L'Union Paysanne 15 septembre 2010 à 10h44 | Par FDSEA

FDSEA Rentrée 2010 - Plaidoyer par l’action…

Tony Cornelissen lance la rentrée syndicale.

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Les éleveurs doivent se prendre en charge comme ont su le faire les laitiers.
Les éleveurs doivent se prendre en charge comme ont su le faire les laitiers. - © DR

La vie syndicale n'échappe pas à la règle, septembre mois de toutes les rentrées...
D'abord initiée au festival de l'élevage à Brive le 29 août dernier, Tony Cornelissen interpelle au cours de la visite protocolaire les élus et les autorités de l'Etat sur la crise actuelle que traverse globalement l'agriculture Française et plus précisément corrézienne avec sa production phare qu'est l'élevage bovin, maigre et viande finie sous le vocable «Notre viande à un prix!».
Badgés, les éleveurs ont fièrement arborés et relayés à l'attention des consommateurs que «toute peine mérite un digne salaire», ce qui n'est actuellement pas le cas.
Fort de ce terrible constat, reflet d'une insoutenable pression émise par les industriels de la viande et la grande distribution, les éleveurs littéralement asphyxiés décident au quatre coins de l'hexagone au travers de leurs organisations syndicales FNSEA, JA, FNB, FDSEA d'initier des actions syndicales.

Forcer le destin

Soucieux de cette défense, «car demain ne peut être comme hier» le président de la FDSEA et le secrétaire général, lors d'une conférence tenue devant la presse départementale, conscients que si l'objectif reste le maintien des soutiens, n'expriment pas moins «que les agriculteurs doivent désormais se prendre encore plus en charge, pour justement apporter de la valeur ajoutée sur leurs exploitations» avec en exemple le travail mené par les producteurs de lait au plan syndical et interprofessionnel.
«Filière moins organisée, agriculteurs plus individualistes, le monde de l'élevage est quasiment désuni si ce n'est désarmé face à la concentration de l'aval (industriels, grande distribution)». Et de condamner le dictat subit sur les prix agricoles qui n'ont plus aucune corrélation avec l'acte de production.
Il s'agit en fait de réveiller les consciences pour enfin parler d'une seule voix, retrouver discipline et organisation économique.

La volonté en soutien

Mais pour le président de la FDSEA, l'Etat ne peut être pour autant exempt de ses responsabilités, lui qui cautionne les hausses du prix du gaz ou de l'électricité, ne dit mot «sur la baisse des cours de la viande», consent à cet état de fait. L'observatoire tant prôné par la profession et approuvé par l'administration serait-il dans une impasse ?, s'interroge Tony Cornelissen. Seule solution «forcer les partenaires du monde de l'élevage à se mettre autour de la table et trouver les moyens au sein de la filière pour imposer une juste répartition des marges». Il n'y a que la discipline, l'organisation pour inverser le rapport de force, sous l'oeil bienveillant de l'Etat, dont la réelle volonté politique serait de faire de l'agriculture et de l'alimentaire une arme stratégique, une cause nationale au bénéfice de ces citoyens. «Ce sont des pans entiers de l'économie qui sont en train de disparaître, ce qui est irréversible».
Certes, les agriculteurs ont eu des systèmes de protection, politique, européen, des soutiens... «Nous ne pouvons pas imaginer d'en être privés vu le contexte. Les maintenir, c'est le travail du syndicalisme, notre travail au quotidien. Travailler ensemble, être unitaire, faire avancer les dossiers, en soit réaliste et non utopiste, voilà ce que nous défendons, se remettre en cause en permanence, prendre son destin entre ses mains».

Les charges plombent le revenu


Mais que dire des charges sans cesse croissantes qui accablent nos exploitations s'interroge en soutien J. P. Merpillat secrétaire général. Les coûts de l'équarrissage, de la vaccination autant de suppléments qui amputent notre revenu. Charges aujourd'hui d'autant plus croissantes que, du fait des déficits fourragers (foin, paille), nous devons aller chercher de la marchandise ailleurs à des prix prohibitifs dus à la spéculation sur la paille et les céréales.
Des opérations ont pu être initiées (paille, maïs ensilage) dans le but de rendre service, de trouver des alternatives pour moraliser si peu soit-il le marché.

Préparez-vous à des actions

Si des actions syndicales sont inévitables, pour le président de la FDSEA elles sont souhaitables à tous les échelons, «car rien ne va plus... Continuer dans un tel contexte devient suicidaire».
Si la communication a eu son temps cet été (rencontres de l'agriculture, festival de l'élevage) ses explications pour relais, le conseil décentralisé de ce vendredi 17 septembre à Sornac aura la responsabilité de trancher, sur le comment, pour s'inscrire dans la durée.
Il est vrai, et compréhensible, qu'une certaine lassitude et marasme s'instaurent. Si la réaction fait partie de l'action, les agriculteurs ne sont pas seuls pour (ré) établir des perspectives, qui leur redonnent le sens de la culture collective. «Car les éleveurs ne doivent pas se faire d'illusion, les prix de la viande sont harmonisés par deux ou trois centrales d'achats et nos broutards vont tous dans les mêmes groupes... quels que soient les acheteurs».

 

 

Coup de colère

N'avale pas la pilule qui veut !

Il y a des gens qui prennent aujourd'hui les agriculteurs pour des imbéciles et s'en mettent plein les poches.
Il aura suffit d'une rumeur, selon laquelle le prix des céréales pourrait monter à
200 € tonne, pour que le lendemain le prix de l'aliment, bovin ou porc, augmente tous les 15 jours de façon conséquente alors que la récolte française est bonne et qu'il y a des stocks.
Il ne faut pas être sorti de St-Cyr pour savoir que vous n'avez pas, messieurs les fabricants d'aliments du bétail, acheté à 200 € tonne ou alors donnez nous la liste des céréaliers qui vous fournissent.
En 2008, quand le prix des céréales s'est effondré, vous aviez mis un an et demi pour répercuter la baisse, parce que vous aviez soit disant des quantités énormes en stock.
La pilule est dure à avaler et en nous laissant disparaître, j'espère que vous disparaîtrez avec nous.

M. Demichel, président de la section bovine

 

 

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