L'Union Paysanne 28 juillet 2010 à 10h40 | Par SF

FDSEA/JA - Mobilisation conjoncturelle et fourragère

Le dernier conseil d’administration de la FDSEA a eu lieu vendredi 23 juillet à Tulle. A l’ordre du jour : conjoncture, foncier et photovoltaïque, tuberculose bovine, opération paille…

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Alerter les élus sur les problématiques agricoles lors des comices, c'est soutenir l'agriculture.
Alerter les élus sur les problématiques agricoles lors des comices, c'est soutenir l'agriculture. - © DR

Avant de débattre des sujets syndicaux, le président Cornelissen, dans ses propos liminaires, a tenu à clarifier le contexte «politique» dans lequel évolue actuellement l'agriculture française et européenne.
De source FNSEA, suite à un entretien avec Jean-Michel Lemétayer, le Président de la République a signifié «qu'il ferait tout son possible pour contenter les demandes réalistes élaborées par la FNSEA...».
De plus, le président de la FDSEA a remercié Jean-Pierre Audy pour le travail conduit par le Parlement européen «qui accepte que l'Union réintroduise dans la prochaine réforme des systèmes de régulation destinés à protéger les agriculteurs des fluctuations des marchés. La situation actuelle devient invivable. Il est grand temps de revenir à plus de maîtrise, si ce n'est de gestion».

La tuberculose bovine refait son apparition

Après un premier cas, un second vient de se déclarer. Pour le président du GCDS Maurice Demichel «on n'est pas sûr qu'il n'y en ait pas un troisième. Au quatrième cas, c'est la remise en cause de la qualification du département. Ce qui impose la tuberculinisation sur tous les cheptels». De ce constat qui n'a rien de réjouissant pour les agriculteurs des secteurs concernés, s'instaure un débat sur les causes et attitudes à tenir.
Pour Maurice Demichel, «Nous avons 15 foyers en Dordogne, ce qui indique une recrudescence de cette maladie». Il attire l'attention des éleveurs sur le renouvellement au sein des troupeaux «qui se fait avec beaucoup trop d'achats extérieurs». «Il n'est pas rare de trouver 46 achats pour un cheptel de 50 vaches en provenance de sept départements différents». Et d'insister sur le suivi sanitaire des troupeaux, et de prôner un retour à l'auto renouvellement.

La conjoncture bovine, pommicole, laitière, porcine... toujours aussi défaillante

Si une hausse sensible semble se dessiner sur les mauvaises vaches de réformes, les animaux de qualité s'écoulent toujours aussi mal, notamment les veaux sous la mère qui subissent une chute de prix.
Actuellement la France propose une abondance de broutards (+ 10 %) sur le marché italien, marché de la viande bovine qui dans ce pays est plutôt catastrophique. «Les jeunes bovins issus des ateliers d'engraissement se vendent très mal...».
Jean-Pierre Conjeaud en production pommicole dresse un constant tout aussi alarmant. «Beaucoup d'arboriculteurs ne s'en sortiront pas, avec un prix moyen payé producteur à 30 cts d'euro. Cette situation conjoncturelle est doublée d'aléas climatiques, tel le russeting pour lequel nous entendons qu'il soit classé calamité agricole, car cet aspect rugueux de la pomme trouve source dans le gel printanier».
En production laitière, le non accord sur le prix du lait entraîne un appel à mobilisation. «Les entreprises laitières empêchent l'organisation du marché», indique Jean-Pierre Brousse.
Pour le président Tony Cornelissen, «au-delà du contexte très compliqué et où tout va mal...», il faut voir et analyser plus loin. Et d'indiquer que dorénavant, c'est une question de culture. «Les pays nordiques n'acceptent plus de payer pour les pays les zones pauvres, dont la plupart sont latins et au sud de l'Europe. D'où peut-être à terme un éclatement de l'Union, face à la montée des individualismes. Il y a une renationalisation des politiques, une volonté grandissante d'indépendance au sein des États (Belgique, Italie)».

"Mais que faire ?"

C'est par cette interrogation que le président interpelle les administrateurs pour sensibiliser des politiques, une nation, qui considèrent que l'agriculture, l'alimentaire, n'est plus parmi les priorités «en occident, quoi qu'il arrive, on mangera à notre faim». Si les visites de ferme permettent le dialogue avec les consommateurs et les citoyens, le président de la FDSEA renouvelle les interpellations à mener auprès des élus, lors des comices et autres sorties des politiques.

Foncier et photovoltaïque au sol

Le démarchage et les propositions d'implantation de photovoltaïque au sol amènent la profession à un positionnement sans équivoque face aux sollicitations.
La FDSEA, depuis que le débat a lieu, renouvelle fermement son opposition à l'implantation de structures au sol sur terrain agricole mécanisable et forestier. Le seul bémol qu'elle s'y adjoint «est, si et seulement si, il y a un retour financier intégral pour l'agriculteur».

Une probable opération paille

Le manque de foin et de paille laisse présager une forte réduction des stocks hivernaux. D'où débat sur leur reconstitution. Des contacts seront prochainement pris pour étudier l'éventualité d'une opération paille. Entre besoin des agriculteurs et engagement, se pose la question financière et la logistique, qui conditionne la finalité d'une opération lourde à conduire.

Environnement

Classement de la vallée de la Dordogne au titre de l'Unesco : suite à la sollicitation d'Epidor, la commission Environnement de la FDSEA a organisé une réunion d'information destinée à appréhender les enjeux du futur classement sur l'ensemble des départements impactés.
Les contraintes directes n'apparaissent pas clairement, elles sont subordonnées ou accentuées au travers de Natura 2000 et des Znieff.
Le conseil acte qu'un courrier soit envoyé à l'association des maires pour les sensibiliser à ce classement, pas aussi anodin qu'il ne paraît de prime abord.
En conclusion des travaux menés par les membres du conseil, le président fait état de la procédure lancée en appel, qui déboute la Confédération paysanne de sa demande de non représentativité du syndicat JA aux dernières élections à la Chambre d'agriculture. A cette occasion, la Confédération paysanne est condamnée à 2000 euros.
La suppression de la chaîne porcs à l'abattoir de Brive est déplorée, car elle fait suite à la fusion de Bevicor et Capel. «Construit en partie avec des fonds publics, l'abattoir se doit de garder son caractère public». Le président propose de rencontrer le président de Capel pour entre sujets aborder ce point très particulier qui irrite les producteurs/abatteurs de porcs.

 

 

Le manque de fourrages et la reconstitution des stocks nécessitent une opération paille à étudier.
Le manque de fourrages et la reconstitution des stocks nécessitent une opération paille à étudier. - © DR

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