L'Union Paysanne 07 avril 2011 à 09h55 | Par ACTUAGRI

FNSEA - Les chantiers du nouveau conseil d’administration

Le 31 mars la FNSEA disposait d’un nouveau Conseil d’administration. Après une année 2010 marquée par le yoyo des prix agricoles mondiaux, plongeant l’élevage dans de grandes difficultés, la FNSEA va se concentrer sur le G20, la réforme de la PAC, la compétitivité de l’agriculture et l’organisation des filières.

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Mardi 29 mars, ouverture du 65e congrès de la FNSEA à Saint Malo. Christiane Lambert, Dominique Barrau et Xavier Beulin, Patrick Ferrer, Jean Bernard Bayard, Philippe Pinta.
Mardi 29 mars, ouverture du 65e congrès de la FNSEA à Saint Malo. Christiane Lambert, Dominique Barrau et Xavier Beulin, Patrick Ferrer, Jean Bernard Bayard, Philippe Pinta. - © Arnaud Marlet, Terra (Réussir)

A l’issue du huis-clos du 29 mars, le 65ème Congrès de la FNSEA s’est ouvert le lendemain à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) dans une atmosphère élective pour les représentants des 96 FDSEA, 22 FRSEA et des associations spécialisées. Le Conseil d’administration du syndicat devait y être renouvelé, l’élection du président et la nomination du Bureau intervenant lors du Conseil d’administration du 21 avril. Les dernières attaques des environnementalistes sur l’agriculture intensive, la communication de la FNSEA sur les grands sujets touchant à la vie des agriculteurs et les crises d’une année 2010 jugée «dense et éprouvante» par son président Xavier Beulin, ont occupé les débats du 29. Le rapport d’orientation, lui, était discuté et voté le 30 mars, intitulé «Inscrire nos exploitations dans la croissance durable». C’est dans un contexte d’inquiétudes fortes aussi pour les productions animales et la viande bovine en particulier que Xavier Beulin a énoncé plusieurs grands chantiers pour la FNSEA en 2011 : le G20, la réforme de la PAC d’après 2013, la compétitivité de l’agriculture française et l’organisation des filières agricoles.

La présidence française du G20 a haussé en priorité dans l’agenda politique des 20 plus grandes puissances la question de la volatilité accrue des cours des matières premières agricoles et par conséquent la nécessité de réguler davantage ces marchés. Au nom d’une plus grande sécurité alimentaire mondiale et de la sécurisation du revenu des agriculteurs. La FNSEA réunit ainsi les 16 et 17 juin prochain, à la veille d’un G20 agricole organisé à Paris (les 20 ministres de l’Agriculture des Etats du G20), entre 120 et 150 délégations mondiales de producteurs agricoles afin de contribuer à ce débat international.

 

Indexation

Parallèlement et au niveau national, après sa proposition d’indexer les prix des produits alimentaires en rayons sur l’évolution à la hausse ou à la baisse des cours des matières premières, la FNSEA veut «convaincre», en particulier les consommateurs. «Je leur adresse ce message : nous devons passer par des hausses sensibles sur les produits finis quand les matières premières augmentent. Et je veux les rassurer : lorsque ces dernières vont baisser, le consommateur en profitera si les marges ne sont pas captées à d’autres niveaux…», a affirmé son président.

Autre chantier, crucial, la réforme de la PAC d’après 2013 pour laquelle la Commission européenne devrait annoncer des propositions législatives après l’été. «Nous aurons une évolution sensible de la PAC», a d’ores et déjà commenté devant le Congrès Xavier Beulin. Le niveau de «verdissement» de la politique agricole commune est l’un des enjeux de cette réforme ainsi que le maintien d’outils de régulation des marchés et la répartition des soutiens directs entre anciens et nouveaux Etats membres de l’UE. «En aucun cas la conditionnalité des aides doit être l’outil du durcissement de la réglementation environnementale», a précisé pour sa part Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA.

 

Filières

L’amélioration de la compétitivité de l’agriculture et du secteur agroalimentaire français est tout aussi importante pour la FNSEA. Son président en a fait d’emblée l’une de ses priorités après son élection à la tête du syndicat en décembre dernier. «Nous attendons la concrétisation d’avancées majeures de la part des pouvoirs publics», a-t-il déclaré le 30 mars. En particulier sur un allègement du coût du travail permanent, après avoir obtenu une réduction des charges sociales patronales pour l’emploi saisonnier. La FNSEA milite aussi pour une refonte du financement de la sécurité sociale via le passage d’une taxation du travail à celle de la consommation, en s’appuyant sur la TVA.

Enfin, l’organisation des filières agricoles. «Chacun des acteurs dans les filières doivent reconnaître la nécessité de renforcer leurs relations de manière plus équitable et plus juste», a-t-il expliqué à Saint-Malo. La FNSEA fustige des filières «qui ne rémunèrent pas l’acte de production», a martelé son secrétaire général, Dominique Barrau. Pour ce faire, des outils sont nécessaires tels que les contrats. Mais la contractualisation n’«apportera un plus à l’agriculture» qu’à trois conditions pour Xavier Beulin : «une meilleure organisation de l’offre, avoir une vie interprofessionnelle et pousser ces contrats jusqu’au bout des filières», jusqu’aux distributeurs. La FNSEA demande d’ailleurs au gouvernement de «rouvrir» le débat sur la LME (loi de modernisation de l’économie).

 

La délégation corrézienne attentive aux travaux de la FNSEA.
La délégation corrézienne attentive aux travaux de la FNSEA. - © DR

Les corréziens au congrès de la FNSEA à Saint Malo

 

Tournant ou adaptation

 

Si la France est belle, qu’il est long de la traverser ! 8 h, c’est le temps qu’il a fallu à la délégation corrézienne pour relier la cité corsaire où un temps vraiment breton nous y attendait. Mais là n’est pas l’essentiel.

Au cours du huis clos la région massif central a vu l’approbation et l’intégration de la FNSEA 03, nouvelle fédération du département de l’Allier issue de la fusion de l’UDSEA et de la FDSEA.

Plus globalement, le ressenti des Corréziens à l’issue de ce congrès, le premier de l’ère Beulin, peut se résumer en d’intenses débats sur les questions économiques et environnementales. Le regroupement de l’offre et ses déclinaisons sont le point central de toute action visant à peser plus efficacement sur les marchés intérieurs (GMS) et notamment l’export insuffisamment optimisé.

Le foncier, problématique clé de l’agriculture et des agriculteurs, doit au travers des Safer (rôles et moyens) faire l’objet d’une révision pour ne pas dire refonte.

L’eau, élément sensible et vital pour la vie des hommes et des plantes, a été traitée par le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire comme devant «être géré localement avec pragmatisme…», ce qui répond aux attentes des agriculteurs de Corrèze concernés par les plans de stockage.

Bien sûr le «plan prédateur» avec entre autres le dossier des dégâts des sangliers fut évoqué «Nous devons changer de politique car la précédente n’a pas marché» dixit le ministre.

Enfin, c’est sur une note optimiste concernant la réduction du coût du travail dont l’impact est loin d’être négligeable en Corrèze que le premier ministre François Fillon a conclu ce congrès, «qui ne restera pas dans toutes les mémoires».

Ton trop limpide, trop monocorde, le manque d’envolée syndicale en est sûrement la principale raison : changement de temps, de contexte, nouvelle époque, nouveaux mœurs, qui n’excluent pas pour autant plus d’efficacité.

 

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