L'Union Paysanne 20 décembre 2013 à 08h00 | Par VS

Henri Demontjean, l’homme de terrain

Il voulait avoir une exploitation, son exploitation et finalement, a consacré l’ensemble de sa vie professionnelle à celle des autres. Après 28 ans à la FDSEA et dix ans à la Chambre d’agriculture, Henri Demontjean tire sa révérence.

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À l’occasion de sa «cérémonie» de départ en retraite, Henri Demonjean a reçu la médaille de la Chambre d’Agriculture des mains de l’actuel président.
À l’occasion de sa «cérémonie» de départ en retraite, Henri Demonjean a reçu la médaille de la Chambre d’Agriculture des mains de l’actuel président. - © UP 19

Monsieur le professeur

Fils d’agriculteur, Henri Demontjean a obtenu en 1972 un BTS Agricole, Productions Animales au lycée des Vaseix à Limoges. Autant dire qu’il y a plus de quarante ans cet examen représentait un «passeport» pour l’emploi. C’est dans l’éducation que ce passionné d’agriculture a fait ses premières armes pour enseigner la zootechnie aux futurs agriculteurs Corréziens qui ont usés leurs pantalons sur les bancs du lycée de Naves. Période entrecoupée du service militaire, ce jeune professeur a accompagné durant deux années des instituteurs qui, à l’époque, dispensaient des cours aux jeunes agriculteurs pour aboutir à la création du Centre de Formation des Apprentis. Rapidement, Henri Demontjean a éprouvé le besoin d’être plus au contact du terrain et en 1975 a rejoint la FDSEA de la Corrèze sous la présidence de feu Monsieur Chapelle et la direction de Monsieur Malmartel, à la fois directeur de la Chambre d’agriculture et de la FDSEA.

 

De créations en fusions

En ce temps, le département de la Corrèze comptait 14 000 agriculteurs et les organisations agricoles tournaient à plein régime. De créations en fusions, Henri Demontjean assista et participa notamment à la naissance de «Comptacor». En 1976, les Chambres faisaient principalement du développement et les FDSEA s’occupaient des affaires syndicales, fiscales, juridiques et sociales. Aussi, il y avait une structure qui fédérait les centres de gestion agréés, l’agrément permettant d’obtenir un abattement fiscal de 20% sur les bénéfices agricoles. La FDSEA de la Corrèze créa, cette même année, son centre de gestion avec, au départ, trois adhérents au bénéfice réel. Ainsi, dans le début des années 80 sous la double présidence (Chambre, FDSEA) de Madame Chezalviel, Comptacor vit le jour consécutivement à la fusion de deux outils (l’AGFA, centre de fiscalité de la FDSEA et du service comptabilité gestion de la Chambre d’agriculture). «Aujourd’hui de nombreuses structures sont à mettre à l’actif des FDSEA» confie Monsieur Demontjean.

Henri Demontjean en compagnie de cinq présidents de la FDSEA, dont Michèle Chezalviel, Joël Soursac, Pierre Chevalier et Tony Cornelissen, avec lesquels il a travaillé.
Henri Demontjean en compagnie de cinq présidents de la FDSEA, dont Michèle Chezalviel, Joël Soursac, Pierre Chevalier et Tony Cornelissen, avec lesquels il a travaillé. - © UP 19

Un syndicalisme Unitaire

Lors de l’entretien que nous a accordé Henri Demontjean, la nostalgie d’une époque, d’un syndicalisme unitaire s’est fait ressentir. En 1982 est venu à l’assemblée générale de la FDSEA de la Corrèze Marcel Deneux en qualité de vice-président de la FNSEA et président de la FNPL, aujourd’hui sénateur, l’un des trop rares agriculteurs de l’hémicycle. Son intervention était basée sur le souci de la tolérance, sur le fait d’assumer la mission d’exécution et de cogestion, prônant un syndicalisme unitaire favorable à l’agriculture, plutôt qu’un syndicalisme lié à des courants philosophiques. À partir de 1981 les rapports entre la FNSEA et les pouvoirs publics changent, la nouvelle donne politique considère que c’est à eux de trancher y compris dans les problèmes socio-économiques. «Les rapports entre la FNSEA, présidée par François Guillaume, et la ministre de l’Agriculture, Edith Cresson, étaient extrêmement tendus, les pouvoirs publics remettant en cause la légitimité du syndicat FNSEA». «Dans ces querelles, nous avions réunis quatre mille agriculteurs place de la Guierle à Brive, l’un de mes meilleurs souvenirs syndicaux avec la manifestation parisienne «les dimanches des terres de France» où nous nous étions fixés comme objectif de faire monter à Paris cinq cents personnes pour manifester et finalement nous avons réquisitionné des wagons de la SNCF pour mille cinq cents manifestants» témoigne l’ancien directeur de la FDSEA.

La proximité

Au début animateur de la FDSEA, évoluant au poste de directeur et de rédacteur en chef de l’Union Paysanne, Henri Demontjean a adopté, durant les 28 années passé à la «fédé», la stratégie de la proximité : «Il y a une chose essentielle, c’est le syndicalisme local, les syndicats communaux sont la pierre angulaire de l’organisation départementale et nationale. Le référent local doit avoir des relations avec la vie politique et la vie sociale de sa commune». Connaissant le terrain, les agriculteurs, leur famille mieux que quiconque sur le département, il a, avec cinq présidents, accompagné l’agriculture corrézienne dans de nombreuses batailles, côtoyant ainsi des personnalités comme, François Guillaume (président de la FNSEA de 1979 à 1986) Raymond Lacombe (président de la FNSEA de 1986 à 1992) et Michel Debatisse père fondateur de la politique de montagne. De 2003 à 2013, Henri Demontjean remplira les fonctions d’attaché de direction à la Chambre

d’agriculture en charge des questions urbanisme et foncières et du dossier chasse et dégâts de gibier. «Je me suis passionné de ma mission sur le foncier ; la conservation d’espace agricole et la connaissance des outils d’urbanisme sont cruciaux pour la profession. Les élus et les pouvoirs publics doivent s’impliquer d’avantage sur ce sujet car le foncier est l’outil de travail des agriculteurs».

La proximité, la connaissance du terrain, celle des agricultrices et agriculteurs Corréziens, Henri Demontjean en a fait une priorité durant sa vie professionnelle, rappelant la nécessité d’avoir une base unie et solide.

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