L'Union Paysanne 09 décembre 2011 à 09h30 | Par SF

FDSEA Veaux de boucherie industriels - La rémunération, clé du renouvellement des générations

La réforme de la PAC avec le lissage des DPU, va pour la FNB renforcer la politique des prix et des marchés.

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«Est-ce pour avoir trop tiré sur la ficelle des rémunérations ?» Le constat est des plus évident, si ce n’est inquiétant, pour l’ensemble de la filière veaux de boucherie industriels : «le renouvellement du parc des éleveurs ne se fait pas», indique Fabrice Heudier, le président de la section nationale veaux à la FNB, lors d’une réunion d’information des éleveurs du Lot et de la Corrèze qui s’est tenue ce 5 décembre à l’Hopital Saint Jean (46). «Et pour cause. Avant tout autre chose, posez-vous la bonne question… pourquoi ? Un métier, quel qu’il soit, ne peut intéresser des jeunes que s’il est rémunéré».

La présentation du projet de la future réforme de la Pac 2013/2020 fait clairement apparaître une uniformisation des DPU au plan national (proposition à 220 €/ha) avec la disparition programmée des références historiques, qui faisaient suite à la PAB (prime à l’abattage). Sans aides directes mais fondues dans un soutien de base, auquel s’ajouteront différents tiroirs obligatoires et ou facultatifs, les producteurs comme les intégrateurs n’auront plus de lien avec un soutien «référencé» à la production. Pour Fabrice Heudier «seul le marché devra apporter la rémunération nécessaire pour assurer la rentabilité de l’atelier. C’est cette rémunération que nous devons aller chercher».

Les entreprises d’aval (industriels et intégrateurs) n’ont plus aujourd’hui d’autre choix pour pérenniser leurs approvisionnements que d’offrir une rémunération à coûts réels. Et ces coûts, suite à diverses études de terrain menées par les professionnels du secteur avec le soutien de l’institut de l’élevage sont connus, ils s’élèvent à 134 € par veau. D’où débat sur le fond et la forme qui exprime «qu’on est aujourd’hui loin du compte». Le renouvellement des générations et la pérennité de la filière passeront par cet étape ou disparaitront. Sur ce point le président de la section veau ne peut pas être plus clair, car les éleveurs ne seront plus les variables d’ajustement dans un contexte économique et sociétal en plein bouleversement. Ce qui suppose en substance un toilettage du contrat type.

Tant pour Alexandre Merle, vice-président de la section (éleveur en Savoie), que pour Fabrice Heudier, «ce qui était impossible hier pour les intégrateurs le devient par simple nécessité aujourd’hui. Sinon c’est la mort programmée des entreprises et de cette filière».

 

INFO section bovine

Soutien à la production de veau sous la mère

 

Pour l’année 2011, le montant unitaire de l’aide aux veaux sous la mère sous label rouge et aux veaux sous la mère bio est fixé à 34,50 euros.

Ce montant correspond à l’aide versée aux veaux labellisables et aux veaux bio dont les éleveurs ne sont pas adhérents à une organisation de producteurs.

L’aide majorée, destinée aux veaux labellisés et aux veaux bio dont les éleveurs sont adhérents à une organisation de producteurs, correspond au double de l’aide de base, soit 69 euros pour cette campagne.

 

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