L'Union Paysanne 26 avril 2013 à 09h57 | Par SF

FDSEA - La force d’un réseau… à redéfinir

Réunis à Tulle pour son 67e congrès annuel, les membres de la FDSEA, ont sous la présidence de Daniel Couderc, outre les aspects statutaires, retracé un an d’activité syndicale intense, marquée par la campagne aux élections à la Chambre d’agriculture.

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Henri Brichart, premier vice-président de la FNSEA, a reprécisé les souhaits du syndicalisme pour "indexer" les prix des produits agricoles sur ceux des matières premières.
Henri Brichart, premier vice-président de la FNSEA, a reprécisé les souhaits du syndicalisme pour "indexer" les prix des produits agricoles sur ceux des matières premières. - © SF

Au travers d’un diaporama, les présidents des sections et des territoires ont déroulé les faits et travaux marquants de l’année écoulée sous la présidence de Tony Cornelissen, aujourd’hui président de la Chambre d’Agriculture. Dans son intervention, le nouveau président de la FDSEA, Daniel Couderc, n’a pas manqué de souligner le travail de son prédécesseur et de lui adresser de vifs remerciements. «Je n’ai jamais connu homme aussi engagé et dévoué au service des agriculteurs corréziens. Ta parfaite connaissance des dossiers agricoles, ta juste vision des choses, ta gratitude vis-à-vis des bénévoles de notre réseau et des paysans corréziens, a permis à la FDSEA de rester le premier syndicat agricole corrézien» a-t-il souligné.

 

Un travail de fond au quotidien

Au plan départemental, relevons le dossier arboricole avec la terrible nuit «noire» du 17 et 18 avril 2013. Si l’indemnisation sur pommiers, arrachée à hauteur de 50 % (pour des pertes supérieures à 80%) est en cours de finalisation, le dossier nucicole, après sa récente reconnaissance, en est au stade du dépôt des demandes.

Le travail sur la viande bovine axé autour du pôle d’excellence viande marque la volonté de la FDSEA de promouvoir le savoir-faire local auprès des acteurs de la boucherie artisanale, appelés à valoriser les viandes corréziennes.

L’espace agricole, avec notamment la gestion du foncier, fait partie des préoccupations locales, d’un travail de fond à mener conjointement au plan départemental.

Thierry Boulleau, ingénieur et animateur à la Copamac-Sidam, a développé les dernières articulations sur la Pac.
Thierry Boulleau, ingénieur et animateur à la Copamac-Sidam, a développé les dernières articulations sur la Pac. - © SF

La PAC entre certitudes et interrogations

La PAC reste bien évidement le dossier du moment. Après les turpitudes politiques et l’échec des négociations du budget en novembre, les agriculteurs attendent maintenant des décisions concrètes quant à l’application des orientations tripartites entre la Commission, le Parlement et les positions du Conseil. Si les soutiens du premier pilier sont a priori actés pour le 1er janvier 2014, Thierry Boulleau, animateur à Copamac-Sidam, souligne qu’il en sera tout autrement pour le second pilier. L’accent doit être mis certes sur le (re)couplage maximum permis par la règlementation (15 %), ce qui serait un net avantage pour le troupeau allaitant et les autres productions animales consommatrices d’herbe. Ce point doit être privilégié tout en apportant les corrections nécessaires destinées à renforcer la gestion des surfaces et en renforçant l’autonomie des exploitations.

Si les références historiques sont une certitude avec pour horizon la convergence des aides, pour Thierry Boulleau, cette harmonisation ne peut se faire aussi rapidement que souhaité. Et d’indiquer «qu’il est nécessaire de laisser du temps au temps. Nos économies agricoles ne sont pas prêtes à de tels bouleversements, surtout ici en Europe occidentale».

Dessiner le réseau syndical de demain !

Les travaux en huis clos de la matinée, consacrée au réseau, ont été pour le secrétaire général Michel Queille l’occasion de rappeler le maillage territorial des FDSEA et de la FNSEA, «organisé par et pour les agriculteurs», qui repose sur les présidents des syndicats locaux. «Si le syndicalisme doit être populaire et non populiste, il doit chercher à rassembler, entendre et porter les préoccupations des agriculteurs». En soi un syndicalisme de négociation, de construction, de solutions. Aussi, pour lui comme pour l’ensemble des acteurs, il convient d’adapter notre FDSEA au monde et aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Créer et faire l’ouverture… mais laquelle et comment ? C’est tout l’enjeu des débats !

Si le syndicat local est le fondement même de la structuration de la FDSEA, il en est aussi la priorité de par les échanges, liens et représentations des intérêts portés par la profession agricole et sa défense devant les décideurs locaux. Et de mettre en évidence le travail d’animation et d’appui aux présidents «qui ne sont ni des percepteurs, ni des experts dans tout» et de citer selon lui cinq axes : appuyer l’animation, former, valoriser, cultiver la notion de groupe et contrer l’isolement.

Rassemblant défense individuelle et défense collective, les FDSEA se doivent d’être les interconnexions entre deux principes fondamentaux, un syndicalisme d’adhésion et un syndicalisme de raison, qui pose la question de la concurrence avec les autres OPA. Oui le champ des services aux agriculteurs est vu comme une opportunité par toutes les OPA. Oui si notre mission est la défense professionnelle, devons-nous nous interdire à rendre aussi service à nos adhérents ? Certes non, mais classons les priorités, échangeons, passons des accords… Qui fait quoi ? Ceci nécessite bien évidemment de nous positionner dans un monde concurrentiel ouvert, de définir des stratégies claires et lisibles.

2014 étant une année de renouvellement syndical, c’est l’opportunité d’ouvrir ce vaste chantier qu’est la refondation de l’échelon local, de se réapproprier la vie de cet échelon stratégique de notre syndicalisme. Pour le secrétaire général, «si la tâche est complexe, elle ne peut être un alibi pour ne pas s’engager. Partout où des politiques d’adhésion sont clairement définies, nous obtenons des résultats». Echanges d’expérience, stratégies partagées, mutualisation des ressources… autant de points pour développer une stratégie de groupe au profit de notre réseau.

Michel Queille indique que «si le réseau ne nous appartient pas, il nous est confié par les agriculteurs d’aujourd’hui… À nous de le transmettre à nos propres successeurs en état de marche». Les dernières élections à la Chambre d’agriculture ont justement été l’occasion d’activer notre réseau, tout comme celui des jeunes, faits de présence, de sérieux, ce qui prouve bien que les agriculteurs sont attachés à un syndicalisme responsable.

Faire du syndicalisme, c’est prendre le temps de réfléchir au réseau. «Une entreprise à la fois humaine et technique à laquelle il convient de donner des missions et des moyens pour s’exprimer pleinement».

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