L'Union Paysanne 05 janvier 2011 à 10h13 | Par Sophie Giraud

Filière porcine - Christian Guy : «La mention d’origine est un premier pas»

La mention d’origine sur la viande de porc, fraîche et transformée est désormais obligatoire. Si le président de la section régionale porcine Auvergne Limousin se félicite de cette avancée, il estime que seul le «VPF» fera la différence.

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Christian Guy : « La mention d’origine est une avancée qui devrait permettre une information plus loyale et complète vis-à-vis du consommateur ».
Christian Guy : « La mention d’origine est une avancée qui devrait permettre une information plus loyale et complète vis-à-vis du consommateur ». - © DR

Le 15 décembre dernier, l’interprofession porcine est parvenue à un accord sur la mention d’origine. Quelles en sont les modalités ?

C.G. : Pour les viandes et abats de porc commercialisés par la distribution (Gms, bouchers, charcutiers) et la restauration, la mention «origine France» in-dique que les animaux dont est issue la viande sont nés, élevés, abattus, et découpés en France. Sinon la mention doit indiquer «origine (pays)» (par exemple : «origine Espagne») si les animaux sont nés, élevés, abattus et découpés dans ce pays ou bien «Origine UE» si les pays de naissance, élevage, abattage et découpe sont différents pays européens. Pour les produits transformés (frais, cuits ou secs) fabriqués en France avec de la viande porcine d'origine française, l'information de l'origine apposée sur l'étiquette est : « origine France ». Pour les produits transformés (frais, cuits ou secs) fabriqués en France à partir de viande provenant d'un autre pays de l'Union, la mention sur l'étiquette est : «viande porcine (pays)» si l'origine nationale est unique, ou «viande porcine d'origine Union européenne» si l'origine est multiple ou non connue. Dans le cas où le produit porte la mention «Fabriqué en France» ou «Transformé en France» cette mention doit obligatoirement être suivie de «à partir de viande d'origine (pays)» (exemple Espagne ou de l'Union européenne ». Cette seconde indication doit être écrite dans la même taille de caractère que la première et doit être conforme à la législation en vigueur.

 

Il a fallu batailler ferme pour obtenir cet étiquetage…

C.G. : Nous avons du effectivement, dès le départ, faire face aux réticences de la grande distribution, hostile à l’apposition sur les produits de l’indication d’origine. C’est pourtant une avancée réelle, dans la mesure où enfin on ne trompera plus le consommateur.

Cette mention est-elle, selon vous de nature à favoriser la consommation de produits français ?

C.G. : On espère que cette mention boostera la consommation française. Mais, pour nous, seul le logo «Viande porcine française», pourra faire la différence. La mention d’origine est un premier pas, mais insuffisant pour générer une plus-value pour les producteurs.

 

C’est-à-dire ?

C.G. : Le VPF n’est pas un simple logo. C’est un accord qualité assorti d’un cahier des charges, et dans ce cadre la demande de valorisation trouve toute sa légitimité. Une plus-value de 10 centimes d’euros du kilo pourrait être envisagée. Encore une fois, la grande distribution freine des quatre fers, mais nous comptons bien mener des actions pour faire aboutir rapidement la plus-value sur le VPF.

 

A l’échelle du Massif central, cette valorisation serait-elle suffisante pour garantir un avenir à la production ?

C.G. : Il nous faut aller plus loin sur la démarche «montagne» et conforter les démarches existantes. Sur la «montagne», les salaisonniers ne sont pas fermés à cette volonté de valorisation, ils sont même demandeurs et plutôt pressés. Les abatteurs y vont à marche arrière dans la mesure où il ne voudrait pas intégrer toute la carcasse. La montagne peut être une force de vente, les études de marché l’ont démontré, mais pour que cette démarche soit vraiment ga-gnante, il faut qu’elle s’applique à au moins 89 % de la carcasse.

 

 

Au plus tard le 31 mars

Pour la viande et les abats de porc, l'application de cette information d'origine sur les lieux de vente est immédiate. Pour les produits transformés, nous recommandons une mise en place la plus rapide possible, et au plus tard le 31 mars 2011. Les entreprises doivent donc dès à présent intégrer ce nouvel accord dans leurs prochaines commandes d'étiquettes, films ou packaging.

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