L'Union Paysanne 14 avril 2011 à 10h28 | Par SF

FDSEA - Savoir assumer ses choix et son destin

L’assemblée générale du syndicat avait lieu ce mardi 12 avril. Cette semaine, nous revenons sur l’intervention du président Tony Cornelissen.

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Travailler en symbiose plus qu'en concurrence, les réalités économiques l'exigent.
Travailler en symbiose plus qu'en concurrence, les réalités économiques l'exigent. - © DR

Après les remerciements d’usage, le président Cornelissen remercie tous les partenaires institutionnels qui collaborent au quotidien avec la FDSEA, sans omettre les forces vives du syndicalisme que sont les responsables locaux, communaux et cantonaux.

Sans revenir dans les détails sur le bilan de la FDSEA et de la FNSEA, il aborde deux points – bilan de santé de la Pac et fixation des prix - pour résumer le travail de l’année écoulée.

 

Le bilan de santé de la Pac

Grâce à la volonté interne de la FNSEA, validée par le gouvernement, qui fait suite aux propositions de rééquilibrage de la FRSEA Massif central, exprimée dans le livre blanc, les «céréaliers» ont accepté de redéployer à la baisse une partie des soutiens aux bénéfices des zones herbagères. Une bouffée d’oxygène en moyenne de 1 500 € / an / exploitation.

 

Fixation des prix

Le retournement de tendance ainsi que le nouveau positionnement de l’Europe et de la France au regard de la «libre concurrence» lui inspirent quelques réflexions :

La FNSEA, la FNPL et la FNB se sont vues contraintes de payer une amende pour avoir simplement suggéré d’obtenir un prix minimum garanti lors de la crise de l’ESB. La France s’est vue interdir un temps le principe d’un prix indicatif du lait.

Aujourd’hui, grâce au travail syndical exercé par la FNSEA, L’État, par la Loi de Modernisation Agricole, et l’Europe par un dispositif prévu dans la PAC, autorisent de nouveau sous certaines conditions des accords de «filières» pour des prix plus «rémunérateurs». C’est une avancée importante.

Si la Contractualisation, répond en partie à nos problèmes, pour le président de la FDSEA, elle reste un vœu louable, si ce n’est un risque majeur vu le poids et l’impact de la grande distribution. «La transparence, les con-trats, c’est pour les autres… mais surtout pas pour elle. En autre maîtriser totalement les circuits courts c’est le moyen d’assurer la promotion de ses enseignes».

 

Renouveler notre vie interne...

Mais la vie interne du syndicat reste la préoccupation du président «après les efforts importants consentis par nos adhérents pour rehausser le coût de leurs cotisations, il faut proposer des services compétitifs, professionnels et performants, dans les domaines du juridique, de l’information, de l’animation locale, de l’approvisionnement…» Sinon, «la FDSEA ne sera plus… uniquement qu’une structure à secouer les grilles de la Préfecture. Ce à quoi je me refuse catégoriquement ! Mais que d’autres souhaitent ardemment ! Nous devons faire du lobbying, avoir un esprit de famille, un esprit de solidarité, d’équipe… ce qui n’est pas le cas actuellement. Nous nous sommes involontairement écartés du travail d’animation des cantons, des communes et de l’aide à apporter à tous responsables qui composent le maillon local».

 

…savoir se retrousser les manches

Mais c’est sur la baisse dramatique de l’économie agricole du département que les condamnations sont les plus fermes.

Comment ne pas déplorer de façon révoltante la perte de compétitivité de notre agriculture ? Pourquoi ne pas être, aujour-d’hui, dans les «starting-block» du développement ? Pourquoi la Corrèze n’a-t-elle plus un seul outil de gestion du marché, aucune coopérative, aucun organe décisionnel si ce n’est sur la pomme? Aucune marque, aucun label propre, plus aucun siège économique ?

La Corrèze a perdu ces dernières années tout le potentiel de développement, de diversification laissé à d’autres régions.

Premier département français producteur de porcs après Guerre, la production porcine aujourd’hui n’équivaut même plus à une seule installation au Danemark ! Aucun projet depuis sept ans ! L’administration et les écologistes n’ont plus besoin de refuser les dossiers, il n’y en a pas ! Alors que des milliers d’hectares sont disponibles pour épandre les effluents. Faut-il que nos terrains servent de poubelles pour les grandes métropoles ?

