L'Union Paysanne 29 décembre 2020 a 06h00 | Par La rédaction

FNSEA. Assemblée générale de la Commission nationale des agricultrices

La Commission nationale des agricultrices de la FNSEA (CNA) a organisé, le 10 décembre, son assemblée générale en visioconférence.

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« Faire sauter le plafond de verre »
L’occasion pour les agricultrices de débattre sur de nombreux sujets dont celui de l’égalité homme-femme, avec en toile de fond la question des quotas. Comment attirer des jeunes femmes à l’agriculture ? Comment leur donner le goût et l’envie de s’engager dans le syndicalisme agricole ? Comment parvenir à concilier la vie de femme, de mère, d’agricultrice et de syndicaliste ? Que faire contre les violences conjugales ?

Telles sont quelques-unes des nombreuses questions que les agricultrices de la CNA se sont posées le 10 décembre. Pour débattre de tous ces sujets, la présidente de la CNA, Jacqueline Cottier, avait convié de prestigieuses invitées. Tout d’abord, la sénatrice Annick Billon (UC, Vendée) présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes.

L’occasion pour elle d’évoquer le rapport écrit par son prédécesseur à ce poste, Chantal Jouanno : « Être agricultrice en 2017*». Ce rapport pointait des avancées notables dans un secteur longtemps dominé par les hommes et identifiait des défis importants à relever. « C’est un rapport qui est toujours d’actualité », a souligné Annick Billon.

Lutter contre les stéréotypes

« Il est vrai que les agricultrices ont réalisé et réalisent toujours un travail considérable », a pour sa part affirmé Élisabeth Moreno, ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, à la diversité et à l’égalité des chances. « Elles ont joué et jouent un rôle majeur dans la prospérité de notre pays », a-t-elle ajouté, rendant hommage à l’action de la FNSEA qui a « sorti les femmes de l’invisibilisation (sic) ».

Dénonçant les inégalités subsistantes et appelant à lutter contre les stéréotypes qui constituent autant de freins sociaux, elle plaide pour un meilleur accès aux stages, au foncier, aux financements aux moyens de production, afin d’accroître la viabilité des exploitations dirigées par les femmes. Une viabilité économique qui est aujourd’hui inférieure à celle des hommes. Faut-il pour cela mettre en place des quotas « pour faire sauter le plafond de verre ? », selon l’expression de Karen Serres, ancienne présidente de la CNA.

« Briser les autocensures »
Dans ce domaine, les avis sont partagés. Pour Françoise Liébert haute fonctionnaire en charge de l’égalité des droits femmes-hommes au ministère de l’Agriculture, il existe une « utilité des quotas en première intention » pour en quelque sorte "amorcer la pompe".

Car « on ne peut pas compter que sur la bonne volonté de nos collègues masculins », a glissé Élisabeth Moreno. D’ailleurs sans la loi Copé-Zimmermann (2011), le nombre de femmes dans les conseils d’administrations des grands groupes ne serai jamais passé de 15 % à 40 %. La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, acquiesce, reconnaissant que c’est parce qu’un poste de vice-président du CDJA du Cantal était statutairement réservé à une femme qu’elle a pu arriver à cette fonction. Mais comme beaucoup, elle n’est pas une « femme de quotas. Je crois plus au témoignage de ce qu’on est et de ce qu’on porte », à l’image d’une Jeannette Gros, première femme à être devenue présidente de la CCMSA. Sophie Alzien, agricultrice en Ariège, témoigne aussi de son opposition aux quotas : «J’étais allée à reculons sur la liste FDSEA pour mon premier mandat à la Chambre d’agriculture.

L’expérience n’a pas été très positive. En revanche, pour mon deuxième mandat, j’ai décidé d’y aller et je suis nettement plus impliquée et plus motivée », a-t-elle confirmé. Il faut par conséquent « briser les autocensures », a ajouté Elisabeth Moreno ainsi que « donner une image positive de l’engagement et ne pas avoir peur de se jeter à l’eau », a conclu Christiane Lambert.

Le rapport est disponible sur le site du Sénat : https://www.senat.fr/rap/r16-579/r16-5791.pdf

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AGRICULTRICE. Du travail en perspective en département

Suite à l’assemblée Générale du 10 décembre, la commission départementale des agricultrices de la Corrèze s’est réunie en visio conférence afin de faire le point sur l'année écoulée et anticiper les actions pour 2021.

Cette année 2020 élective a remis au coeur des discussions la féminisation au sein des instances agricoles. La question des quotas ou des pourcentages divise même en département bien que tous les membres s’accordent à dire que la parole des agricultrices en Corrèze est particulièrement bien représentée. « La femme est l’agent secret du développement rural » rappelle une participante.

Gestionnaire aux champs, à la maison ou bien partie prenante d’associations locales (parents d’élèves, sportives ou patrimoine local…) les agricultrices oeuvrent à tout niveau pour l’évolution de leur territoire.

Cette année, la commission a à coeur de continuer ses actions malgré la crise sanitaire en développant de nouveaux canaux de communication.
Par exemple, la commission souhaite s’engager fortement dans le cadre de l’action nationale «#agridemain» afin de faire connaître ses activité au grand public et pouvoir, lorsque les conditions le permettront à nouveau, recevoir dans leurs exploitations en tant qu’ambassadrice agridemain.

La commission proposera également une formation à l’utilisation des réseaux sociaux afin de maîtriser et moderniser l’image de la femme en agriculture.
Bien d'autres projets ont émergé et seront dévoilés au cours de l'année 2021.

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