande question est bien le soutien au verdissement lié à la proportionnalité des aides de base, qui remplacera les références historiques qui n’ont plus de sens. «La France est encore le seul pays à utiliser ce type de références. Sur ce point nous sommes isolés».

Restent les travaux sur l’adjonction, voire l’addition de la PHAE aux ICHN, ce qui aura des conséquences dans un éventuel détricotage des zones défavorisées. Faut-il alors rattraper l’herbe sur le premier pilier… là est la question.

Pour le représentant de la FNSEA, l’agriculture vit une période compliquée pour dégager un revenu suffisant dans un contexte d’évolution incessante des charges. «S’il convient d’éviter le ciseau des prix, reste à introduire de nouvelles clauses au sein des contrats en vue d’obtenir un rééquilibrage des forces dans les négociations commerciales. La nouvelle loi sur la modernisation des entreprises doit nous y aider, tout comme par exemple le renforcement de l’étiquetage sur les produits élaborés.»

 

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