Après une période de marasme, la production ovine est aujourd’hui prometteuse. Cependant, toujours pas de nouvelles installations, on les laisse à d’autres régions ? La pomme ne se développe plus malgré l’AOC que PERLIM a contribué à mettre en place. Les fraises, les framboises, fleurons de notre département, ont quasiment disparues ! Pour les légumes, plus de démarche organisée, plus de filière, plus de production…

Il est temps de se retrousser les manches, de faire du développement technique et d’inciter en particulier les jeunes à se lancer dans des productions innovantes qui monopolisent beaucoup moins de capital et rapportent autant ou plus que de «courir des hectares» qui ne sont pas valorisés au maximum. «1500 m2 de bâtiment en hors sol en volailles rapportent davantage que 150 hectares sans demander autant de travail…»

 

Le président Tony Cornelissen.
Le président Tony Cornelissen. - © DR

Relancer la production agricole, un objectif

La création de richesse se fera par la diversification et la relance de productions qui amèneront de l’essor à l’économie locale, aux entreprises, aux industries agro-alimentaires et à l’emploi.Non pas par une mono production vouée au dictat des Italiens.

Un partenariat étroit doit se renforcer avec les élus de toutes sensibilités. Ce n’est pas la couleur du projet qui compte, mais son besoin, sa nécessité et surtout son efficacité.

«Je souhaite pour ma part des rencontres et des réunions de travail plus régulières et plus constructives qu’elles ne le sont aujourd’hui avec la CGA (Confédération Générale de l’Agriculture). Peut-être mettre en place comme dans la plupart des départements un CAF, Conseil de l’Agriculture… qui permettrait fort justement de pallier à cette lacune.»

 

Travailler à l’amélioration des structures d’exploitations

L’évolution actuelle et le laisser-aller ne nous mènent pas dans le sens d’un développement harmonieux de l’agriculture et du reste de la société notamment en matière foncière.

Pour avoir une agriculture performante : il faut des exploitations structurées, d’un seul tenant qui permettent de limiter les charges d’exploitation, les trans-ports, les surveillances, les clôtures…, défricher.

Nous devons privilégier ces restructurations et interdire l’implantation de maisons dans les zones rurales qui amènent toujours des contraintes (arboriculture, épandages, …). Nous attendons d’ailleurs beaucoup de la charte du bon voisinage à venir.

 

Travailler au regroupement des moyens de productions

En effet, les moyens législatifs en vigueur, complétés par la loi de décembre 2010 n’imposent plus d’enquêtes publiques dans les d’exploitations. Mais les moyens de production notamment en matériels sont des pistes insuffisamment explorées, et de citer :

une seule distribution collective en Corrèze, contre une par canton, voire une par commune en Bretagne.

Le regroupement de bâtiments fonctionnels arrangent va dans le sens du bien-être des exploitants autant que celui des animaux.

L’addition de moyens humains donne des opportunités pour éviter l’accroissement des contraintes horaires et le respect de la vie de famille, que réclament les jeunes.

La protection financière des biens personnels de l’agriculteur et de sa famille au travers de sociétés qui prennent les risques financiers en lieu et place des individus.

Améliorer la technicité des agriculteurs fait aussi partie de l’arsenal à déployer pour augmenter la productivité du travail. «Ce qui n’est pas le cas pour la «ferme Corrèze» qui diminue constamment son cheptel et qui est loin d’avoir un veau par vache et par an».

L’augmentation des charges, autre point récurrent, liée surtout au désengagement de l’Etat (équarrissage, baisse des subventions...), sans compter sur la volonté de maintenir des organismes agricoles nombreux, qui doivent tous trouver à justifier leur personnel. Les restructurations dans ce domaine sont nécessaires et inévitables, liées à la baisse du nombre d’agriculteurs, de plus en plus équipés en matériel informatique.

Le président de conclure «Regarder devant nous, donner des pers-pectives optimistes à nos agriculteurs. La nouvelle réforme de la PAC ouvre des possibilités pour produire. Profitons des opportunités que le marché nous laisse pour être plus réactifs. Sachons relever le défi de l’augmentation de la production, respectueuse de l’environnement, indispensable au maintien des agriculteurs et de l’économie agricole du département. Sachons montrer le bout du tunnel, et aidons les agriculteurs à savoir s’en sortir le plus vite possible. Les crises, il y en a eu d’autres, soyons optimistes».

 

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