L'Union Paysanne 15 février 2010 à 12h01 | Par d'après Actuagri

Fédération nationale bovine - Le ministre ne convainc pas : des réponses partielles aux problématiques

Vaccination contre la FCO, transparence des relations commerciales, photovoltaïque… les producteurs bovins sont restés sur leur faim à l’issue de l’assemblée générale de la Fnb.

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«Nous sommes à moitié rassurés. Le ministre n’a apporté que des réponses insuffisantes et incomplètes », a résumé un délégué à l’issue de l’Assemblée générale de la Fédération nationale bovine (Fnb) qui s’est déroulée à Angers, les 3 et 4 février. Le moins que l’on puisse dire est que Bruno Le Maire n’a pas convaincu une salle qui attendait des réponses précises sur un certain nombre de dossiers.

Certes le ministre a annoncé que le versement du solde de la prime à la vache allaitante sera accéléré. Prévues pour la fin mars, les sommes devraient arriver sur le compte des éleveurs, un mois plus tôt, à partir de la mi-février. Autre demande sur laquelle il a tenu à faire taire les inquiétudes des délégués : le sort de la PHAE. « Les contrats PHAE 2010 et 2011 seront renouvelés dans les prochaines semaines ». Le ministre a également donné son feu vert au prolongement de la campagne de vaccination jusqu’au 30 juin (contre le 31 mars programmé initialement).

Mais à la question précise de savoir si les éleveurs pourront vacciner à l’avenir, comme ils le demandaient, la réponse a été beaucoup plus ambiguë. « Je souhaite que les éleveurs soient associés à la vaccination et que leur rôle d’infirmier soit reconnu », a-t-il déclaré. Et sous la bronca de la salle, il a refusé à procéder à toute évolution de la réglementation en matière de tests ESB, sur laquelle le président de la Fnb Pierre Chevalier avait insisté. « Il est trop tôt pour alléger les tests de dépistage. Ce serait une erreur » a-t-il indiqué par rapport au ressenti des consommateurs.

Consensus sur les intentions

 

Pour le reste, Bruno le Maire est apparu en phase avec les principales revendications des éleveurs : la nécessité de la régulation des marchés sur laquelle il s’est battu avec la signature de l’Appel de Paris, le refus de faire de nouvelles concessions à l’OMC : « On est allé à l’extrême limite des concessions acceptables » a-t-il souligné. Ou la nécessité de ne pas en rajouter en matière de contraintes environnementales et de bien-être animal pour ne pas aggraver les distorsions de concurrence.

De même il s’est prononcé en faveur de la mise en place de contrats type filière, comme le propose la Fnb. « Je vous accompagnerai dans votre démarche de contractualisation» a-t-il déclaré. Avec mention des prix et des volumes pour sécuriser le revenu des éleveurs et mise en place de contrats écrits « sous le contrôle de la puissance publique ». Un autre moyen de rééquilibrer les relations commerciales sera le renforcement du rôle de l’observation des prix et des marges dont les travaux ont démarré sur la viande bovine et qui « bénéficiera d’un cadre législatif » dans le cadre le la prochaine loi de modernisation agricole.

Mais au-delà des déclarations d’intention, les délégués sont restés sur leur faim quand ils attendaient des engagements précis sur un certain nombre de dossiers. Ainsi le ministre a semblé se dérober en renvoyant à des groupes de travail, à des nouvelles réunions… les réponses à un certain nombre de questions. Comme la remise en cause de l’engagement de l’Etat sur les tarifs du photovoltaïque, la révision des critères d’accès aux indemnités compensatrices de handicaps qui sera certainement lourde de conséquence ou la révision des cotations. Pierre Chevalier avait lourdement insisté sur ce dossier et la transparence des relations commerciales, (pesée, classement, machine à classer) en demandant au ministre de « siffler la fin de la partie ».

Impressions livrées par Jean-Paul Peyroux, producteur de veaux de boucherie

 

«Pouvez-vous nous résumer les principaux points qui vous ont marqué lors de ce congrès ?

 

Jean-Paul Peyroux :  Les points positifs sont à l’évidence les annonces faites par le ministre, comme la reconduction des PHAE2 qui arrivent a échéance, le versement anticipé de la PMTVA (part Française). J’ai surtout remarqué (dans le ton) la volonté du ministre de ne rien lâcher sur l’OMC, ainsi que son engagement à renforcer l’observatoire des prix et des marges, avec toutes les difficultés que cela comporte, notamment les difficultés à se procurer les donnée auprès des GMS, ce qui suppose de légiférer par l’intermédiaire de la LMA.

J’ai senti au travers de la table ronde sur l’organisation des filières, l’impact et les enjeux économiques que représente l’agriculture dans une Europe menacée d’indépendance alimentaire. La contractualisation thème central de ce congrès marque l’orientation de la FNB « de produire réellement pour un marché, de concert avec les abatteurs, les distributeurs, dont le but n’est autre qu’une meilleure répartition des marges ».  

De plus les propos tenus par nos parlementaires nationaux et européens présents, témoignent d’une volonté de réorientation de la PAC que devra traduire en actes le nouveau commissaire à l’agriculture d’origine Roumaine.

 

Dites-nous les attentes pour lesquelles vous n’avez pas eu de réponses?

 

Réellement, j’ai le sentiment que personne ne voit le bout du tunnel. Nous ne pouvons par conséquent rien dire sur ce qui se passera en 2010. Tous les intervenants n’ont pas manqué de relever, qu’il est paradoxal dans un contexte déficitaire en viande bovine, que les lois du marché ne s’appliquent dorénavant plus. Il y a les marges certes, mais pas seulement… Il y a semble-t-il la conjonction de plusieurs phénomènes qui s’entrecroisent, entre la FCO, la production et les abattages, la consommation, les conséquences générales liées à la crise économique. »   

 

Propos recueillis par S FRESCALINE

Quelques réponses... des engagements

 

Réunis en congrès à Angers les éleveurs et leurs représentants (sections bovines FDSEA ainsi que la FNSEA et la FNB) ont obtenu du ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, des réponses partielles aux attentes qui sont nombreuses dans le contexte de crise que chacun sait.

La date limite de vaccination obligatoire contre la FCO dans le cadre de la prophylaxie est repoussée au 30 juin 2010 (au lieu du 30 mars). Cette mesure élargit l’éventail des prises en compte tant pour les bovins que pour les ovins. Demande formulée par la FDSEA de la Corrèze lors des différentes cellules de veille.

Le paiement du solde de la PMTVA (part nationale) est promis et soutenu pour la mi-février, «une légère bouffée d’oxygène pour tous les éleveurs exempts de trésorerie».

Les contrats PHAE2 à terme en 2010 et 2011 seront renouvelés (enveloppe de 188 millions d’euros sur 5 ans) avec l’engagement ministériel d’élaborer un nouveau dispositif après 2013.

Ces quelques réponses ne sauraient toutefois satisfaire totalement les éleveurs et leurs organisations au regard des enjeux et des difficultés traversées par l’élevage bovin Français et plus précisément dans notre département.

D’autres engagements ont été notamment actés, comme :

- L’étude (technique) approfondie de la suppression des tests ESB, - La défense du maintien des droits de douanes et la demande de classement de la viande comme produit sensible dans les négociations à l’OMC.

- Le soutien de l’Etat dans l’élaboration des nouveaux contrats filière (prix-volume) s’il est acquis, la profession n’en attend pas moins un renforcement de l’arsenal législatif dans la Loi de Modernisation Agricole (LMA), permettant notamment «que les éleveurs ne soient pas toujours la variable d’ajustement» (parole de ministre).

 

FDSEA

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