L'Union Paysanne 23 août 2013 à 08h00 | Par VS

FDSEA-Opération foin - «La priorité est d’avoir du foin pour nos animaux»

En présence de Christian Fourcade, président de la FDSEA des Hautes-Pyrénées, le top départ de l’opération foin orchestré par la FDSEA a été donné le lundi 12 août à Allassac.

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Après avoir recensé les dons, la FDSEA 19 coordonne l’envoi du foin dans les vallées sinistrées des Hautes-Pyrénées.
Après avoir recensé les dons, la FDSEA 19 coordonne l’envoi du foin dans les vallées sinistrées des Hautes-Pyrénées. - © FDSEA 19

Les agriculteurs corréziens ne se défaussent pas

Déjà dans la matinée, un camion de foin était parti de Chameyrat en direction des Hautes-Pyrénées. «Près de cinquante tonnes partiront aujourd’hui, c’est un début. Nous avons voulu prendre toutes les précautions nécessaires avec les Hautes-Pyrénées pour s’assurer des quantités de foin dont ils avaient besoin. Toutes les semaines, nous expédierons des camions pour acheminer près de 400 tonnes de foin» explique le président Daniel Couderc. «Le fait que les bottes soient de différentes tailles ne facilite pas le chargement, nous essayons de « faire » des camions de 15 tonnes en moyenne. Nous devons respecter une certaine hauteur, sinon sur le périphérique de Toulouse nous ne passons pas» confie l’un des chauffeurs des deux semi-remorques en partance ce jour-là. Le président de la FDSEA du 65, Christian Fourcade, nous confie à son tour que «quelle que soit la taille des bottes, la priorité est d’avoir du foin pour nos animaux». L’association Agri-Solidarité 65 prendra en charge les frais de transport pour l’acheminement du fourrage depuis le département de la Corrèze jusqu’aux vallées sinistrées des Hautes-Pyrénées.

«C'est l'organisation de notre profession qui nous permet d'être aussi réactifs» affirme Christian Fourcade, président de la FDSEA 65 aux côtés de Guillaume Joie et Daniel Couderc, présidents.
«C'est l'organisation de notre profession qui nous permet d'être aussi réactifs» affirme Christian Fourcade, président de la FDSEA 65 aux côtés de Guillaume Joie et Daniel Couderc, présidents. - © FDSEA 19

«Le plus dur reste à venir»

Bien évidement heureux de voir un tel élan de solidarité, le président de la FDSEA 65 nous fait part des problématiques à venir sur le département et soulève la question de «régénération» des prairies. «Nous pensons qu’il faudra plus de trois ans pour retrouver des prairies productives. Sable, pierres, troncs d’arbres et détritus en tous genres, recouvrent le sol. En plus des compétences techniques et agricoles du département, nous avons fait appel à l’armée pour nous venir en aide. Depuis bientôt deux mois, techniciens et animateurs FDSEA sont sur le pont et donnent sans compter, je les remercie déjà de leur implication, en plus de problèmes technico-techniques nous devons accompagner des agriculteurs qui souhaitent, dans une conjoncture économique morose, tout simplement arrêter. Nous sommes là pour les soutenir».

Chambres d’agriculture, syndicalisme et collectivités, mutualisent leurs compétences techniques et leurs moyens pour venir en aide aux agriculteurs. Les accidents climatiques de plus en plus fréquents, mettent en lumière l’éternelle solidarité paysanne qui, associée à la coopération et au partenariat des organisations agricoles et du syndicalisme, permet de franchir, non sans difficulté, les situations de crises.

Sollicité par les médias corréziens, venus couvrir l’événement, Christian Fourcade, président de la FDSEA 65 s’est prêté au jeu des «questions-réponses».

 

Qu’est-ce que représente cette opération ?

Christian Fourcade : «La solidarité d’avant, quand l’agriculteur avait le feu dans la grange, ses voisins venaient l’aider. Aujourd’hui, le réseau syndical des FDSEA permet de rapprocher les agriculteurs de la France entière les uns des autres. C’est une solidarité spontanée, le syndicalisme est un outil pour fédérer cette solidarité».

 

Comment vont les agriculteurs des vallées sinistrées ?

CF : «Le lendemain des orages nous étions sur le terrain pour plusieurs raisons, commencer à quantifier et qualifier les dégâts et surtout pour prendre le moral des troupes. Il y avait des agriculteurs tellement dégoutés qu’ils voulaient arrêter».

 

Pouvez-vous déjà tirer des conclusions de l’organisation de cet élan de solidarité ?

CF : «C’est l’organisation de notre profession qui nous permet d’être aussi réactifs. Les techniciens et animateurs des réseaux syndicaux font preuve d’engagements et de facultés d’adaptation, en moins de 8 jours ils doivent se mettre dans la peau de logisticiens pour organiser l’opération solidarité foin».

 

Propos recueillis par Vincent SOLEILHET

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