L'Union Paysanne 30 novembre 2012 à 09h06 | Par SF

FDSEA - Les problématiques du terrain exposées à Mme le Préfet

Le bureau a rencontré Mme le préfet jeudi dernier pour évoquer les problématiques agricoles liées au contexte actuel.

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Un bureau FDSEA au complet pour exposer les remontées du terrain.
Un bureau FDSEA au complet pour exposer les remontées du terrain. - © FDSEA 19

En relais des réunions locales, les membres du bureau, sous la conduite du président de la FDSEA Tony Cornelissen, ont fait part au préfet Sophie Thibault, jeudi 22 novembre, des problématiques rencontrées par les agriculteurs sur le terrain, sans omettre les enjeux plus généraux auxquels est confrontée l’agriculture française.

 

Le budget doit impacter les contraintes environnementales

«La réforme de la Pac et ses pala-bres budgétaires (proposition à - 6,7 %) auront d’inévitables incidences sur les exploitations corréziennes» insiste le président de la FDSEA. En relais, Michel Queille exprime l’inquiétude des agriculteurs au regard des soutiens environnementaux et leurs règles de plus en plus contraignantes, qui sont un frein au développement de l’économie agricole. «Les agriculteurs veulent pouvoir labourer leurs terres, retrouver de l’autonomie alimentaire sur leurs exploitations, bref revenir à de l’économie par les prix». Et de rappeler certaines propositions du Massif central qui, parmi d’autres, sont d’éviter la régionalisation des soutiens, de privilégier les cinquante premiers hectares pour les élevages de ruminants et de résoudre la problématique des prairies permanentes.

 

Légiférer sur les marges

Enfin, les relations avec la grande distribution, au travers du rapport Chalmin, montrent les limites des accords du 3 mai et l’artificialisation de la transparence des marges. Qui peut croire à des linéaires aux marges négatives, quand on sait les imbrications des sociétés, des gérances et des surcoûts volontairement générés ? Pour les responsables de la FDSEA, «il faut aller plus loin que les seules lois du marché, il faut entre autres légiférer, de sorte que les agriculteurs ne soient pas la variable d’ajustement !». Michel Queille, comme précisé dans le rapport, rappelle que «sur cent euros payés par le consommateur, cinq euros reviennent à la production. Mais où passe donc le différentiel ?» s’interroge-t-il.

 

Eviter le gaspillage du foncier

Dossier qui lui tient particulièrement à cœur, le président revient sur le foncier et expose à Mme le préfet l’ensemble des problématiques engendrées par le mitage et le morcellement des parcelles pour une exploitation raisonnée des terres. «Nous voulons tous des unités viables qui ne peuvent se concevoir que par une reconsidération plus fine du zonage, un retour au remembrement, une utilisation des «dents creuses», afin d’enrayer le développement anarchique des constructions qui impacte chaque année en Corrèze l’équivalent de 700 terrains de rugby».

 

Répondre à la densité

Les dégâts occasionnés aux cultures, la prolifération de plusieurs espèces sauvages notamment, cette année, le blaireau, irritent considérablement les agriculteurs qui réclament des mesures d’urgence en vue d’enrayer leur progression. Du blaireau à la corneille, du geai au cerf, avec l’éternel sanglier, administration et profession s’accordent pour lutter contre cette faune qui se rapproche de plus en plus des habitations. Dans les prochains jours, Mme le préfet prendra une initiative destinée à concerter les protagonistes de ce dossier que sont chasseurs et agriculteurs. Pour la FDSEA, le loisir qu’est la chasse ne doit sous aucun prétexte perturber la dynamique agricole des zones touchées par des dégâts insuffisamment indemnisés. Pour faire face à l’insuffisance des moyens mis en œuvre par les fédérations de chasse, les agriculteurs, véritablement exaspérés face à la prolifération des dégâts occasionnés par le blaireau, demandent le tir de nuit, la coordination des dates de déterrage avec le renard, ainsi qu’un retour à des mesures plus simples qui ont montré leur réelle efficacité.

Bien que la Corrèze ne soit pas en zone vulnérable, c’est sur les dérives que pourraient engendrer la future directive nitrates que le président de la FDSEA entend conclure et alerter Mme le préfet. Anticiper et prévenir avant d’avoir mal, tel est sa devise, celle de tout syndicaliste «pour qui toute contrainte ne peut être qu’anti économique. Les agriculteurs du Massif central (le château d’eau de la France) ont une obligation de résultat, pas de moyen».

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