L'Union Paysanne 09 avril 2015 à 08h00 | Par Richard Zizert

Gel de l’ensemble des retraites pour 2015

La section départementale des anciens exploitants de Corrèze a tenu son assemblée générale annuelle le 3 avril dernier dans la salle des assemblées de l’Immeuble consulaire de Tulle. Pour l’occasion, Jacques Dufrechou, secrétaire général de la section nationale, était présent.

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Jacques Dufrechou : «Même à la retraite, nous sommes essentiels».
Jacques Dufrechou : «Même à la retraite, nous sommes essentiels». - © Richard Zizert

L’assemblée générale de la SDAE 19 présidée par Maurice Bourliataud a débuté par l’intervention d’Anne-Lise Fournial, juriste de la Fdsea 19. Celle-ci est revenue sur les coûts en matière de succession, abattements, taux d’imposition et réductions. Son exposé a été complété par Yves Gaonach, directeur de la Safer Marche Limousin qui est revenu sur l’évaluation des biens et les outils dont la Safer dispose.

 

Grincement de dents

Mais le ciel s’est assombri au moment de l’intervention du représentant de la MSA, Nicolas Maligne. Ce dernier avait été averti la veille d’une malencontreuse nouvelle. «L’an dernier, je vous annonçais que les retraites allaient être revalorisées jusqu’à 75%. Hier soir, nous avons reçu une note nous avertissant que pour l’année 2015, l’ensemble des retraites et prestations de retraites étaient gelés. La raison de ce gel est que le taux de revalorisation des retraites étant indexé sur l’inflation, si l’Etat avait dû appliquer un taux, il aurait été négatif et vous auriez connu une baisse des retraites». Une nouvelle qui a fait déchanter. De plus, la prime de 40 €, prévue une fois, qui devait être versée pour tous au mois de mars, s’étalera finalement jusqu’au mois de juillet.

«A quoi bon voter des lois, si elles ne sont pas suivies de décrets d’application ?» C’est avec détermination et un certain ras-le bol que le président de la SDAE de Corrèze, Maurice Bourliataud, a dénoncé l’immobilisme de l’Etat et son incapacité à mettre en œuvre ses promesses, notamment concernant la réforme des retraites.

Retraites : de mauvaises nouvelles annoncées pour 2015.
Retraites : de mauvaises nouvelles annoncées pour 2015. - © Richard Zizert

Retour sur le congrès national

Roland Lalinde, adhérent de la SDAE 19, a quant à lui pris la parole pour faire un retour le congrès national des anciens exploitants les 17 et 18 mars derniers à Paris. Il a notamment exprimé son avis sur cet évènement. «Personnellement, j’ai eu l’impression qu’une grande majorité des congressistes était inquiète de l’avenir. Car depuis plusieurs années, rien, ou si peu, a avancé. J’ai été assez déçu de constater cette morosité, ne serait-il pas temps que les choses évoluent de façon urgente ?», a conclu Roland Lalinde.

Maurice Chardeyron, dans son rapport d’activité a, lui, tenu à souligner que «grâce à l’investissement et le dynamisme de la Fdsea, nous avons cette année obtenu la Carte Moisson qui nous permettra d’avoir des ristournes et promotions sur certaines articles (contrôle technique, cinéma, achat de pneus, etc...), bien entendu réservées aux adhérents. Et d’autres partenaires sont prochainement à venir.

Sur le volet des cotisations, j’aimerais sensibiliser chacun à une relance des cotisations. Si chacun d’entre nous, adhérent à la SDAE 19, allait voir un voisin, nous doublerions les adhésions ce qui nous permettra d’être encore plus fort, pensez-y !».

Jérôme Pascarel, président des Jeunes Agriculteurs de la Corrèze, avait également répondu présent. Dans son discours, il a tout d’abord remercié les Anciens Exploitants de Corrèze pour leur invitation et a affirmé le soutien des jeunes envers leurs aînés. «Nous devons travailler et se soutenir sur la question du renouvellement des générations et la cessation-reprise. Il faut que les futurs retraités puissent transmettre de manière viable leurs exploitations et leurs outils».

Michel Queille, secrétaire général de la Fdsea a souligné l’absence de plus en plus remarquée des élus départementaux, «une absence de moins en moins pardonnable». Il est également revenu sur le soutien des «actifs» envers leurs aînés. Et sur la nécessité que chacun se soutienne dans les combats et revendications. Jean-Paul Merpillat, représentant la Chambre d’agriculture, a rappelé l’importance des anciens sur le territoire car beaucoup restent actifs dans les communes, les associations, sur le terrain. «Ils ont une place importante dans la transmission des exploitations. Ils ont un rôle de soutien pour les jeunes, cela peut-être une source de réconfort».

Cette assemblée s’est conclue par l’intervention de Jacques Dufrechou, secrétaire général de la section nationale. «Même à la retraite, nous sommes essentiels, nous ne sommes pas un faire-valoir et nous pouvons être des acteurs cruciaux du territoire». Il est également revenu sur la réforme des retraites. «Le plan quinquennal qui nous avait été annoncé ne sera probablement pas tenu, sachez que nous allons devoir serrer les dents et aller secouer nos élus». La matinée s’est terminée dans la convivialité avec un repas pris en commun.

Congrès National de la section des anciens exploitants

Intervention de la région Limousin - Auvergne

 

Force est de constater que nos fédérations départementales sont de moins en moins riches et qu’à l’avenir elles risquent de connaître de sérieux problèmes de trésorerie. De nombreuses organisations professionnelles s'appuient souvent et viennent chercher notre syndicalisme pour les élections mais sont de moins en moins généreuses en ces périodes difficiles. Si on peut les comprendre, cela n'explique pas tout. Dans de telles situations, il ne faudra pas que nos sections des anciens exploitants qui sont pourtant très dynamiques passent au rebus. C'est une crainte car dans la plupart de nos organisations professionnelles nous passons toujours en dernier après les actifs. C'est peut-être une philosophie qui peut s'expliquer ? Mais nous ne la cautionnons pas. Nous pouvons dire sans nous tromper que les anciens exploitants par leurs expériences, leur dynamisme, soutiennent leurs enfants, leurs petits-enfants et le syndicalisme. Combien de nous pour transmettre nos exploitations avons consenti des efforts financiers, signé des cautions pour installer un descendant. Dans cette période très difficile pleine d'individualisme où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, nous demandons aux actifs à tous les niveaux, départementaux, régionaux, nationaux de la Fnsea de nous écouter sur les problèmes de retraite et de dépendance.

Une vie active c'est très vite passé, mais après la retraite nous pouvons espérer vivre encore une vingtaine d'années. Nos actifs ont tout intérêt à se préoccuper sérieusement du montant des futures retraites agricoles et à s'engager un peu plus financièrement pour améliorer la RCO.

Pour survivre, certains de nos collaborateurs n’auront d’autre choix que d’aller aux restaurants du cœur.

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